Épigrammes / Epigrammata
  • CCCXLIV + 1416 pages
  • Bibliographie, Index
  • Livre relié
  • 14.5 x 22.5 cm
  • Français, Latin
  • Classiques de l'humanisme
  • N° dans la collection : 46
  • Parution :
  • CLIL : 3633
  • EAN13 : 9782251801315
  • Code distributeur : 53896
  • Export ONIX 3.0

Épigrammes / Epigrammata

Texte établi et traduit par : Sylvain DURAND

Présentation

Il est difficile d'imaginer aujourd'hui la vogue dont jouirent pendant plusieurs siècles les Epigrammes de John Owen (1564-1622), qui en leur temps firent saluer leur auteur comme le « Martial anglais », le « second Martial », « Martial ressuscité ». Plus exclusivement intellectuel que son modèle latin, Owen n’eut jamais sa richesse de dons, ni son puissant réalisme, ni inversement sa grâce et sa tendresse, ni ses raffinements d’artiste. Mais dans le domaine volontairement restreint de la satire morale et dans le cadre étroit du distique, son instrument privilégié, il porte l’épigramme à un point d’achèvement qui ne devait plus être égalé : jamais l’épigramme n’a été aussi proche de la maxime au sens que lui donnera bientôt notre La Rochefoucauld et avec laquelle elle partage le brillant et l’étincelante netteté.
Le propos est exclusivement celui d’un moraliste. Observateur fin et spirituel du train du monde, Owen livre son expérience en une multitude de traits caustiques qui fusent dans toutes les directions : égratignant les caractères et les âges, insistant sur les travers de quelques professions et conditions (juristes, médecins, théologiens, courtisans) ; quelques traits acérés contre le sexe faible et les inconvénients du mariage pourraient le faire soupçonner de misogynie si le sujet était original. En tout cela, nulle illusion, mais nulle méchanceté ; pas d’attaque personnelle, seulement les défauts universels de la nature humaine ; quelques remarques sont plus directement inspirées par des sujets d’actualité : loyal sujet anglais à l’époque du complot de la poudre à fusil, Owen décoche quelques pointes à l’adresse de l’église catholique, il intervient malicieusement à propos de la querelle du vide. Une sagesse ironique se dégage, qui fait comprendre aisément l’influence qu’il exerça sur l’âge classique, habitué à privilégier l’analyse morale..
Le premier volume des épigrammes, dédié à Lady Neville, a paru en 1606 ; encouragé par son succès immédiat, Owen publia l’année suivante un second volume, dédié à une Stuart ; les troisième et quatrième volumes parurent en 1612 et 1613 : en tout, dix livres d’épigrammes dont l’édition d’ensemble sera publiée en 1622, l’année même de sa mort. Une editio locupletior et emendatior a été publiée à Paris en 1794 par Antoine Augustin Renouard.
Premier à ouvrir notre collection à l’humanisme du Nord, Sylvain Durand nous offre dans ce volume le texte et la première traduction française intégrale de cette œuvre. Exécutée avec une parfaite exactitude, une aisance et un plaisir évident et même quelque gourmandise, cette traduction nous est offerte dans une prose serrée, quand elle n’accueille pas la coquetterie d’une traduction rythmée. L’édition bilingue est, comme dans tous les volumes de la collection, précédée d’une introduction, cinq grandes parties progressant de la biographie et du contexte historique et culturel à l’œuvre elle-même, analysée ensuite dans son aspect formel (le travail sur la matière des mots, feu d’artifice et fête étourdissante du langage) et dans les liens qu’elle entretient avec l’actualité et la société de son temps, enfin et plus profondément, avec les options intellectuelles et spirituelles de son auteur.

Biographies Contributeurs

John OWEN

John Owen est né en 1564 près de Snowdon. Il est disciple de Thomas Bilson à Winchester College, puis poursuit ses études au New College d'Oxford, où il obtient un diplôme en droit civil (Bachelor of Civil Law) en 1590. Il entame une carrière d’enseignant, d'abord à Trelleck, près de Monmouth puis, vers 1595, à la King’s School à Warwick. À sa mort en 1622, il est enterré dans l’ancienne cathédrale Saint-Paul de Londres.

Sylvain DURAND

Sylvain Durand a soutenu sa thèse sur les Épigrammes de John Owen. Il est actuellement professeur au collège Thomas-Mann (Paris, 13e).

Table des matières

Introduction – John Owen ou la récréation poétique
I. L'homme, son œuvre et l’âge d’or de l’épigramme en Angleterre
1. Vies et morts de John Owen
2. éditions et réception des Épigrammes
3. L’épigramme en Angleterre au XVIe siècle et au début du XVIIe
II. Caractères de l’épigramme de John Owen
1. Le parti pris de la brièveté
1.1. « The soul of wit »
1.2. Dans le miroir des amuseurs
1.3. Le cadre étroit de l’argutia
2. La structure et le spectacle
2.1. Deux temps, trois mouvements
2.2. L’exception et la règle
3. La récréation poétique
3.1. Les mots, clé d’un divin loisir
3.1.1. Carmina sonantiora
3.1.2. Salsiores sales
3.1.3. Le changement dans la répétition
3. 2. La tentation de la cynghanedd
3. 3. La dilection pour direction
3.3.1. Un goût excessif ?
3.3.2. Humilité et prétentions
III. La composition de l’œuvre
1. L’architecture des Épigrammes
1.1. E pluribus unum 
1.2. Seuils
2. L’exigence esthétique de la varietas
2.1. Mens agitat molem
2.2. Sur la lecture des Épigrammes
3. Aux marges du poème
3.1. Les titres, « inscrits sur » l’épigramme
3.2. Notes et sous-titres
IV. Les Épigrammes et la réalité contemporaine
1. Le Royaume de Grande-Bretagne
1.1. La reine Élisabeth Ire
1.2. Jacques Ier et l’Union britannique
1.3. Cambro-britannus poeta
2. John Owen, urbi et orbi 
2.1. Londres et l’Angleterre
2.2. Les voisins européens
3. L’actualité culturelle et scientifique dans les Épigrammes
3.1. Les préférences de l’esprit nouveau
3.2. Les ressources de l’allusio
3.3. Actualité littéraire et « fantaisies aimables »
V. Les lieux de l’inspiration owenienne
1. La saveur de la satire
1.1. « Beauty is truth, truth beauty »
1.2. Les victimes de la satire
1.3. Fronts cornus, esprit misogyne
2. Vers l’inspiration personnelle
2.1. Les mots et les choses
2.2. Sous le masque affable
2.3. To be, or not to be
3. L’expression de la foi dans les Épigrammes
3.1. Mors christiana
3.2. Inspiration sacrée et licence épigrammatique
3.3. Religion et satire

Conclusion
Note sur l’édition des Épigrammes
Note sur la traduction
épigrammes – Epigrammata
épigrammes d’éloge adressées à l’auteur
Liber Primus (livre I)
Liber secundus (livre II)
Liber tertius (livre III)
Trois épigrammes d’éloge adressées à l’auteur
Liber quartus (livre IV)
Poèmes de l’auteur placés à l’ouverture de la deuxième triade
Liber quintus (livre V)
Liber sextus (livre VI)
Liber septimus (livre VII)
Liber octavus (livre VIII)
Liber nonus (livre IX)
Liber decimus (livre X)
Notes de John Owen
Notes du texte français
Bibliographie
Table des titres
Index nominum
Remerciements

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