Ressources utiles

Newsletters de circonstance

Newsletters de circonstance

Pour vous servir et vous être utiles

Retrouvez ci-dessous toutes les newsletters thématiques qui vous ont été envoyées au cours de la période de confinement, contenant des ressources utiles mobilisées à travers tout notre catalogue. 

Ressources utiles #1 : Nos vertus communes

Ressources utiles #1 : Nos vertus communes

Mercredi 25 mars

Chères lectrices, chers lecteurs, 

Chaque lundi, mercredi et vendredi, nous vous proposerons une heure de lecture pour tous, en compagnie de nos antiques et de nos modernes. Pour vous servir et vous être utiles. 

Aujourd'hui, nous passons un moment vertueux avec Carlo Ossola. Pour cheminer avec lui, l'auteur des Vertus communes vous suggère quelques étapes musicales, qui suivent la courbe du jour, sa clôture aussi. Certains enthousiasmes de lecture se pavent de notes et de silences ; qu'ils vous révèlent ce que la bonhomie, la discrétion et la constance ont d'héroïsme quotidien. 

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Ressources utiles #2 : Lire à l'horizontale

Ressources utiles #2 : Lire à l'horizontale

Vendredi 27 mars

Chères lectrices, chers lecteurs,

Le poète Shiki Masaoka (1867-1902), tourmenté par la tuberculose, fait le récit de son quotidien dans un journal intitulé Un lit de malade six pieds de long. Comme le dénote le romancier Philippe Forest qui en signe la préface, ce journal témoigne de « traces » , « laissées par personne, lisibles par tous, imprimées sur la plage des pages ». Loin de tout lamento, imprévues, souvent joyeuses, parfois déchirantes, ces traces au fil du pinceau sourdent directement du corps et de ses humeurs. Nous vous en proposons un aperçu, à lire à l'horizontale. 

Après la maladie vient la convalescence. Cette période de repos forcé, de temps suspendu, de confinement même, n'est pas nécessairement synonyme d'ennui : « puisque nous ne sommes pas les maîtres de nous-mêmes, nous pouvons au moins disposer de nos sens et de notre pensée. » Pour vous en convaincre, Daniel Ménager déploie un florilège joyeux de sources littéraires de Madame de Staël à Thomas Mann à travers son bel ouvrage à paraître bientôt : Convalescences. La littérature au repos. Et, pour en accompagner la lecture, l'essayiste vous confie aux bons soins de Mozart. 

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Ressources utiles #3 : Faire face à l'imprévisible

Ressources utiles #3 : Faire face à l'imprévisible

Lundi 30 mars

Chères lectrices, chers lecteurs,

Aujourd'hui, nous nous mettons en quête de notre forteresse personnelle, avec une série d’extraits issus des textes de ceux qui sont réputés pour avoir fait usage de la philosophie, non pas parce qu’ils étaient déjà philosophes, mais parce qu’ils avaient besoin de la philosophie afin de guider leur existence de la façon la plus autonome possible :  les stoïciens de l'époque impériale. Avec Sénèque,  précepteur de Néron qu’il a tenté de conseiller au péril de sa vie, Épictète, l’esclave finalement affranchi qui a dû supporter ses conditions de privation de liberté et d’exil, puis Marc Aurèle, l’empereur aux prises avec des accès de mélancolie profonde et une faible constitution physique, nous expérimenterons des attitudes, des réflexions et des pratiques pour faire face à l'imprévisible et nous sentir sinon invincibles, du moins Antifragiles, selon l'expression de l'essayiste contemporain Nassim Nicholas Taleb.  

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Ressources utiles #4 : Être utile ou ne pas nuire

