Délires de la déesse
  • 168 pages
  • Livre broché
  • 16 x 22.5 cm
  • Encre Marine
  • Parution :
  • CLIL : 3435
  • EAN13 : 9782909422435
  • Code distributeur : 33738
  • Export ONIX 3.0

Délires de la déesse

Présentation

La beauté et la laideur des hommes sont mon désir.
Il faut le savoir: je me nourris de l'odeur du sang. Et aussi de celles de la viande calcinée, des graines brûlées, des graisses grillées. Le lait et le vin, je les hume. D'amples libations nous feront nous connaître.
Tout est là.

Ce langage, tout comme mon apparence, peut vous troubler. Alors, sans voile et dessinée de bleu, j'ai, comme une Égyptienne, tressé mes cheveux sur le côté et, comme une native d'Aquitaine, j’ai rougi mes lèvres. Je laisse mes paupières très blanches et pâles mes joues.
Je suis fardée de mort.

J’ai mon propre temps.
Il est plus long que le vôtre qui s’achève si vite et si mal. Mon vol est ici, nulle part ailleurs.
C’est ainsi que je pénètre au pays des hommes, avec des mots cousus en moi qui s’entrechoquent comme des délires.

Presse

 Parcourant un Sud-Ouest énigmatique, Théa, une créature à l'apparence humaine et à l'instinct animal, « inerte et molle, sans poil ni puissance, sanguinolente et froide », rôde dans le Médoc, erre près des granges à tabac de Bergerac, espionne des amants dans un grenier bordelais… Elle transpire la folie et les vices charnels. Des démons funestes l'accompagnent dans ses périples. L'écriture est posée et minutieuse et le récit abonde en descriptions ciselées. Les portraits, très corporels, notamment, des personnages sont parfois repoussants. Cette étrange histoire est composée comme une ouverture sur un monde de délires et de fantasmes.
- 01/07/2001

 Un texte tendu, à l'écriture ascétique et pourtant luxuriante. Une voix féminine chante ici la nature hellène, les rivages d’Angoumois, les vignes de Gironde, et le plaisir des sens sublimé par une cérébralité de tous les instants. Prose poétique ou poème en prose, longue et lente déclamation, l’œuvre retient l’intérêt et excite la curiosité, entre érotisme et mysticisme, entre alchimie verbale et froide conquête d’une maîtrise bien ordonnée.
- 01/03/2001

 La misère des hommes et le malheur des dieuxChant panique aux stances ivres, ce livre étrange est un ample poème en prose traversé par d'entêtantes incantations. Il retrace le monologue intérieur de Theà, « coureuse de nuits », divinité issue « de la mémoire sauvage » et des mythologies immémoriales. C'est le songe enfiévré d'une déesse errante, sevrée d'amour, qui nourrit une fascination folle pour les humains, enviant leur condition de mortels tout en les soumettant aux jeux les plus cruels. Publié avec soin par les éditions rhônalpines Encre Marine, cet ouvrage obsédant d'Idelette de BURE s'inspire des paysages d'Aquitaine pour évoquer la misère des hommes et le malheur des dieux.Emplis de mots aux saveurs poivrées, ces Délires de la déesse – ode sensuelle en l'honneur du Grand Tout – se trouvent portés par un grand vent de lyrisme et un imaginaire puissant, plein de rudesse et de suavité, de désirs de traques et de furtives caresses, de pulsions animales et de rêves aériens.
- 01/01/2001

 Délires de la DéesseHumaine et divine, je suis archaïque.Mais vous le savez que je suis la coureuse de nuit et que je porte un collier de malheur les mots.Vous m'avez inventée, alors écoutez.Écoutez encore.C'est à un étrange parcours d'être et de n'être pas que nous convie cette poète, que j'ai découverte par hasard sur les rayons de la FNAC, et qui m'avait séduite de prime abord par l'exotisme de son nom – véritable ou pseudonyme ? – auquel je trouvais quelque chose à la fois de féerique et de médiéval. Renseignements pris sur le Net, ce nom est aussi celui de la femme de Jean Calvin. Qu'aurait-elle donc pensé de cette homonyme contemporaine ?De prime abord, l'univers de la Déesse Théa, qui est celle qui parle ici, ne rappelle rien tant que l'Antiquité de Pierre Louys ou de Claude Louis-Combet, décor fantasmé et tant soit peu artificiel qui permet à l'imagination de se déployer à loisir, d'essaimer, et pour finir de dépasser considérablement le bric-à-brac de ses origines. On ne tarde pas pourtant à se rendre compte qu'il y a là tout autre chose. Tout d'abord, une puissance et une solidité dans la description des lieux qui posent ce décor, et qui, tout autant que la liste des endroits fournie en fin d'ouvrage, à la façon d'une table des matières, donne à croire qu'ils sont bien réels. De même, les descriptions précises, parfois âpres, d'événements, de paysages, foisonnent et sonnent juste. On peut se permettre de relever ici une influence, voire des références colettiennes ; ce n'est certainement pas par hasard que la locutrice se permet de dire qu'elle est en pays connu.Mais là où chez Colette la richesse verbale se fait garante de l'épaisseur des choses, et en quelque sorte de leur existence, c'est l'inverse qui se produit chez Idelette de Bure. Car le lecteur se trouve ici aux prises avec une utilisation jubilatoire du langage qui raffole de raretés telles que « baïnes », « cauris », « miolles », « torques », qui fait usage de la liste, de l'accumulation, tant et tant que tout ébahi il finit par en perdre ses repères. Dans cette histoire sans fin, le son le dispute allégrement au sens, et on se laisse volontiers hypnotiser par son rythme quasi incantatoire, qui, n'était l'absence de refrain, pourrait être celui d'une litanie.Le mot « litanie » soulève très précisément le problème de « la déesse ». Car qui est Théa ? Elle a de nombreuses sueurs (Aphrodite, Pallène, Coré, Thalie, Hécate…) qui représentent toutes ce qu'elle n'est pas, assurant en même temps sa dissolution dans une espèce de démultiplication du non-être. À tout prendre, on ne sait rien d'elle en dehors de quelques traits physiques génériques et peu mémorables. Elle se présente comme un être candide, d'avant la chute, se demandant innocemment, telle Ève, « quel goût a le malheur ». Mais le malheur est bien présent dans les paysages du livre, sous l'espèce de guerres, de camps de la mort. Et l'Ève future – Marie – n'a pas sa place dans cet univers qui n'est en mesure de faire une place véritable qu'au passé et au présent. II ne peut donc y avoir de rédemption. Il reste à Théa la solution de se parer de son collier de malheur, et de délirer.Dans le délire point de salut. Soit. Hors du délire non plus. 

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