Ode à l'océan
  • 168 pages
  • Livre broché
  • 22 x 32 cm
  • Encre Marine
  • Parution :
  • CLIL : 3435
  • EAN13 : 9782909422336
  • Code distributeur : 33730
  • Export ONIX 3.0

Ode à l'océan

Présentation

...Ce seul nom d'Océan...
Du puissant pédoncule à la forêt de cimes, l'onde prise en gelée.
L'embrassement des eaux, l'embrasement des airs, leur poids de flammes et leur charge d’odeur !
Le bois flotté des horizons.

L’étendue même, que ce soupir – ellipse ouverte – ramasse et puis défroisse; et l’épaisseur, tonnes de mer amoncelées; et le déséquilibre.
Et cela monte en s’écroulant, en s’écoulant, par grands arrachements du jour, et force exhaussements de l’ombre. Cela s’élève et s’abandonne – aux paumes de l’espace ?
Il n’est ici soupir où ne s’assemblent les syllabes d’assomption. [...]

"Donner à voir", telle est la fonction que Paul Eluard assigne au poète.
Mais si celui-ci peut espérer devant la rose, l’arbre ou le mont, garder quelque maintien, qu’en sera-t-il face au plus grand Être de la création, à sa vie torrentueuse et protéiforme ?
Comment ne sortirait-on pas humilié de la confrontation ?
Parce que l’honneur de l’homme est de témoigner, quoi qu’il en coûte, voici, après tant d’autres et des plus honorables, quel regard j’aurai porté sur l’Océan, ses approches, son ampleur, sa vie cyclique, son rythme souverain, sa charge de fables, et la prodigieuse déflagration de présent à laquelle il nous soumet.
Le regard même qu’on doit à toute chose en ce monde: celui du naturaliste
et celui du contemplateur – émerveillé. (Et qui soit à la fois, le premier et l’ultime.)
"Donner à voir", oui. Par l’image et la métaphore. En n’oubliant pas que nommer, avec précision et rigueur, c’est la politesse à l’égard du réel.

Presse

 Auteur d'une œuvre d'une extraordinaire originalité, François Solesmes consacre son talent de poète de la prose à la minutieuse description des voluptés, à l'exaltation de la fusion avec les éléments de la nature (beauté féminine, arbres, mer). Passion des mots, contemplation sensuelle, religion des perceptions. Après une Poétique de la femme (Phébus), voici donc une " poétique de la mer ", inaugurée par D'un rivage. On ne peut que redire à quel point ce projet aurait plu à Bachelard.Mais la lecture de la présente Ode à l'océan (éditée en format in-quarto), par sa liberté et sa cohérence, par la richesse de son vocabulaire, par la variété de son ton, tour à tour solennel, intime, conjuratoire, propitiatoire, incantatoire, amoureux, ranime le souvenir de Saint-John Perse et, au delà, des poètes caribéens ou africains. Il y a chez François Solesmes une abondance et une générosité des mots, une dévotion de prêtre de la nature. La mer est la force même du mouvement, la figure de l'ouvert: " Une mer intérieure ? Les mots se heurtent et se proscrivent. Car toute mer est déjà morte, qui n'ouvre sur la mer.. "Les odeurs et le mouvement ondulatoire ou dévastateur suggèrent les gestes et l'ivresse de l'amour. " L'odeur encore, à peine . ne vénérienne, de la semence répandue - qui nous engage, narine en porte à faux, dans une allée de marronniers en fleur. " Evoquant même l'Origine du monde de Courbet, François Solesmes, avec son lyrisme calme, clair, rationnel, file la métaphore sexuelle, sans s'interdire d'autres interpolations.Parfois, le poète se rebiffe et s'interroge sur sa capacité de faire front au déferlement des sensations. Il voudrait s'imposer silence, trouvant dérisoire son discours infini devant l'énergie inhumaine du monde. " Tel est bien l'homme, qu'il ne peut voir page candide ou toile blanche sans y détruire l'ordonnance du rien, sans les rendre coupables… " Mais l'élan emporte l'écrivain qui finit (ou ne finit pas) son poème par un éloge de la liberté. 
- 20/08/1999

 Il fallait bien, pour oser évoquer l'immensité océane, un livre d'une telle monumentalité. Cette Ode à l'océan ne contient qu'un seul et unique poème; mais un poème qui couvre tout de même plus de cent cinquante pages grand format ! Alors que la mode, en matière poétique, penche aujourd'hui pour les mètres étiques, les vers rongés par l'aphasie, François Solesmes n'hésite pas à offrir en partage le "haut Souffle" et le Verbe le plus inspiré. Comme si ce poète, en dépit de la mort sans cesse annoncée de la poésie, s'était résolu à forger de toutes pièces une nouvelle ambition. Cela faisait bien longtemps (depuis Saint-John Perse, probablement) qu'un poète ne s'était pas érigé à ce point en "créateur", en démiurge presque, et que le monde n'avait pas, avec autant d'ampleur souveraine, pris (re)naissance sous sa plume.Il est vrai que le sujet, comme on l'a dit, imposait à l'écrivain de n'admettre d'autre mesure que la démesure. "Car toute mer est déjà morte, qui n'ouvre sur la mer"; car aussi l'océan s'impose à l'homme comme un lieu excédant tout lieu, formidable matrice de récits fabuleux, qui ne peut être convoqué qu'en rameutant les dieux, les mythes, la légende et les siècles. C'est entendre qu'il fallait des épaules un peu larges pour oser s'attaquer à tellement plus grand que soi. François Solesmes s'y est résolu, non sans convenir de la dimension déraisonnable de son projet: "Pour moi, murmure le poète, je suis tel un enfant sous la dictée qui ne peut suivre". Mais ce n'est là que clause de style, tant on se rend bien compte que l'auteur, qui domine parfaitement son art et qui s'ingénie à manier tour à tour l'éloge et l'invective, ne se fait pas faute de tutoyer l'univers, de le rudoyer et, le cas échéant, de s'affronter à lui.En réalité la mer présente aux yeux du poète un appréciable avantage : elle est la parfaite métaphore du poème, son plus absolu équivalent. "Maître des rythmes, expert en ponctuation, versé dans la prosopopée", l'océan - attentif aux"cadences de la rumeur marine", aux battements de la houle, à la scansion des reflux et des flux - s'avère un excellent professeur de prosodie. Littéralement habité par cette respiration cosmogonique, François Solesmes ne peut alors que s'en remettre à un lyrisme digne des meilleurs morceaux d'un Victor Hugo. Tisonnant l’éloquence, coudoyant le sublime, ne craignant jamais les accents de préciosité, il confère à ses versets la puissance du souffle universel, le tempo d'une langue qui n'a de cesse d'élargir son dire. Dans ce phrasé qui tantôt empoigne et tantôt berce, se donne à lire "une rumeur poreuse de flots en foule, qu'un bruit de jeunes eaux couronne d'incisives".Cette Ode à l’océan donc s’impose comme un livre majeur. D’abord parce qu’il est superbement édité à l’ancienne (papier non rogné, typographie en beau Garamont, format généreux etc.), à l'enseigne d'Encre Marine, l'un des tout meilleurs éditeurs rôneraies. Mais ensuite parce qu'il s'agit là d'un hymne magistral, voire définitif, dédié à l'aventure, au rêve et à la liberté."Qu'on déclare homme libre, celui qui, le premier, hissa la corne d'une voile latine -, lance François Solesmes, tandis que lecteur - noyé sous l'obsédant mascaret des mots, et ne cachant pas son bonheur d'une telle noyade - se livre corps et âme tant aux rimes de l'océan qu'au ressac du poème. 

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