Gouverner avec les dieux

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  • 448 pages
  • Bibliographie, Index
  • Livre broché
  • 15 x 21.5 cm
  • Mondes anciens
  • N° dans la collection : 1
  • Parution :
  • CLIL : 3385
  • EAN13 : 9782251300016
  • Code distributeur : 50377
  • Export ONIX 3.0
English version

Gouverner avec les dieux

Autorité, auspices et pouvoir sous la République romaine et sous Auguste

Présentation

La République romaine n'est pas sortie tout armée du crâne de Montesquieu. Loin d'être garanti par une division tripartite du pouvoir, l’équilibre des institutions reposait avant tout sur l’encadrement de la potestas des magistrats par l’auctoritas des prêtres et du Sénat. Le droit d’auspices des magistrats du peuple, hérité du prestigieux monopole auspicial de la vieille noblesse patricienne, formait le noeud gordien de l’articulation de la potestas à l’auctoritas.
Leur potestas étant conçue comme « imparfaite », les magistrats étaient en effet contraints de solliciter, au moyen des auspices, une légitimation atomisée et précaire de leurs actes publics par l’auctoritas de Jupiter. Encadrée par les détenteurs institutionnels d’auctoritas, augures et sénateurs, la prise d’auspices se trouvait ainsi au coeur des mécanismes d’autocontrôle de l’aristocratie romaine. Si Auguste respecta formellement ce socle idéologique patricien et conservateur (optimas), il en modifia radicalement la portée par ses innovations en matière de potestas et d’auspices, et par l’importance qu’il conféra à l’auctoritas du prince.

Presse

Une nouvelle collection concernant les mondes anciens, voilà qui ne manque pas de panache à l'heure où l'on affirme que ces connaissances sont superflues et tout juste bonnes pour quelques privilégiés.
Le Figaro Histoire - 01/10/2015

... l'ouvrage est l'aboutissement d'une véritable réflexion novatrice...
Archéologia - 01/03/2016

Biographies Contributeurs

Yann BERTHELET

Ancien élève de l'ENS-Ulm, agrégé et docteur en Histoire, Yann Berthelet a enseigné à l’université de Paris I et à l’université de Rouen, et est actuellement pensionnaire de la Fondation Thiers/CNRS-Centre de Recherches humanistes. Ses travaux portent sur les rapports du politique et du religieux dans le monde romain, sous la République et le Haut-Empire.

Table des matières

Remerciements
Avertissement au lecteur
Introduction générale
1. Gouverner avec les dieux :  du politique et du religieux à Rome
2. Autorité : la valeur heuristique du concept d'auctoritas
3. Entre autorité et pouvoir : le nœud gordien des auspices
4. Quelle place dans l'historiographie ?  
5. Traitement de la documentation  

Partie 1. Le monopole patricien sur les auspices.  Quelques réfexions sur son fondement  et son articulation aux institutions publiques
Introduction. Les auspices comme lieu de légitimation de la potestas  des magistrats par l'auctoritas de Jupiter
Expliquer le monopole auspicial patricien

1.1.1. Le « charisme » auspicial du patriciat
Le monopole auspicial patricien : une prétention nobiliaire
Le monopole auspicial patricien :  une réalité institutionnelle, l’interrègne
 
Un « privilège » attaché aux seuls (sénateurs) patriciens
Un « retour » aux sénateurs patriciens des auspices des magistratures patriciennes vacantes
L’interrègne resta le « privilège » des patriciens après 367 av. J.-C.
Le statut des auspices qui reviennent aux sénateurs patriciens  pendant l’interrègne

1.1.2. La définition des gentes échappe aux catégories du public  et du privé
L’appropriation d’une partie des terres « publiques »  par les gentes
La confarreatio gentilice échappe à une catégorisation juridique « public/privé »  
Les sacra accomplis pro populo par des gentes
Les auspices « qui reviennent aux patres » échappent  à une stricte bipolarisation « public/privé »

1.1.3. Les auspices gentilices des patriciens participaient du caractère « sacré » de la fondation de Rome  
Les magistrats de la plèbe fnirent-ils par détenir le ius auspicandi ?

1.2.1. Les témoignages directs d’un présumé ius auspicandi  des tribuns de la plèbe
Les tribuns de la plèbe détinrent-ils le ius auspicandi  avant 471 av. J.-C. ?  
Les tribuns de la plèbe reçurent-ils le ius auspicandi  en 449 av. J.-C. ?
Les tribuns de la plèbe détinrent-ils des auspices  à partir du ii  siècle av. J.-C. ?  

