La Pensée franciscaine. Un seuil de la modernité

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  • 464 pages
  • Index
  • Livre broché
  • 15 x 21.5 cm
  • L'Âne d'or
  • N° dans la collection : 44
  • Parution :
  • CLIL : 3128
  • EAN13 : 9782251420523
  • Code distributeur : 49356
  • Export ONIX 3.0
English version

La Pensée franciscaine. Un seuil de la modernité

Présentation

Le mouvement franciscain a su participer à l'émergence de l’esprit moderne, mais aussi donner des forces pour l’évaluer dans ses limites — l’esprit de surveillance — et ses audaces. Ce mouvement, initié par François d’Assise (1181-1226), est générateur d’un certain mode de gouvernance « mineure » et d’un style puissant de pensée, pas seulement d’un usage simple de la nature ou des biens médiateurs, et d’un art de la fraternité. Cette pensée plurielle — illustrée ici par une nouvelle chronologie intellectuelle ample et précise — s’est développée sur tous les continents selon diverses modalités que le présent ouvrage s’efforce de repenser, en mettant l’accent sur son attrait majeur (la plus importante pensée de la liberté avant Kant, suivant Hannah Arendt), et sur l’effroi qu’elle provoque — dès lors qu’elle met en relief la contingence de la logique de l’univers, du vivant, de l’homme comme existibles ; contingence de ses morales, politiques et sciences, mais encore de ses religions et perceptions de l’infini.
La pensée franciscaine suggère que la meilleure force de la vie, c’est de pouvoir apprécier cette contingence comme une franche aventure — ni hasard, ni nécessité, ni artificiel dosage de l’un et de l’autre, mais ce qui nous touche librement dès l’aube de toute conversation voulue et novatrice avec le monde.

Bernard Forthomme, ofm, est professeur aux Facultés Jésuites de Paris (Centre Sèvres). Il a publié notamment : De l’acédie monastique à l’anxio-dépression (2000) ; L’Expérience de la guérison (2002) ; La Jalousie (2005) ; La Conversation et les écoutes difficiles (2007) ; Théologie des émotions — structurée par l’expérience théâtrale (2008) ; Les Aventures de la volonté perverse (2010), une Théologie de l’aventure (2013) et, récemment, La Voie libre, consacrée au franc-parler.

Presse

Le présent livre est une somme imposante où l'extraordinaire érudition de l'auteur est au service de ce trésor foisonnant. 
Etudes - 01/06/2015

Biographies Contributeurs

Bernard FORTHOMME

Bernard Forthomme, ofm, est professeur aux Facultés Jésuites de Paris (Centre Sèvres). Il a publié notamment : De l'acédie monastique à l'anxio-dépression (2000) ; L’Expérience de la guérison (2002) ; La Jalousie (2005) ; La Conversation et les écoutes difficiles (2007) ; Théologie des émotions — structurée par l’expérience théâtrale (2008) ; Les Aventures de la volonté perverse (2010), une Théologie de l’aventure (2013) et, récemment, La Voie libre, consacrée au franc-parler.

Table des matières

Ouverture  
La pensée franciscaine en question

L'effroi de la liberté

Mutation des possibles
Une révocation de l'absolu
La genèse d'une angoisse radicale
Le déclin de la pensée ou son rebond libérateur
La modernité et ses métamorphoses : thérapie de l'angoisse ?

La libre volonté hostile au volontarisme

La portée civile de la liberté métaphysique
La volonté libre affranchie d'une appropriation de soi
La Règle franciscaine comme pensée et « spiritualité »
Le sens aigu des nécessités « rationnelles »
La liberté de ne pas vouloir sans refuser : le suspense
Le sensible voulu directement et médiatement par amour de soi

Le désir voyageur

La force symbolique, spéculative et mystérieuse du désir
Crise du désir appétitif et de l'image
L'affranchissement du monde, du sensible et du désir
Un désir réconcilié avec la mort librement configurée
La tension temporelle du désir et sa double perversion
Le suspense du désir universel de bonheur
Le désir ferme, lucide et apaisé

La vie, la loi et l'usage

La vie en tension avec la loi
Le pur amour affranchit de la tyrannie locale, de la vendetta et des vœux
Découverte du corps intérieur
La vie réglée par le travail et l'usage comme marteau sans maître
La vie comme usage simple

La voix de l'être, la science et l'avenir

La mise en cause philologique de la science théologique
Le regard théologique mesuré par la physique optique
La science expérimentale
Le retour à la voix de l'être réel, par delà les mots et les choses
Une déchristologisation de la science
L’être réel résiste au volontarisme comme au scientisme

