Le Traité du flux
  • 400 pages
  • Index
  • Livre broché
  • 13.5 x 21 cm
  • Sagesses médiévales
  • N° dans la collection : 12
  • Parution :
  • CLIL : 3080
  • EAN13 : 9782251183145
  • Code distributeur : 46535
  • Export ONIX 3.0

Le Traité du flux

Tractatus de fluxu causatorum a causa prima et causarum ordine

Texte établi et traduit par : Sébastien MILAZZO

Présentation

Cette étude concerne un langage de la procession et de la création trop longtemps oublié dans le contexte de la réception du néoplatonisme, de l'aristotélisme et de leurs commentateurs arabes au XIIIe siècle chez les Latins: celui du concept de fluxus, que l'on peut traduire littéralement par écoulement, chez Albert le Grand (1200-1280). Dans le Tractatus de fluxu causatorum a causa prima et causarum ordine, traité issu du Commentaire du Liber de Causis (le De causis et processu universitatis a prima causa) Albert cherche à concilier deux modes de création du monde a priori inconciliables: l'un, néoplatonicien fait appel à la notion de procession ou d'émanation l’autre, chrétien, fait appel à la creatio ex nihilo. Dans le premier cas, le monde serait conçu comme un simple prolongement du Principe duquel il émane: il n’y aurait aucune distinction de nature entre le Premier Principe et le Monde, tout au plus une graduation du seul et unique être. Dans le second cas, le monde serait radicalement et ontologiquement séparé de son Créateur puisque créé à partir de rien: il y aurait ainsi un fossé ontologique irrémédiable entre la Création et son Créateur. Tout l’enjeu du concept albertinien de fluxus résidera en une tentative de réconciliation entre ces deux conceptions de la création: le flux est une synthèse originale entre procession néoplatonicienne et création chrétienne cherchant à dépasser les antagonismes de ces deux conceptions.

Eminemment spéculatif et métaphysique, le traité du flux d’Albert le Grand n’en demeure pas moins un traité polémique incarné dans des controverses contemporaines au Doctor Universalis. En ligne de mire: les panthéismes matérialistes et formalistes de David de Dinant et d’Amaury de Bène, ainsi que ses disciples qu’Albert croit voir dans le mouvement du Libre Esprit, enfin l’averroïsme latin enseigné par les Maîtres artiens de l’Université de Paris.

Sébastien Milazzo, docteur en philosophie et en théologie, enseigne à l’université de Lorraine. Chercheur associé au Centre Ecritures (EA 3949) de Metz, il participe également aux travaux du Laboratoire d’Etudes sur les Monothéismes (CNRS-UMR 8584). Ses travaux se concentrent essentiellement sur Albert le Grand, sa réception du néoplatonisme grec, arabe et ses sources patristiques ainsi que la genèse de la mystique rhénane.

Biographies Contributeurs

Sébastien MILAZZO

   Sébastien Milazzo, docteur en philosophie et en théologie, enseigne à l'université de Lorraine. Chercheur associé au Centre Ecritures (EA 3949) de Metz, il participe également aux travaux du Laboratoire d’Etudes sur les Monothéismes (CNRS-UMR 8584). Ses travaux se concentrent essentiellement sur Albert le Grand, sa réception du néoplatonisme grec, arabe et ses sources patristiques ainsi que la genèse de la mystique rhénane.

Table des matières

Remerciements

INTRODUCTION GENERALE

I. CONSIDERATIONS GENERALES

II. PRECIS DE TERMINOLOGIE : FLUXUS, PROCESSIO, EMANATIO, CREATIO

A. Le fluxus comme emanatio

B. Le fluxus comme processio

C. Fluxus et creatio ex nihilo

III. OBJET DE CETTE ETUDE

IV. GENRE LITTERAIRE DU DE CAUSIS ET PROCESSU UNIVERSITATIS A PRIMA CAUSA

A. Herméneutique et doxographie albertiniennes

B. Le Liber de causis comme complément de la Metaphysica

C. L'auteur du Liber de causis selon Albert le Grand

V. STRUCTURE

VI. QUELQUES SOURCES DU DE FLUXU CAUSATORUM A CAUSA PRIMA ET CAUSARUM ORDINE (TRACTATUS QUARTUS, LIBER I)

A. Pseudo-Denys

1. L'antériorité de Dieu comme Cause première, cause de l'éternité

2. La transcendance de la Cause première per viam eminantiae sur ses effets

3. L'influence égale de la Cause première sur ses effets

B. Le De Hebdomadibus de Boèce

1. La distinction entre esse et quod est chez Boèce

2. La dérivation du Bien : le fluxus chez Boèce

C. Avicenne

1. L'émanation des Intelligences

2. La Providence

3. L'impressio des corps célestes

VII. DIVISIO TEXTUS DU TRACTATUS QUARTUS, LIBER I : DE FLUXU CAUSATORUM A CAUSA PRIMA ET CAUSARUM ORDINE

A. Plan détaillé

PARTIE1.LE DE FLUXU CAUSATORUM A CAUSA PRIMA ET CAUSARUM ORDINE, TRADUCTION ET NOTES

CHAPITRE 1.CE QU'EST FLUER D'UNE CHOSE A UNE AUTRE CHOSE

CHAPITRE 2.QU’EST-CE QU’INFLUER ?

