Éloge de l'arbre
  • 384 pages
  • Livre relié
  • 10.5 x 15.3 cm
  • Encre Marine
  • Parution :
  • CLIL : 3126
  • EAN13 : 9782909422657
  • Code distributeur : 33755
  • Export ONIX 3.0

Éloge de l'arbre

Présentation

Que cela seul ? Où ai-je ainsi perçu la scission et l'essor en un tronc? Un tel ample départ de branche-maîtresse? Pareil écart ? (Un éclat de canine ouvrant chaque angle courbe...)
Sinon chez la femme fendue, la femme faite fourche ?
Issu du monolithe mâle, ce déploiement de bras sinueux de Çiva est irruption du féminin. Et le hêtre entre tous, de se pourvoir de cuisses rondes, de palerons, et d'échancrures qui tourmentent le tranchant de la main.
Un long temps d'une traite – et simple autant que la défense du narval –, le tronc agrée la dissidence de la grâce ; le tronc condescend aux jalons, aux fourches-fières où brille comme neige une poignée de ciel.
(Fourches en foule assourdissent l'espace et le font frucifier ainsi qu’une troupe de femmes en marche.)

Presse

Et cet homme de devoir convenir qu'il ne sut pas soustraire au Temps l'or de ce jour de juin - irréversible - que celui de son enfance. Il nous faut d'abord louanger la présentation de ce livre – magnifiquement cartonné avec signet et papier bible - qui en dit long sur le soin apporté par Jacques Neyme à ses recueils. S'appuyant sur les dieux de l'Olympe – Pelléas, Agamemnon, Chronos et Demeter sont présents –, François Solesmes nous invite à une flânerie mettant en valeur l'exhalaison, l'exaltation de l'arbre, tout autant que sa dimension poétique. Le poète sait mettre en évidence la tension, la turgescence de l'arbre et nous communique (à son sujet) ce sentiment du transitoire, de l'inaccompli… A cette plénitude sensorielle (à la peau, à l'âme, à l'oreille) qui s'exerce pleinement en forêt s'adjoint cette part féminine qui nous émeut tant : Et c'est ainsi qu'une hêtraie est moins une forêt qu'une clairière traversée de fuites pudiques (tant de nudité manifeste et que voilà surprise) à ses grands jambages réguliers qui sont dédoublements successifs, réfraction indéfinie du même arbre. Alors par cet Éloge de l'arbre s'élève le plain-chant dans une cathédrale de verdure…
- 01/07/2004

En cherchant à dire l'éternité à travers la femme, la mer ou l'arbre, François Solesmes a fini par forger une langue créatrice d'un monde où le temps suspend son vol. Eloge de l'arbre consacre une écriture sans bornes.Si l'on devait attribuer la palme du plus beau livre de littérature de l'année, on voit mal comment la récompense pourrait échapper à cet Eloge de l'arbre que nous proposent François Solesmes, l'auteur, et Jacques Neyme, son éditeur. Son grand format (230x320 mm), le papier d'une belle qualité, la typo constituée d'un "Garamond expert collection" aux élans précieux, l'encre, enfin, dont on sait qu'elle est le fruit d'un mélange visant à obtenir le bleu marine qui donne son nom à la maison d'édition; tout cela confie au lecteur un plaisir et une importance que les ouvrages manufacturés ignorent. Si les livres peuvent se regarder et se montrer, se humer et se feuilleter, gageons qu'il reste encore quelques personnes pour vouloir les lire. François Solesmes ne décevra pas ces dernières. Après ses éloges de la femme (Les Hanches étroites, Gallimard; L'Amante, Albin Michel; Poétique de la femme, Phébus; etc.) et ceux de la mer (Célébration de la mer, Robert Morel; D'un Rivage, Encre marine), le voici qui s'attache à chanter l'arbre. Une façon, peut-être, de poursuivre la quête de l'infini. L'arbre "s'édifie de cette éternité qui, dans la nuit des grottes pépiantes, exhausse un bosquet de calcite." Avec une énergie que chaque ligne renouvelle, François Solesme pousse son écriture à pénétrer au coeur de la sève, prêtant aux arbres des pensées que les humains n'ont plus, ouvrant sous les branches des univers où la tension règne et d'où s'échappent parfois des accents de tragédies grecques :"Saisi par la discorde et la dénégation, un arbre qu'on poursuit, rejoint, dépasse, jette en tous sens des regards révulsés. (Quelle hydre s'y cachait, qui entreprend l'espace et le déchire et le disperse à gestes convulsifs? - et le croc est partout, qui exacerbe la famine béante.)" L'écriture, ici, est un corps à corps acharné mais sans violence, une hystérie amoureuse qui prend son temps, des fiançailles mystiques. On a du mal à suivre l'auteur dans ses envols; cela nécessite une ascèse que l'on n'a pas, un abandon total aux mots et au rythme, une aliénation à l'obsessionnel. On préfèrera garder quelque distance avec le livre, cultiver le seul plaisir d'une lecture où chaque phrase impressionne. L'auteur, par la précision lexicale de son écriture renvoie le lecteur à la fréquentation assidue des dictionnaires. On pourrait lui en vouloir, mais, d'une part, lire François Solesmes c'est apprendre la patience et, d'autre part, ces incessants va-et-vient entre le dictionnaire et le livre tissent tout un réseau de lianes au coeur même de la langue. Car si François Solesmes chante tour à tour la femme, la mer ou l'arbre, c'est toujours l'éloge de la langue qu'il fait : "qu'on l'abuse d'un envol sans fin remis; qu'on le soumette à la question afin que naisse, de lui aussi, / incoercible et seule valide, une parole qui nous opprime et nous confonde avec bonheur; une parole qu'on dirait échappée à un sac du langage". Une langue qui, ici, atteint au non-figuratif, s'échappe en tout cas de la pauvre gangue qui ne faisait d'elle qu'un moyen de communication. Il y a là du Cézanne peignant la montagne Sainte-Victoire.

