La Ville
  • 224 pages
  • Index
  • Livre broché
  • 12.5 x 19 cm
  • Le Goût des idées
  • N° dans la collection : 37
  • Parution :
  • CLIL : 3643
  • EAN13 : 9782251200385
  • Code distributeur : 47005
  • Export ONIX 3.0

La Ville

Traduit par : Philippe FRITSCH

Présentation

Arnhem, cité de rentiers, Wiesbaden, cité de retraités, Düsseldorf, cité des banquiers… La liste est longue de villes saisies à un moment historique ou au cours d'une période essentielle de leur histoire : La Mecque, Sparte, Londres et surtout Venise au temps des Guelfes et des Gibelins.

Avec La Ville, Weber excelle dans l’art de la typologie. Il y définit toute une gamme de villes « idéaltypiques », selon qu’on les considère sous l’angle juridique, économique, politique. Et il le fait avec d’autant plus d’aisance que son étonnante érudition lui permet d’interpeller les villes babyloniennes, juives, hindoues, islamiques, chinoises ou russes au même titre que celles de l’Antiquité grecque ou romaine et celles du Moyen Âge.

En retraçant l’histoire des conjurations et des corporations, Weber souligne l’originalité de l’histoire européenne : la seule à avoir produit la commune dans son plein développement. Du même coup, il évoque le rôle moteur du christianisme, les transformations du rapport entre la ville et la campagne, la nature essentiellement politique des luttes que se livrent les divers ordres sociaux, la lente montée de la bourgeoisie. Le passage du capitalisme foncier impliquant l’esclavage dans l’Antiquité au capitalisme marchand du Moyen Âge n’est jamais qu’une longue série d’étapes d’un processus menant au capitalisme moderne et à l’Etat moderne.

La Ville, dit Weber, se développe selon la logique propre à chaque civilisation, mais il existe en même temps une loi interne au champ politique, qui limite le nombre de compromis possibles pour faire cohabiter dans une même cité des couches sociales qui se distinguent et que leurs intérêts opposent. Les rapports de souveraineté et de luttes pour la domination entre villes et Etats sont au cœur de la réflexion wébérienne. Aussi, ces analyses gardent-elles une actualité manifeste en un temps où les métropoles s’agrandissent et en un temps où, avec cet accroissement spatial, démographique et économique, l’acuité des problèmes sociaux, environnementaux et politiques se fait plus vive.

Max Weber (1864-1920), économiste allemand, père de la sociologie contemporaine. Né dans une riche famille de la bourgeoise protestante allemande, M. Weber entame des études en Droit et accède au poste de professeur d’Histoire de droit romain et de droit commercial à Berlin (1893) puis à Fribourg (1894). Souffrant de dépression nerveuse, il visite l’Italie et le sud de la France, et c’est à la suite de ce voyage qu’il réoriente ses recherches vers la sociologie dont il fonde en 1909, avec G. Tönnies et G. Simmel, la Société allemande de sociologie. Les années 1915-1919 sont pour Weber une grande période d’activité intellectuelle avec la publication de ses travaux sur la sociologie comparative des religions mondiales. Il meurt peu après avoir obtenu la première chaire de sociologie à Munich. Mal connue en France, la pensée wébérienne s’appuie le processus de rationalisation de la modernité occidentale par de nombreux exemples historiques.

Philippe Fritsch a été Professeur de Sociologie à l’Université Lyon 2 et Directeur d’une équipe de recherche associée au CNRS. De L’Education des adultes (1971) à Être Vétérinaire (2011), ses travaux et publications ont également fait place à des intérêts d’ordre épistémologique et de circulation internationale des idées, donc à la traduction de textes de Simmel, Weber et Dirk Kaesler.

Presse

Une lecture à l'intérêt manifeste en un temps où prolifèrent les mégalopoles et les problèmes sociaux, spaciaux, environnementaux et politiques qui les accompagnent.
FMP mutualité - 01/09/2013

Par son érudition, sa perspective historique et économique échafaudant des comparaisons détaillées entre des cités distantes dans la géographie comme dans le temps, ce texte,..., parvient cependant à en formuler une conception aujourd'hui encore stimulante.
Philosophie magazine - 01/11/2013