Envoi

Note


I. Une modernité perplexe

La voie moderne de la contingence
Sécularisation ou légitimation
L'effroi provoqué par la volonté libre
L’artefact d’une modernité scotiste et occamiste
Interactions médiévales et baroques
Différenciations du scotisme
Changement d’optique, de dioptrie ou bévue
Roseraie franciscaine et dominicaine : entrelacs
Chiasme jésuite : critique scotiste du connexionnisme universel
La tradition scripturaire
La question de l’intention comme « intentio francisci »
Tradition patristique
Tradition philosophique
L’innovation théologique :
— Quitter la forêt obscure : la théologie comme scientia
— La théologie comme science pratique et crise de la science
— La vision béatifique particulière
— Mise en relief de l’expérience croyante et de la signifiance
— L’impact subversif de la puissance de Dieu
— Contestation de l’individualisme social

Notes

II. L’insécurité cosmologique et la fermeté de la volonté

La généalogie secondaire
Agnosticisme cosmogonique
L’itinérance de la liberté
La tautologie initiale
Crise de la liberté viscérale
Mise en cause du volontarisme
La plus grande rationalité de la volonté : le pur amour
De la méchanceté et de la perversion de la volonté pure
La contingence des lois
Pouvoir de possession et de juridiction

Notes

III. La configuration de l’homme nouveau

L’inédit d’un signe à surprendre : la « novitas »
Qu’est-ce qu’un « homo novus » ?
Nouvelle autorité iconographique
La crise des biens intermédiaires
L’affection avantageuse et le pur amour

Notes

IV. L’unique voix de l’être

L’univocité justifie les analogies et les excède
La raison du concept univoque d’être
Deux pommes différentes du même arbre
Le corps eucharistique
La réduction du monde
La vie comme usage du monde
La pluralité des mondes possibles
La mondialisation moderne

Notes

V. Logique et onto-logique : effets théoriques et pratiques de leurs rapports

De quoi relève la vérité ?
L’existible
L’être comme substance individuelle et qualité
Les effets doctrinaux : logique des hérésies
Les effets économiques, politiques et pastoraux
Conclusions premières

Notes

VI. Esquisse d’une anthropologie franciscaine

Une vulnérabilité provoquée par l’universalisation
Individuation distincte de l’individualisme
Le désir aventurier :
1) l’aventure éthique
2) l’aventure métaphysique
3) l’aventure ontologique
4) l’aventure épistémologique
5) l’aventure théologique
6) l’aventure eschatologique
7) l’aventure sociologique
8) l’aventure littéraire
9) l’aventure psychique
10) l’aventure christologique
11) l’aventure sanctorale
Le secret du vivre-ensemble
Le recueillement (recogimiento)

Notes

VII. De la théologie de la liberté à la théologie de la libération et du Libérateur

Une tradition théologique qui met en question les traditions fatalistes
L’articulation des cris de colère et d’espérance comme buisson ardent
La volonté inspirée : une théophanie humaine
La douceur éco-centrique
Le syncrétisme de refonte
Limitations internes ou hétérogènes de la théologie de la libération, et sa relance

Notes

VIII. La voie franciscaine : critique de la Modernité, et son remède par l’usage ouvert à la jouissance (fruitio)

Le côté fictionnel d’une certaine modernité
Ritualité et liturgie : lieu d’articulation du pouvoir souverain et de l’économie
L’opération efficace en elle-même et l’ontologie de l’efficacité
La liturgie comme conversation : société sanctorale et pas seulement communion sacramentelle
Le sujet vibratoire : l’être fait tout entier verbe ou prière
L’esprit de hardiesse
L’usage simple de la vie
L’usage, la jouissance et le droit
L’exception irréductible à l’efficacité et à l’économie
Une vie en beauté : forme d’existence voulue et instituée
Le voyage claustral
La paix face aux cultures de la colère et à la civilisation thymique
Eloge du droit comme procédure de confrontations
Nécessités raisonnables et volonté libre

Notes

IX. L’acédie dans la civilisation : le volontarisme ?

La mélancolie de la culture
La civilisation française construite contre la mélancolie
La mutation de la mélancolie médiévale : vers l’acédie
Du modèle thymique au paradigme érotique
La volonté libre : subversion des modèles
Eschatologie plurielle : présence et aventure

Notes

Chronologie intellectuelle franciscaine

Index Nominum
 

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