Ressources utiles #4 : Être utile ou ne pas nuire

Mercredi 1er avril

Chère lectrices, chers lecteurs,

Aujourd'hui, nous interrogeons les qualités attendues du médecin, dans des lieux et des époques qui vont de la Grèce antique au Japon médiéval. Le médecin hippocratique, le médecin romain et le moine-médecin japonais : tous se posent la question d'une forme de « bienséance » à l'égard du patient. Dans la tradition du corpus hippocratique, comme le souligne Jacques Jouanna, on évoque les gracieusetés qui peuvent adoucir les souffrances du malade. La parole douce comme du miel devient alors thérapeutique. Le médecin doit « être utile ou ne pas nuire ». Son art puise certes dans les livres, la pratique et l'observation, mais il se parfait aussi dans une écoute individuelle du malade, allant jusqu'à l'empathie. Pour assurer le bien-être d'un malade, le médecin devrait-il lui-même se comporter d'une façon entièrement bonne ? A Rome, il n'est pas rare que des amitiés se nouent entre le médecin et le malade, faisant peu de cas des différences de statut, tels Asclépiade et Cicéron. C'est que l'exercice de la médecine exige une confiance pleine, qui ne doit pas se confondre avec la religion mais partage avec elle une semblable dévotion à l'égard du vivant. 


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Ressources utiles #5 : Méditations en temps de crise

Ressources utiles #5 : Méditations en temps de crise

Vendredi 3 avril

Chères lectrices, chers lecteurs,

Certaines pensées méritent que l'on s'y prenne à plusieurs. Certains livres, qu'on les ouvre un nombre infini de fois. Aujourd'hui,  l'écrivain et professeur italien Nuccio Ordine vous invite à une expérience aux confins de la littérature, dans ce lieu où la solitude n'existe plus et où les hommes, libre-penseurs, échangent leur mémoire et leurs idées pour bâtir l'avenir. De ces textes d'Antonio GramsciJohn DonneXavier de MaistreWilliam Shakespeare, Rainer Maria Rilke et Friedrich Nietzsche, qu'il commente ici (parmi bien d'autres) s'élève un continent commun où résonnent le refus de l'indifférence, la nécessité de l'altérité, la défense des plus faibles, l'éloge du silence, de la lenteur, et le maintien d'une solidarité humaine. Concluons, ami lecteur, au risque de vous étourdir de compagnie, avec cette éloquente maxime de Sénèque : « vis pour autrui, si tu veux vivre pour toi ».

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Ressources utiles #6 : Hymne à la joie

Ressources utiles #6 : Hymne à la joie

Lundi 6 avril

Chères lectrices, chers lecteurs,

Aujourd'hui, notre prélude sera bref, pour ne pas lasser trop tôt votre écoute. Si Saint AugustinConfucius et Clément Rosset, hommes pourtant fort éloignés par les mœurs et les époques, conversent dans cette lettre, c'est qu'ils furent mélomanes. De maîtres à disciples, tous trois partagent et transmettent une harmonie souveraine, nécessaire, éminemment réelle, qui réjouit le présent. Le philosophe Santiago Espinosa (photo ci-contre) lui consacre justement une chronique : sans durer ni se répéter, celle-ci rend notre oreille attentive. Puisse ce quatuor vous doter d'une force nouvelle !

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Ressources utiles #7 : à la recherche d'un monde meilleur

Ressources utiles #7 : à la recherche d'un monde meilleur

Mercredi 8 avril

Chères lectrices, chers lecteurs,

Peut-être est-ce avec une moue sceptique que vous ouvrez la lettre d'aujourd'hui. Il est vrai qu'un pareil titre, À la recherche d'un monde meilleur a quelque chose de déconcertant par les temps qui courent. Dans cet essai, l'épistémologue Karl Popper envisage la vérité comme une voie à suivre inlassablement ; jamais assurée, elle ne repose sur aucune prévision absolue, sur aucun historicisme non plus. Robert Darnton nous invite ainsi à considérer l'histoire des mentalités de nos aïeux sous un prisme singulier ; ce qui nous paraît le plus inconcevable est aussi ce qui a le plus de choses à nous enseigner.  Qu'un Grand massacre des chats dans l'Ancien Régime côtoie la mise sous presse de l'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert ne représente pas une lointaine incongruité avec notre sujet : la connaissance a aussi ses croyances. Pratiquons donc un doute radical et détruisons nos idées reçues, renchérirait le philosophe Bertrand Russel. Dans ses Essais sceptiques, Russell interroge, en logicien, les émotions et les passions qui agitent notre vie sociale et politique, et nous suggère une éthique hédoniste reposant sur notre seule indépendance d'esprit. Mais avec modération ! Parfois, ne pas faire, ou ne pas théoriser, à l'instar de Nassim Nicholas Taleb, est un acte en soi. Un acte qui nous pousse à reconnaître notre ignorance. 