Biographies Contributeurs

Max WEBER

  Max Weber (1864-1920), économiste allemand, père de la sociologie contemporaine. Né dans une riche famille de la bourgeoise protestante allemande, M. Weber entame des études en Droit et accède au poste de professeur d'Histoire de droit romain et de droit commercial à Berlin (1893) puis à Fribourg (1894). Souffrant de dépression nerveuse, il visite l’Italie et le sud de la France, et c’est à la suite de ce voyage qu’il réoriente ses recherches vers la sociologie dont il fonde en 1909, avec G. Tönnies et G. Simmel, la Société allemande de sociologie. Les années 1915-1919 sont pour Weber une grande période d’activité intellectuelle avec la publication de ses travaux sur la sociologie comparative des religions mondiales. Il meurt peu après avoir obtenu la première chaire de sociologie à Munich. Mal connue en France, la pensée wébérienne s’appuie le processus de rationalisation de la modernité occidentale par de nombreux exemples historiques.

Philippe FRITSCH

  Philippe Fritsch  a été Professeur de Sociologie à l'Université Lyon 2 et Directeur d’une équipe de recherche associée au CNRS. De L’Education des adultes (1971) à Être Vétérinaire (2011), ses travaux et publications ont également fait place à des intérêts d’ordre épistémologique et de circulation internationale des idées, donc à la traduction de textes de Simmel, Weber et Dirk Kaesler. 

Table des matières

Préface, par Philippe Fritsch

Retour sur la traduction de Die Stadt dans les années 1980

Die Stadt dans l'œuvre wébérienne

« Structure structurante » de Die Stadt

Remerciements

Note éditoriale

Chapitre premier.
Concept de ville et catégories de villes

Nature économique de la « ville » :
une agglomération marchande

Types urbains : la « ville de consommateurs »
et la « ville de producteurs »

Rapport à l’agriculture

L’« économie urbaine » comme niveau de l’économie

Le concept politico-administratif de « ville »

Forteresse et garnison

La ville comme ensemble unifié de citadelle et de marché

Caractère associatif de la commune et qualification corporative du « bourgeois » en Occident.
Absence de ces deux notions en Orient.

Chapitre 2.
La ville d’Occident

Droit foncier et situation juridique des personnes

Formation de la cité par fraternisation

Tabous et autres contraintes magiques en Orient

La destruction des barrières magiques,
une condition de la fraternisation

Signification du lignage pour la ville antique
et la ville médiévale

Fraternisation communautaire,
fondée sur le serment en Occident

Conséquences juridiques et politiques

Signification sociologique de l’unification urbaine :
les conjurations en Italie

Fraternisation en Allemagne du Nord

La compétence militaire des citoyens
comme fondement du développement occidental

Chapitre 3.
La ville patricienne au Moyen Âge et dans l’Antiquité

Nature de la domination patricienne

Formation de la domination patricienne à Venise :
concentration du pouvoir monopolistique des Nobili

La domination patricienne
dans d’autres communes italiennes

Limitation royale de l’oligarchie des notables
en Angleterre

Domination des patriciens ou des corporations
en Europe du Nord

Royauté charismatique-gentilice dans l’Antiquité

La ville patricienne antique comme colonie côtière
et guerrière

Contraste avec la cité médiévale

Similitudes de la structure économique des patriarcats

Chapitre 4.
La ville plébéienne

Le popolo comme groupement politique.
Sa structure et son caractère révolutionnaire

Le partage du pouvoir entre ordres dans la ville italienne
du Moyen Âge

Les tribuns à Rome et les éphores à Sparte

Structures comparées de la démocratie antique
et de la démocratie médiévale

La tyrannie urbaine dans l’Antiquité et au Moyen Âge

Position exceptionnelle de la ville italienne au Moyen Âge

Variété des communautés urbaines médiévales

Attitude de la ville médiévale à l’égard du clergé

Chapitre 5.
Démocratie antique et médiévale

Les trois principaux types de villes occidentales

L’opposition de classes dans l’Antiquité et au Moyen Âge

Règne des petits paysans dans l’Antiquité, des professionnels
de l’industrie et du commerce dans la démocratie médiévale

Différence de développement entre la Grèce et Rome

Orientation militaire des intérêts de la cité antique

Primauté des intérêts économiques pacifiques
dans la cité médiévale

Les couches sociales négativement privilégiées
comme agents de l’activité productrice rationnelle
dans l’Antiquité

 

La cité antique comme corporation guerrière
et la cité médiévale comme ville continentale industrielle
et commerciale

Spécificité de la démocratie romaine par rapport
à la démocratie grecque

Index

 

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