Œuvres poétiques. Tome I, 1re partie : Poèmes personnels (II, 1, 1-11)

Œuvres poétiques. Tome I, 1re partie : Poèmes personnels (II, 1, 1-11)

Texte établi par : André Tuilier, Guillaume Bady, Notes de : Jean Bernardi

Présentation

Durant toute son existence, Grégoire de Nazianze fut tiraillé entre l'aspiration à la vie contemplative que lui offrait l'existence monastique et la nécessité de s'impliquer de manière plus active dans les affaires de son temps. Né en 330 dans la petite ville de Cappadoce qui porte son nom, il étudia à Césarée, à Alexandrie et à Athènes. À son retour en Cappadoce, il se laissa convaincre par son ami Basile de devenir évêque de Sasime afin de défendre contre les ariens l'orthodoxie trinitaire du concile de Nicée. Son existence mouvementée devait ensuite le conduire à Constantinople où il prit la tête d'un groupe de chrétiens orthodoxes auprès de l'empereur Théodose et où il organisa le concile œcuménique de 381. Il reprit ensuite le chemin de Nazianze en juillet 381 et mourut en 390.

La tradition nous a légué une abondante littérature poétique écrite par ce saint. Le premier tome de cette œuvre présenté dans la Collection des Universités de France comprend deux longs poèmes d'inspiration autobiographique ainsi qu'une série de poèmes plus courts. Certains de ces derniers poèmes sont d'inspiration théologique : dans l'un d'entre eux, Grégoire prête le serment de ne pas trahir la divinité du Saint-Esprit. D'autres poèmes sont d'inspiration plus personnelle comme celui où le saint adresse ses adieux à la ville de Constantinople. Dans les deux poèmes autobiographique qui constituent la principale partie de l'œuvre poétique de Saint Grégoire, l'évêque de Constantinople exprime son désarroi, sa vocation intellectuelle contrariée et des situations difficiles vécues dans son passé.

Le premier volume de l'œuvre poétique de Saint Grégoire dans l'édition des Belles Lettres présente le texte des poèmes accompagné de la traduction de Jean Bernardi. Le texte est précédé d'une introduction où est évoquée la vie du saint et où sont présentés ses poèmes et la manière dont ils nous sont parvenus.

Biographies Contributeurs

Grégoire de Nazianze (saint)

Grégoire entre dans l’existence en 330, comme la nouvelle capitale impériale, Constantinople, et termine sa vie en 390, au moment où Théodose le Grand va interdire le paganisme et décréter le christianisme religion de l’Empire (391). Grégoire est né dans une famille chrétienne de Cappadoce, propriétaire de vastes latifundia. Son père est l’évêque, élu parmi les curiales, de l’Église de la petite cité de Nazianze, ce qui déterminera le destin de son fils, tenu de prendre sa succession. Or pour lui, comme pour beaucoup de jeunes intellectuels chrétiens de l’époque, épris des valeurs néoplatoniciennes (mépris de la chair, célibat, culte de la virginité, refus de procréer), le vrai christianisme ne se pratique que dans la vie monastique. Après dix ans d’études dans les grandes écoles sophistiques de l’Empire oriental et à Athènes (où il pourrait devenir enseignant), il obéit à sa véritable vocation : il se retire du monde avec son ami, l’Arménien Basile, et quelques autres condisciples, pour mener une vie d’étude et de prière. Mais rappelé par son père et poussé par Basile, devenu entretemps évêque de Césarée, il devient lui-même assistant, puis remplaçant, de l’évêque de Nazianze. Il connaît un moment de gloire lorsque Théodose l’intronise évêque de Constantinople et président du Concile de 381, d’où il démissionne et « s’enfuit », indigné par la corruption et l’inimitié de ses collègues. Contre eux, il lancera railleries et anathèmes dans de nombreux poèmes lyriques ou théologiques et moraux. Auteur d’une œuvre poétique immense, le Cappadocien représente brillamment le triomphe de la tradition grecque antique et l’assimilation, qui caractérise l’Antiquité tardive, de la culture classique par la littérature chrétienne.

André Tuilier

Docteur ès lettres ; Helléniste ; Directeur honoraire de la Bibliothèque de la Sorbonne

Guillaume Bady

Chargé de recherche au CNRS (en 2004)

Jean Bernardi

Spécialiste des Pères grecs ; Professeur émérite aux Universités de Paris-Sorbonne et de Montpellier

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