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Ressources utiles #8 : proches par la plume, l'amitié à distance

Ressources utiles #8 : proches par la plume, l'amitié à distance

Vendredi 10 avril

Chères lectrices, chers lecteurs,

« Étranger ou non, cela m’est plus grave qu’obscur ou pas, s’il s’agit du rapport qui existe entre nous, et dont vous savez qu’il compte tant pour l’humble signataire de cette lettre. » (Yves Bonnefoy, dans une lettre à Boris de Schloezer). Toute correspondance inscrit un double éloignement : géographique et textuel. Cette distance ne rime pourtant pas avec étrangeté, en amitié. Dans le creux d'une page séjourne toutes les heures du jour et de la nuit où l'autre nous fait la joie de sa présence. Une lettre se relit, s'emporte avec soi, se transmet. Poète, Yves Bonnefoy se confie surtout ami, à ses amis. Réduisant l'étrangeté, partageant ses vers et ses refuges, il se lit à présent dans plus de mille pages de Correspondances - dont nous avons publié le premier tome. Poète, aussi, Pétrarque, dont la « Lettre à la postérité » ne peut se comprendre sans les voix aimées, en partie perdues. Chanter l'adresse, conjurer l'absence ? La vieillesse arrive après une familiarité entretenue de lettres, dont Pierre Laurens recueille la voix interrogative « que faire maintenant, mon frère ? » dans une Correspondance choisie. Poète enfin, Nietzsche, dans cette Trinité rêvée avec Paul Rée et Lou Andréas-Salomé, qui éclate comme un printemps en 1882. De cette effervescence, cette hâte au partage, on découvre que la philosophie a cédé sa place à la poésie et même à l'aphorisme. La distance entre eux s'abolit dans une joyeuse renaissance, dont on se plaît à admirer « mille fleurs anciennes et mille nouveaux bourgeons ». 

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Ressources utiles #9 : Cultiver son jardin

Ressources utiles #9 : Cultiver son jardin

Lundi 13 avril

Chère lectrices, chers lecteurs,

« Nous sommes nés une fois, il n’est pas possible de naître deux fois, et il faut n’être plus pour l’éternité : toi, pourtant, qui n’es pas de demain, tu ajournes la joie ; la vie périt par le délai, et chacun de nous meurt affairé. » À l'écart de l'agitation, dans le Jardin d'Épicure où sont cultivés les désirs naturels et nécessaires, la sagesse, l'amitié et l'absence de superstitions, s'épanouit une joie qui n'attend pas.  Comme un épicurien ne vient jamais seul et que tous les grands plaisirs se partagent, à la suite du sage grec « semblable à un dieu », se glisse Lucrèce, son disciple poète vibrant des charmes de Vénus. L'abondance de la Nature comble ses chants ; génération paisible dont il dévoile le principe premier, infime comme un grain de sable. À sa suite, le sablier s'écoule et provoque d'heureux clinamens. L'épicurisme fleurit ainsi dans un coin perdu de Corrèze. Nous sommes chez Marcel Conche, la table est mise pour un banquet épicurien. Des amis y conversent comme dépourvus d'avenir, tant la minute présente leur paraît complète ; tels « des humains vivant la même vie dans le même esprit, et complices de leur mutuel bonheur. » 

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Ressources utiles #10 : une main tendue

Ressources utiles #10 : une main tendue

Mercredi 15 avril 2020

Chères lectrices, chers lecteurs,

Puisque par les temps qui courent nous devons garder fermement nos distances, voici une poignée de textes issus de la Bibliothèque idéale des philosophes antiques (réunie par Jean-Louis Poirier) pour vous saluer. Il vous suffit, tout au plus, de tendre votre main en retour et de vous mettre à lire ce que bon vous semblera. Quoiqu'il arrive, Aristote célébrera votre intelligence humaine, capable de diversifier ses usages. Outil polyvalent, votre main tisse le particulier et l'universel, entrelace la théorie et l'expérience.  Semblable à un brin de coriandre, elle donne aussi la Partie pour le Tout chez Philon d'Alexandrie : les thérapeutes font de bons semeurs. Nous voici bien gâtés par la Nature ! Médecin-philosophe, Galien complète la pratique manuelle de la médecine par l'activité plurielle de l'écriture et de la lecture. Ample et paisible est la gestuelle du savoir. Mais pour propager la connaissance du vivant, chacun doit comprendre tous. Un des Devoirs les plus chers à Cicéron réside dans la mise en commun des usages et des profits sans quoi aucune société ne pourrait se maintenir : « et il en résulta que la vie fut mieux protégée, qu’en donnant et recevant, en échangeant des moyens d’existence et des avantages, on ne manqua de rien. » (Cicéron, Des devoirs, livre III) Le progrès de l'homme tient moins dans le creux de sa main que dans sa paume ouverte. Prenons-en grand soin. 