CHAPITRE 3.DU MODE DU FLUX ET DE L’INFLUX

CHAPITRE 4.QU’EST-CE QUI FLUE ET EN QUOI ?

CHAPITRE 5.DE L’ORDRE DES FLUANTS A PARTIR DU PREMIER

CHAPITRE 6.DE L’ORDRE DES CAUSES DU MEME GENRE, PAR LESQUELLES LE FLUX EST DU PREMIER JUSQU’AU DERNIER

CHAPITRE 7.DE LA QUESTION, EST-CE QUE LE CIEL EST MU PAR L’AME OU PAR LA NATURE OU PAR L’INTELLIGENCE ?

CHAPITRE 8.DE L’ORDRE DES CHOSES QUI FLUENT DU PREMIER PRINCIPE, SELON TOUS LES DEGRES DE L’ETANT DES UNIVERSAUX

PARTIE II.COMMENTAIRE DU DE FLUXU CAUSATORUM A CAUSA PRIMA ET CAUSARUM ORDINE

INTRODUCTION

LECTIO I .CAP. 1. QUID SIT FLUERE REM A RE .

I. TROIS DEFINITIONS NEGATIVES DU FLUERE

A. Fluer n’est pas causer

B. Le flux ne se confond pas avec le Principe

C. Fluer n’est pas composer à partir d’éléments...

D. Le genre épistémologique de la théorie du flux

II. LE FLUX COMME PROCESSION

A. Le Dator formarum de Platon et l’éduction des formes d’Aristote

B. Communication et véhicule du flux

LECTIO II.CAP. 2. QUID SIT INFLUERE

I. DÉFINITION DE INFLUERE

A. Les différents modes de l’influx

1. L’illumination

2. L’ombration

3. La descente de la lumière

4. Le mélange de ténèbres et de lumière

B. L’exemple de l’art

II. DE LA POSSIBILITE DE LA CHOSE

A. In-fluere : la préposition in- dans la définition de l’influx et sa signification

B. Gradualité des êtres selon l’antérieur et le postérieur

C. L’influx universel du Premier

D. Contre le matérialisme d’Avicebron.

LECTIO III.CAP. 3. DE MODO FLUXUS ET INFLUXUS

I. LA « PENETRATION » DU FLUX : LE PANTHEISME D’HERMES TRISMEGISTE ET LE MATERIALISME D’AVICEBRON

A. La position d’Hermès Trismégiste selon Albert le Grand

B. La position d’Avicebron selon Albert le Grand

II. CRITIQUE D’HERMES TRISMEGISTE ET D’AVICEBRON

A. Critique d’Hermès Trismégiste

1. L’hermétisme détruit toute hiérarchie des êtres

2. Le Premier Principe ne peut être numérique ou plurivoque

3. Le Premier Principe ne peut être un aliquid rei

B. Critique d’Avicebron

C. La solution des Péripatéticiens

1. La création mediante intelligentia

2. L’image de l’illumination : vers une délimitation du flux

LECTIO IV ..CAP. 4. QUID IN QUID FLUIT

I. COMMUNICABILITE ET LIMITATION DU FLUX

A. Émission et réception du flux

B. Extension du flux sans action ni passion : le modèle du Timée en question

C. Le passage de l’Un au Multiple : ou la diversification des êtres à partir du flux émis par le Premier Principe

1. igilla on et : deux thèmes platoniciens qui rencontrent le péripatétisme d’Albert le Grand

