• 256 pages
  • Livre relié
  • 10.5 x 15.3 cm
  • Encre Marine
  • Parution :
  • CLIL : 3126
  • EAN13 : 9782909422619
  • Code distributeur : 33751
  • Export ONIX 3.0

Dire le temps

Esquisse d'une chronologie phénoménologique

Présentation

Peut-on dire l'éclair de la présence? Et ne faut-il pas d'emblée reconnaître que seule la poésie peut parvenir à exprimer la mouvance du réel, alors que cette "grammaire métaphysique" qu'est la philosophie consiste, comme l'a bien montré Nietzsche, à doubler l'événement du devenir d'un arrière-monde peuplé de substrats et d’entités imaginaires?
Ne peut-on pourtant pas voir dans la philosophie, comme nous y invite Heidegger, mais d’une certaine façon aussi déjà Husserl, moins la science de la présence déjà accomplie d’un être-substrat que la venue au langage d’un être au sens verbal qui se confond avec l’avènement même du temps et ne renvoie à aucun autre règne qu’à celui de la phénoménalité?
En reprenant à Heidegger l’idée d’une "chrono-logie phénoménologique", on s’est donné pour tâche de reposer ici la question de la possibilité d’une langue et d’une logique phénoménologiques qui soient accordées à la temporalité de l’être. Alors que la philosophie, au lieu de s’installer dans le devenir, entreprend de le reconstruire anachroniquement en partant de son résultat, une telle chrono-logie exige au contraire le saut dans l’événement de la présence. Mais, parce qu’elle se déploie au sein même de la finitude de l’existence, cette "logique" de la temporalité ne peut qu’être esquissée de manière inchoative. C’est alors en faisant appel aussi bien à la philosophie du langage de Humboldt qu’à la pensée poétique de Hölderlin qu’on a tenté de mettre en lumière la structure éminemment dialectique de la parole et le lien essentiel qu’elle entretient avec la mortalité.

Presse

Françoise Dastur donne une seconde édition, « revue et corrigée », de l'ouvrage issu de sa thèse, Die le temps : esquisse d'une chrono-logie phénoménologique, dont la première édition avait paru en 1994.« Dire le temps » : vieille question (saint Augustin demeure une indispensable référence) n'ayant pas fini d'alimenter des débats. Chez les philosophes le discours sur le temps ne saurait consister en une étude de la chronologie ni en une science de la fixation des dates. S'agit-il alors de dire l'« être » du temps, un « être » temporel ? Mais est-ce possible depuis que, avec Aristote, le sens de « être » est devenu aporétique ? F. Dastur, spécialiste de la mort et du temps, s'appuie sur le premier Heidegger, celui de Être et Temps (profitant de l'occasion pour corriger quelques « fautes » théoriques de traduction, notamment à propos du mot « Sprache », « parole », qu'elle attribue à François Fédier, le très officiel traducteur de Heidegger). Elle propose ainsi d'élaborer une nouvelle logique qui parvienne à réinsérer dans ses énoncés le moment temporel, estimant qu'il a été banni dans la constitution de la pensée moderne. Elle se réclame aussi de la philosophie du langage de Humboldt (1835), l'un des premiers à avoir conçu le caractère essentiellement transitoire de la langue. Le sens du rapprochement de ces deux sources de pensée est clair : il s'agit de contribuer à une « logicisation » du temps (de ce qui passe), en évitant si possible le « piège » dans lequel les Lumières seraient tombées et qui a consisté à « détemporaliser » la ratio latine, devenue alors la raison moderne.L'ouvrage est accompagné d'un appendice (probablement une thèse d'habilitation, au vu de son contenu et de sa forme) plus explicite encore. La question de départ : peut-on dire l'éclair de la présence ? débouche finalement sur la poésie, ce qui est bien la réponse heideggerienne à ce type d'interrogation. Ainsi cet appendice interrogeant simultanément la temporalité et le langage résume-t-il toute la perspective de l'auteur. Celle-ci n'acquerra tout son sens que pour les lecteurs familiers des modes de pensée et d'expression de la phénoménologie.

[...] F. Dastur, qui est connue pour ses beaux travaux sur Heidegger et Hölderlin, nous offre aujourd'hui cet essai sur la possibilité d’une chronologie phénoménologique, c’est-à-dire sur la capacité de la phénoménologie à dire le temps. [...]Livre dense, clair et médité, cet ouvrage est parfaitement réussi.
- 01/12/1996

Bonne nouvelle que cette réédition dans une collection élégante d'un ouvrage épuisé de la philosophe Françoise Dastur. Cette spécialiste de la phénoménologie et de la pensée heideggerienne s'interroge sur la nature du rapport entre le langage et la temporalité de l'être. Peut-on exprimer la « spontanéité originaire » de la présence ? Comment formuler ce qui unit de manière ambivalente le monde et la pensée ? L'auteur convoque, tour à tour, Heidegger et sa pensée de l'événement, Husserl, le précurseur, et sa réflexion sur la continuité comme « flux héraclitéen », la pensée poétique d'Hölderlin pour lequel « le devenir est dans le périr », Humboldt, penseur pionnier du statut du langage comme lieu authentique de la médiation entre l'esprit et la chose. Un travail dense et érudit qui éclaire avec intelligence, me question difficile tout en n'échappant pas, en dépit des efforts consentis par l'auteur, à une certaine austérité pouvant décourager les non-spécialistes.
- 13/06/2002

Biographies Contributeurs

Francoise DASTUR

Françoise Dastur est professeur émérite de l'université de Nice Sophia-Antipolis, rattachée aux Archives Husserl de Paris (ENS). Son travail porte plus particulièrement sur la phénoménologie allemande et française, la Daseinsanalyse et l’interprétation de Hölderlin. Elle a publié de nombreux ouvrages et articles, notamment sur Edmund Husserl, Martin Heidegger, Maurice Merleau-Ponty, Jacques Derrida, Paul Ricoeur, Hans Georg Gadamer. Chez Encre marine, elle a publié Hölderlin, le retournement natal (2013), À la naissance des choses (2005), Dire le temps (2002).

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