L'arbre tantôt interpellé, tantôt éloquent lui-même devient non seulement la figure du rêve, mais le miroir de la vie, des idéaux, le repère dans le flux du temps. François Solesmes tente de retrouver le double mouvement d’ascension vers les nuées et d’enracinement dans la terre. [...]Poétique de la rêverie, diront immédiatement les lecteurs de Gaston Bachelard ou Ludwig Binswanger. [...]Envoûtement d’un chant de la nature qu’un Novalis n’aurait pas désavoué.
- 07/07/1995

Avec une énergie, que chaque ligne renouvelle, François Solesmes pousse son écriture à pénétrer au cœur de la sève, prêtant aux arbres des pensées que les humains n'ont plus, ouvrant sous les branches des univers où la tension règne et d’où s’échappent parfois des accents de tragédies grecques. [...]
- 20/08/1995

[...] Mais faire de l'arbre l’éloge exige de recueillir, outre les leçons de sa verticalité, celles de sa part obscure. Le moindre stipe, le plus simple des fûts, n’indiquent-ils pas la voie de toute "création".[...] De subtiles variations sur les saisons, sur un alphabet de la forêt closent le livre. [...]

Un grand beau livre – une somme – de François Solesmes : Éloge de l'arbre vient de sortir aux éditions Encre marine. L'auteur avait déjà publié deux « Célébrations » : celle du « Corps » et celle de la « Mer » chez Robert Morel, et une « Poétique » : celle de la « Femme » (après un premier livre chez Gallimard : « Les hanches étroites ») : cet « Éloge de l'arbre » est à la fois une célébration et une poétique. Pourquoi l'arbre ? Parce que « en l'arbre seul est la mémoire qui nous devance et nous survit » répond François Solesmes, qui précise : « Il n'est de vocation qu'une ramure ne filigrane, ni d'œuvre capitale où n'ait tenté sa chance un arbre souverain avant de nous avertir de son dessein : « Mais sait-il tout de l'arbre – incisé par le ciel, éclaboussé de transparence – celui qui l'écouta de son seuil ? Pas plus que n'apprit de l'humain celui qui ne fut d'un cénacle et d'un cortège, d'une émeute et d'une frairie. J'irai donc là où l'arbre se rassemble et vêt la terre d'astrakan. Là où sa voix retentit sur le sourd glockenspiel des fûts multipliés. Il semble à notre porte, éconduit par les siens : j'irai le voir en son climat, parmi son peuple… ».Tout le livre est là : on s'enfonce, en effet, dans une forêt touffue où tous les arbres du monde se sont donnés rendez-vous. On s'y enfonce avec une telle profusion de mots riches et rares qu'on ne sait plus où commence la poésie, où finit le savoir de l'expert ou de l'amoureux, tous deux inépuisables en mots doux et vocables précis. Une promenade et une exploration, un office solennel et des chants bucoliques où tous les sens – et tous les « sens » – se trouvent convoqués : l'éthique et l'esthétique, le goût, l'odorat, l'ouïe, la vue et le toucher, le visible et l'invisible. On pense, bien sûr, à Claudel, ce recenseur d'immensités, à Saint-John-Perse, chantre des hauteurs, à Gide pour ce Nathanaël forestier, mais surtout à François Solesmes : un François d'Assise qui aurait aussi été docteur de l'Église en d'aussi somptueuses cathédrales que celles que nous ouvre ce splendide antiphonaire (sur Grand papier à la forme, filigrané).A ceux qui hésiteraient d'abord à pénétrer tout de suite en une forêt si munificente je conseillerais volontiers de lire – en manière d'exergue – l'introduction de la dernière partie : un résumé incomparable des plus beaux arbres de la collection de l'auteur – « le mûrier noir des jardins de couvent, de manoir, dont nous attouchons à distance les feuilles pubescentes, le noyer astringent, à la sombre fraîcheur d'ubac… » – qui, ainsi qu'il le dit si justement, « nous pillent les yeux » !

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