2. Immatérialité du flux : le refus du panthéisme matérialiste par Albert le Grand

3. Entre le démiurge Platon et l’intellect agent d’Aristote

A. La contenance du flux à la lumière des quatre causes aristotéliciennes

1. La contenance du flux à la lumière de la cause efficiente

2. La contenance du flux à la lumière de la cause formelle

3. La contenance du flux à la lumière de la cause finale

4. La contenance du flux à la lumière de la cause matérielle

B. Contenance du flux et hiérarchie des êtres

II. LE FLUX : SUBSTANCE OU ACCIDENT ?

A. Le dubium d’Albert le Grand

B. Critique d’Avicebron au sujet de la substance et de l’accident

C. Propositions d’Albert le Grand au sujet de la substance et de l’accident : Aristote et Boèce

LECTIO V.CAP. 5. DE ORDINE FLUENTIUM A PRIMO

I. ORDRE DU FLUX ET THEORIE DE L’INTELLECT

A. Définition de l’intellectus universaliter agens

B. La constitution de l’intelligentia. Retour sur la chute de la lumière d’Isaac Israëli

C. La constitution de l’intellectus possibilis

D. La limpidité de la lumière dans les différents degrés du flux

II. L’ERREUR DU PANTHEISME

A. Nécessité de l’ordre du flux

B. L’erreur d’Alexandre d’Aphrodise : David de Dinant et Amaury de Bène en embuscade

C. La solution à cette erreur : Boèce

LECTIO VI.CAP. 6. DE ORDINE CAUSARUM EIUSDEM GENERIS, PER QUAS EST FLUXUS DE PRIMO USQUE AD ULTIMUM

I. L’ORDRE DU FLUX COMME ANALOGIE DE L’ETRE

A. Le flux n’est pas un causare

B. L’ordre du flux est dans l’ordre des causes comme analogie de l’être

II. L’EXPLICATION DE L’ORDRE PAR LE CONSTANT (SEMPER), LE FREQUENT (FREQUENTER) ET LE RARE (RARO)

A. Le constant (semper), le fréquent (frequenter) et le rare (raro), modèles communs à l’ordre des causes et à l’ordre du flux

B. Gradualité du constant (semper), du fréquent (frequenter) et du rare (raro)

C. Mouvements et attraction du Bien

III. L’EXPLICATION DE L’ORDRE PAR LES ANCIENS

A. Hermès Trismégiste .

B. Le mythe des Trois Parques

C. Aristote

LECTIO VII .CAP. 7. DE QUAESTIONE, UTRUM CAELUM MOVETUR AB ANIMA VEL A NATURA VEL AB INTELLGENTIA

I. LE CIEL N’EST PAS MU PAR LA NATURE

A. L’objet de la question

B. Cinq rationes contre le mouvement du ciel par la nature

C. Une objection : les mouvements fixes et non fixes ne sont-ils pas le signe d’une irrégularité ou d’une difformité du mouvement du ciel ?

II. LE CIEL N’EST PAS MU PAR L’AME

A. L’imaginatif et l’électif, fondements du mouvement du ciel par l’âme

B. Quatre rationes pour le mouvement du ciel par le mouvement de l’âme

C. Une objection : le mouvement des corps célestes ab extrinseco

D. Cinq rationes contre le mouvement du ciel par le mouvement de l’âme

III. LE CIEL EST MU PAR L’INTELLIGENCE

A. Le mode de conjonction de l’intelligence : l’influx de lumière de l’intellect universellement agent

B. L’intelligence est à la fois semper et ubique et hic vel ibi

LECTIO VIII. CAP. 8. DE ORDINE EORUM QUAE FLUUNT A PRIMO PRINCIPIO, SECUNDUM OMNEM GRADUM ENTIUM UNIVERSORUM

I. LES DIFFERENTS DEGRES DU FLUX : INTELLIGENCE, AME ET CORPS

A. Constitution de l’intelligence, première substance

B. Constitution de l’âme et du corps

II. L’ORDRE DU MONDE SUPRALUNAIRE

A. Constitution du premier moteur et du premier orbe

B. Constitution des moteurs et orbes suivants

III. L’ORDRE DU MONDE SUBLUNAIRE

A. L’intelligence illuminant la sphère des actifs et des passifs

B. Analyse du corps sphérique sublunaire par la pesanteur et la légèreté des quatre éléments

C. Le mélange, cause de la génération et de la corruption

D. Critique du dualisme hylémorphique d’Avicebron

E. Une objection : le triple mode d’être de l’intelligence trahit-il la formule ex uno non nisi unum fit ?

F. Cosmologie et angélologie : les intelligences ne sont pas des anges

CONCLUSION

CONCLUSION GENERALE

I. LA THEORIE ALBERTINIENNE DU FLUX : DE LA PROCESSION A L’ANALOGIE DE L’ETRE

II. PERSPECTIVES : VERS UNE APPLICATION DE LA THEORIE DU FLUX EN THEOLOGIE

SIGLES ET ABREVIATIONS

I. ABREVIATIONS DE COLLECTIONS ET DE REVUES

II. ABREVIATIONS DE SIGLES

BIBLIOGRAPHIE SELECTIVE

INDEX

INDEX NOMINUM

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