Entre François Ier et Henri IV, Henri III fait figure de « mauvais roi ». l’histoire républicaine, qui depuis Jules Ferry façonne l’idée que nous nous faisons de nos dirigeants héréditaires, lui donne pour attributs la fourberie politique (assassinat du duc de Guise), la faiblesse morale (ses favoris) et la bigoterie. Pour le XVIIe siècle qui était en meilleure position de juger, le dernier des Valois fut grand parce que le plus éloquent de nos rois. Il avait compris que face aux guerres de Religion qui menaçaient, non pas tant l’État, que la Nation, la meilleure arme restait le maniement de la parole.
Parmi les experts dont il sut s’entourer, Jacques Amyot, traducteur de Plutarque, prince de L’Église, développe dans ce Projet d’Éloquence royale, les grands thèmes d’une conception éloquente de la monarchie et propose à son roi un modèle d’action qui hantera les Bourbons et peut nous aider à mieux comprendre la source véritable où ont puisé régulièrement les hommes d’État français, de Clemenceau à de Gaulle, de Gambetta à Mitterrand.
Philippe-Joseph Salazar, ancien élève de l’Ecole Normale Supérieure, est professeur de Langue et Littérature françaises à l’Université de Cape-Town. Il a publié Idéologies de l’Opéra et L’intrigue raciale.