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Ressources utiles #11 : Faire preuve d'endurance

Ressources utiles #11 : Faire preuve d'endurance

Vendredi 17 avril

Chères lectrices, chers lecteurs,

L'évasion que nous vous proposons aujourd'hui relève davantage d'une expédition. Le froid, la faim et la fatigue y guette farouchement les plus intrépides. Êtes-vous plutôt mer ou montagne ? Faisons d'abord un tour en mer, sur la proue d'Argô, qui fend l'écume violette en quête de la toison d'or. Jason et son équipage de héros aussi fameux qu'Hercule, redoutent moins les tempêtes que les accalmies. Quand l'eau dort, l'esprit échoue. Quand l'eau gèle, en revanche, l'entraide devient salutaire. Piégé par la banquise, le navire du capitaine Shackleton, Endurance, abandonne ses hommes à un désert de glaces. La véritable Odyssée commence alors, celle du retour chez soi, guidé par une solidarité sans faille. Pour les Soldats de l'Everest, l'exploit de l'ascension se mesure aussi à celui de la descente, sains et saufs. La quête des cimes aveuglent les regards en arrière. Renoncer face au sommet demande de s'extraire de l'avant, de l'avenir. Les explorateurs endurent dans le temps long : celui des privations, des renoncements et des chemins imprévus.  En ces temps de quarantaine, dont Michel Casevitz nous rappelle l'étymologie, demeurons à bon port et contemplons ce qui vient avec nostalgie. Mais laissons Andrea Marcolongo vous conter l'éternel retour d'Ulysse, en compagnie de Sylvain Tesson. 

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Ressources utiles #12 : Un supplément d'âme

Ressources utiles #12 : Un supplément d'âme

Lundi 20 avril

Chères lectrices, chers lecteurs,

S'il paraît suranné, ou volontiers moralisant, le mot « âme » nous entraîne plus loin que l'esprit, de manière diffuse, éclatante, mystérieuse aussi. Dans les dialogues platoniciens, l'âme met en mouvement l'univers. Reste à savoir si elle suit une trajectoire ailée ou si elle se laisse emporter dans des ruades trompeuses ; l'âme, pour peu qu'elle ne soit pas automotrice, nécessite un conducteur de char expérimenté. Ou, un stratège, dirons-nous, qui sait conduire le destin d'une Cité en temps de guerre et d'épidémie. Le Périclès de Thucydide, dans son discours aux Athéniens, calme par ses paroles les frayeurs individuelles. La préservation de l'intérêt commun marque la plus grande des résistances face à l'ennemi : « Je pense en effet, quant à moi, qu’un État sert mieux l’intérêt des particuliers en étant d’aplomb dans son ensemble, que prospère en chacun de ses citoyens individuellement, mais chancelant collectivement. » Mais que faire lorsque l'âme a rendu les armes ? Sur les campus des universités américaines des années 1960, le professeur Allan Bloom bâtit en songe une nouvelle République platonicienne, un « îlot de liberté intellectuelle où tous les points de vue seraient examinés sans restriction aucune ». Son essai, L'Âme désarmée, rencontre un succès saisissant dans un pays aimé, où il craignait de voir s'émietter tout ce qui façonne selon lui la profondeur de l'âme : la connaissance de soi, nourrie par les humanités classiques. 18 ans plus tard, à Harvard, Alexandre Soljénistyne prononce un discours visionnaire intitulé Le Déclin du courage. Ce courage, qui peut se traduire comme une force d'âme, nous pousse à quitter la « vie en créatures plus hautes que nous n’y étions entrés », peu importe les circonstances et le lieu de notre naissance. 

