Sur le Plaisir
  • 268 pages
  • Livre broché
  • 17 x 23 cm
  • La Bibliothèque hédoniste
  • Parution :
  • CLIL : 3126
  • EAN13 : 9782909422848
  • Code distributeur : 33771
  • Export ONIX 3.0

Sur le Plaisir

Préface de : Michel ONFRAY

Présentation

« Finalement, je n'aurai aucun scrupule et pendant que je poursuis le plaisir, je ne regarderai rien d’autre, de telle sorte que je n’aurai de respect pas même pour les religieuses et les moniales, que même Ovide n’osa pas injurier, recommandant aux femmes mariées et soumises :
Loin d’ici, étroites bandelettes, insigne de la pudeur, et toi aussi, robe longue, qui couvres la moitié des pieds.
Je ne me soucie pas de ce qu’a dit Ovide car à mon avis, il a parlé autrement qu’il a pensé.
Pour ma part – vois avec quelle liberté et quelle licence je réplique –, j’avance ceci : celui qui le premier a inventé le statut de religieuse, a introduit une coutume abominable qu’il faut faire reculer vers les confins de la terre ; bien qu’ils s’attachent au terme de religion, qui est davantage superstition, bien qu’ils les appellent des religieuses et des moniales, bien qu’ils souhaitent pour ce fait l’autorité de Pythagore, dont la fille, d’après Timée, fut vouée à un chœur de vierges et souhaitent celle de Diodore le socratique dont les cinq filles admirables pour leur pudeur ont été citées par Philon, maître de Carnéade. Cependant je dirai le fond de ma pensée : les courtisanes et les prostituées honorent davantage le genre humain que les femmes sages et sanctifiées. »

Presse

Une « bibliothèque hédoniste » peut paraître étonnante, voire redondante, alors que notre époque semble placer le plaisir au centre des préoccupations du quotidien des hommes. Quoi de plus « naturel », en effet, que la recherche du plaisir et du bonheur dont on sait que les humains sont naturellement en quête selon les propos d'Aristote. La tradition aura su donner des exemples de vies heureuses — et c’est heureux ! Les exemples ne sont toutefois pas des modèles aisés à suivre. Le bonheur récuse les guides et le plaisir est polymorphe par essence. Max Scheler, définissant l’homme moderne comme « quelqu’un de très triste au milieu de choses très agréables », mettait le doigt sur les contradictions dont nous souffrons. La philosophie, dans ses marges — illustrées ici par les noms d’Érasme, Valla, La Mothe le Vayer, Cyrano de Bergerac, Bentham – aura fourni ses talents au service d’une pensée libre des asservissements qu’idéologues et « maîtres à penser » auront dispensé et dispensent à loisir et à tort. S’il était un nom sous lequel rassembler de si divers auteurs, ce serait celui d’Épicure. Un Épicure réacclimaté en terre chrétienne — à tel point que l’on a pu parler d’un « épicurisme chrétien », Témoignages du « libertinage érudit » selon René Pintard, plus mentionnés que lus faute d’éditions accessibles. Pas de littérature mineure, mais des ignorances majeures, des refus complices, des surdités convenues, des paresses acceptées. Il y a encore beaucoup à lire, à découvrir, à penser à nouveaux frais. Sans fanatisme, ni goût obscurantiste pour les « marges » ! Le plaisir de découvrir et de lire ces textes ne devrait pas décevoir tous ceux pour qui la culture est autre que ressassement des auteurs scolairement et universitairement estampillés. Il faut lire ces livres, rares à plus d’un titre : par la rareté des textes qu’ils donnent à lire (première traduction, magnifique, par Laure Chauvel du De voluptate de Lorenzo Valla après cinq siècles d’occultation, par exemple), mais aussi par la qualité unique de l’édition : préfaces sobres et élégantes du directeur de la collection, Michel Onfray, ou érudites, par exemple de Jean-Charles Darmon sur La mort d’Agrippine, qualité matérielle, enfin, de ces ouvrages qui honorent l’édition, dite « petite » et dont devraient rougir d’envie et de honte toutes les autoproclamées « grandes maisons ».
- 01/09/2006

