Les romanciers japonais font maintenant partie de notre culture. Depuis les années 1980, ils ont été pour partie traduits en langue française. Néanmoins, plusieurs secteurs de la littérature japonaise narrative demeurent encore mal connus, voire carrément oubliés. Et le privilège accordé à certains auteurs en occulte de nombreux autres, tout aussi importants.
La nouvelle série de la « Collection Japon » des Belles-Lettres souhaite présenter au public français certains de ces territoires négligés de la fiction japonaise.
Il s'agit en particulier, mais sans exclusive, des récits et romans de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle (les ères Meiji et Taishô), qui constituent comme une deuxième tradition classique. On pense ainsi à des auteurs réputés appartenir à une veine idéaliste, comme Mori Ôgai (1862-1922) ou Higuchi Ichiyô (1872-1896), voire esthétisante ou fantastique, comme Kôda Rohan (1867-1947) et Izumi Kyôka (1873-1939), mais tout aussi bien à des auteurs dits réalistes ou naturalistes, comme Futabatei Shimei (1864-1909) ou Shimazaki Tôson (1872-1943).
On songe également à toute la littérature de l'après-guerre, avec ses auteurs « en rupture de ban », comme Ishikawa Jun (1899-1987), ceux qui essaient de mettre en mots la cruelle expérience de la guerre, comme Noma Hiroshi (1915-1991), ou qui, plus largement, créent des univers romanesques marqués par l'exploration des limites de la condition humaine, comme Shiina Rinzô (1911-1973).