1.2.2. Les témoignages indirects d’un prétendu ius auspicandi  des magistrats de la plèbe
Les tribuns de la plèbe reçurent-ils le ius auspicandi  en même temps que le droit de réunir et de présider le Sénat ?  
Le ius obnuntiandi des tribuns de la plèbe impliquait-il  un ius auspicandi ?
Des magistrats de la plèbe uitio creati :  une question de droit augural, et non pas de droit d’auspices  

Des auspicia patriciorum aux auspicia publica : le rôle de la loi curiate  

1.3.1. Une lex de potestate (cum ou sine imperio) votée auspiciorum causa par les comices curiates

1.3.2. Les comices curiates : une assemblée archaïque  du populus Romanus, non exclusivement patricienne

1.3.3. Le populus Romanus était-il la source des auspicia magistratuum ?

1.3.4. Du rapport de la loi curiate avec les auspices d’investiture  

1.3.5. Par la loi curiate, le populus Romanus autorisait les détenteurs de magistratures patriciennes à utiliser les auspices patriciens à titre parfaitement public, rendant ainsi iusta leur imperium et leurs auspicia

Conclusion  

Partie 2. Potestas-Auspicium versus Auctoritas. Du contrôle du « pouvoir » par l’« autorité »
Introduction. Les auspices comme lieu de contrôle de la potestas  des magistrats par l’auctoritas des augures et du Sénat
De l’indissociabilité de la potestas (cum ou sine imperio) et des auspicia détenus à titre public  

2.1.1. Potestas et Auspicium : une parfaite adéquation ?  
Hiérarchie des potestates et hiérarchie des auspicia  se recoupent-elles ?
Le binôme « imperium/auspicium » à l’épreuve du tribunat  militaire à pouvoir consulaire et des promagistratures
Les auspices des tribuns militaires à pouvoir consulaire  entre 444 et 367 av. J.-C.
Les auspices des « promagistrats »
Les auspices des « promagistrats par prorogation »
Les auspices des « promagistrats-priuati cum imperio »
Les auspices des « promagistrats par délégation-légats »
Certains prêtres détenaient-ils des auspicia « à titre public » ?
Des prétendus auspices des pontifes et du grand pontife
Des prétendus auspices du famen Dialis
De la différence entre auguria et auspicia

2.1.2. Domi militiaeque : une distinction spatio-juridique  valable à la fois pour l’imperium et les auspices ?  
Imperium domi : imperium « à Rome »  ou imperium « en temps de paix » ?  
« Votis nuncupatis paludatus (ou paludatis lictoribus) exire » :  une allusion au franchissement du pomerium ?
La prouocatio :  un droit attaché au citoyen sans limite territoriale ?  
De l’imperfection du « pouvoir » sans « autorité »  ou de la conception républicaine de la liberté

2.2.1. Potestas (cum ou sine imperio) vs Auctoritas :  une distinction-clé des institutions républicaines romaines
De l’apparente conception ternaire du système politique à Rome : potestas, auctoritas, libertas
Exclusion réciproque et complémentarité nécessaire  des « fonctions de potestas » et des « fonctions d’auctoritas »
De la nécessité de ne pas se méprendre sur l’« auctoritas populi  Romani » et l’« auctoritas des magistrats »
Ce qu’il faut entendre par « auctoritas magistratus »
Ce qu’il faut entendre par « auctoritas populi Romani »
Différents types d’auctoritas
Auctoritas patrum/Auctoritas senatus
Auctoritas des augures/auctoritas des autres prêtres

2.2.2. Le contrôle des augures et du Sénat sur les auspices  des magistrats : la garantie d’une stricte séparation entre potestas et auctoritas
Du contrôle des augures sur les auspices des magistrats  ou du moyen des sénateurs de contrôler les détenteurs de potestas
Le contrôle spatial des auspices des magistrats :  les templa « pour agir auspicato avec le peuple ou le Sénat »
Ius obnuntiandi des augures et ius obnuntiandi des magistrats :  du contrôle consensuel du « pouvoir » par l’« autorité »  à l’obstruction confictuelle du « pouvoir » par le « pouvoir »

Conclusion  
Épilogue. Augustus plutôt que Romulus
Auspicia, Imperium et Auctoritas d’Auguste : de la République au principat
De la nécessité du modèle romuléen, malgré ses connotations tyranniques : sicut Romulus augurato urbe condenda regnum adeptus est
Le recours à l’auctoritas ou l’exploitation de l’ambiguïté des mythes fondateurs

Conclusion générale

1. Auctoritas : du droit des Romains à l’altérité culturelle

2. Auctoritas/potestas : des (dis-)continuités historiques  en matière de pouvoir et d’autorité

3. Auctoritas versus potestas/auspicium :  des mécanismes d’autocontrôle de l’aristocratie sénatoriale  

4. Augustus ou le nouveau consensus autour de l’auctoritas du princeps

Bibliographie
I. Encyclopédies, dictionnaires et collections
II. Éditions, traductions et commentaires du corpus textuel issu de la tradition manuscrite  
III. Éditions, traductions et commentaires  du corpus juridique
IV. Éditions, traductions et commentaires  du corpus épigraphique
V. Éditions et commentaires du corpus numismatique
VI. Éditions et commentaires du corpus prosopographique
VII. Liste générale des ouvrages et articles

Table des illustrations
Index locorum
Index nominum et rerum notabilium

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