La présentation élégante et soignée du De voluptate de Lorenzo Valla, publié en 1431 et traduit ici pour la première fois en français sous le titre Sur le plaisir, rend hommage à un texte longtemps méconnu et dont les enjeux restent pourtant d'une actualité étonnante. C’est sans doute en raison de cette actualité paradoxale — comment peut-on être un « chrétien épicurien « ? — que Michel Onfray a choisi de faire figurer ce titre dans sa Bibliothèque hédoniste. Nul n’est besoin cependant de stigmatiser les universitaires (p. V), d’accabler le « christianisme officiel » qui a jeté Épicure « comme dans un cul de basse fosse » (p. VII), ni de faire appel à une « déconstruction avant l’heure » (p. VIII) pour goûter pleinement le texte de Valla : il convient plutôt de le replacer dans le contexte historique et religieux du premier humanisme italien. La reproduction en fac-similé des premières pages du De voluptate dans l’édition de 1512 (pp. 3-17 et 261) invite d’ailleurs le lecteur moderne à mieux entrer dans les premiers temps de l’imprimerie — ce ne semble pourtant pas être l’édition qu’a suivie Laure Chauvet ; on regrette par ailleurs que l’épître liminaire que l’imprimeur Josse Bade adresse au théologien dominicain Guillaume Petit (reproduite p. 3) n’ait pas été traduite. Il s’agit pour Valla de « réfuter et éradiquer la secte stoïcienne » (p. 23) afin de promouvoir un christianisme qui se fonde par essence sur un épicurisme bien compris. La forme dialogique du De voluptate, dont l’emploi usuel à la Renaissance en fait l’une des formes privilégiées de la réflexion philosophique et théologique, donne à cette entreprise toute sa vivacité : en réponse à Leonardo Bruni, qui démontre que le plaisir est le seul bien (livre I), puis à Antonio Beccaldi, pour qui l’honnêteté des stoïciens n’est pas même un bien (livre II), Niccolo Nicolli, selon un art consommé — et revendiqué — de l’éloquence, propose de voir le vrai plaisir et le vrai bien dans la « foi chrétienne « (livre III). Une belle méditation sur le corps mortel et glorieux (III, 23) précède l’évocation poétique d’un Paradis où chaque bien d’ici-bas s’épanouira en plénitude. Le rire n’est pas absent de ce dialogue, ni l’humour : si Antonio a su durant son séjour terrestre apprendre le grec en plus du latin, il comprendra et parlera, dans la Jérusalem céleste, toutes les langues… L’acuité des analyses que propose Valla sur les fausses religions et l’oubli des choses divines (pp. 210-211) ainsi que la récusation qu’il fait d’une religion morbide et accusatrice qui pousserait au martyre sont toujours pertinentes. La précision avec laquelle il fait l’archéologie du mot « plaisir » impose de fait à la pensée la plus contemporaine de maintenir une exigence sans faille.
- 01/03/2006

Les amis de la Terre et les amis du Ciel ne sont pas fatalement ennemis entre eux. Comme le note Onfray, dans une préface pondérée, intelligente et qui ne lui ressemble guère : «La terre d'Epicure et le ciel du Christ n'entrent pas en contradiction, mais s'appellent, se nécessitent et se complètent.» Ainsi est-ce au nom du Christ que Lorenzo Valla prend la défense des épicuriens, dans son traité Sur le plaisir dont Encre marine publie la première édition française... Car Jésus fut, dit-il, «l'unique à indiquer l'existence agréable entre toutes, la plus surabondante en voluptés». Si le péché consiste dans ce qui trouble l'âme, et si le plaisir suppose le moins de tristesse et le plus de volupté possible, alors, dit Valla, «le plaisir est le seul bien». Mais s'il n'y a pas de religion sans plaisir, il n'est pas non plus de plaisir sans tempérance. Les véritables disciples d'Epicure, comme Erasme ou Valla, ne sont pas les débauchés... mais plutôt ceux qui, avec Erasme, «échangent les vrais biens de l'esprit contre les voluptés illusoires des sens»...
- 01/06/2005

Cet essai de Lorenzo Valla « Sur le plaisir » fait partie de ces textes qui, parce qu'ils ont été cités de manière frauduleuse pour faire passer leur auteur pour ce qui n’est pas, sont restés victimes de l’ignorance et des malentendus. La traduction nous en offrent aujourd’hui Michel Onfray nous fait découvrir non seulement jaillissement d’une pensée originale, mais aussi un Lorenzo Valla dégagé de ces critiques malveillants.Premier philosophe à réhabiliter Epicure Valla montre comment le plaisir, évitant les passions tristes autant que les jouissances qui aliènent est utile à chacun dans sa relation et avec Dieu et avec le monde.
- 28/12/2004

Biographies Contributeurs

Lorenzo VALLA

Humaniste, philologue et philosophe ; Ami de Bessarion et de Nicolas de Cuse ; Lié à la Cour d'Alphonse I de Naples, chanoine de Saint-Jean de Latran (ordonné prêtre en 1431)

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