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Ressources utiles #13 : Métamorphoses et histoires du vivant

Ressources utiles #13 : Métamorphoses et histoires du vivant

Mercredi 22 avril

Chères lectrices, chers lecteurs,

« Je me propose de dire les métamorphoses des corps en des corps nouveaux » : au chaos unique de la nature, succède sa transformation en une matière vivante et diverse. D'informe et grossière, la terre se peuple « des figures d’hommes jusqu’alors inconnues. » (Ovide, prologue aux Métamorphoses) Un premier cycle commence. La nature y exulte dans une continuité mouvante, animale, végétale et minérale. L'âge d'or ceint les hommes de couronnes de fleurs. Bienheureux les descendants des arbres, chez Virgile, qui bâtissent leurs coutumes sur des offrandes anciennes. Le mépris des richesses leur laisse goûter, à l'instar de Tibulle, les douceurs de la campagne, cette compagne à la blonde chevelure que chaque été moissonne. Pourtant, l'idylle de l'homme et de la nature nourricière, à l'abondance perpétuelle, s'épuise sous la plume de Pline l'Ancien. Attiré par de faux besoins, l'homme ne se contente plus d'y chercher sa subsistance. La porosité de la nature, sa mobilité extrême, sont captées par un seul être, né nu et chétif. Le cycle est rompu. Pour que l'homme cesse de dominer son milieu, Jean-Philippe Pierron, spécialiste du soin, en appelle à une fraternité commune entre humains et non-humains. À la reconnaissance, aussi, d'une vulnérabilité partagée avec la nature. Pour cela, nul besoin d'un exode urbain. La ville peut devenir ce « monde flottant », où se conjuguent de nouvelles manières d'être vivant. Le philosophe Emanuele Coccia, évoque quant à lui un « monde de couloirs », qui reconnaîtrait à la nature ses interférences, aussi microscopiques soient-elles. 

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Ressources utiles #14 : Le soleil des eaux : rêveries bucoliques

Ressources utiles #14 : Le soleil des eaux : rêveries bucoliques

Vendredi 24 avril

Chères lectrices, chers lecteurs,

Les boucles des pâtres, l'ombre des pins ; le creux d'une source. Un lieu où le temps s'arrondit comme une bulle, se dit bucolique. C'est ici que nous vous emmenons, pour boucler des jours qui finissent par se ressembler. Dans ces conversations et ces vers, on croise toujours du soleil et des rivières. Quelques arbres aussi, où reposer sa tête. Des buissons de mûres, des éclats de violettes enfin, qui tachent de rouge les lèvres et colorent les joues. Théocrite et plus tard Virgile, imaginent un bonheur d'une apparente naïveté ; l'eau gronde pourtant comme un orage et emporte les amours déçues de Daphnis.  Les ronces fleurissent, l'eau bouillonne. Le cadre enchanteur,  où s'entrelacent des mythes, a l'éloquence du sensible, sa brutalité aussi. Michel Gravil ne rêve d'aucun décor lorsqu'il chante ses premiers cahiers d'herbe et les arrachements du vent. Son recueil de poèmes, Écrire l'eau le vent le ciel, descend le même ruisseau, à la couleur étrangement pourpre. Dans le soleil écrasant comme dans la brume, Pierre Guyotat trempe son encre. La bulle éclate pour former une seule voûte immense où inventer un langage et où défier le dehors. Que ces rêveries bucoliques soient pour vous l'occasion d'une profusion de dialogues, de rêveries et de pièces à vivre. 

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Ressources utiles #15 : Et si ? Sciences et merveilles

Ressources utiles #15 : Et si ? Sciences et merveilles

Lundi 27 avril

Chères lectrices, chers lecteurs,

Et si ?  Si nous n'avions pas placé l'homme au centre de l'univers ?  L'humanisme ne représente qu'une croyance et même une superstition parmi d'autres pour le philosophe anglais contemporain John Gray. Avis à tous les prédicateurs : le monde n'a pas besoin d'être sauvé par les hommes. Notre science seule n'y suffirait pas, elle se heurte trop à la vie : « Hors de la science, le progrès n’est qu’un mythe. » Croire en un monde meilleur ne nous met pas à l'abri de le détruire. Croire en un monde plus beau ne nous permet pas non plus de mieux le comprendre. La jeune physicienne allemande Sabine Hossenfelder consacre un livre entier à l'égarement esthétique qui frappe les plus grands scientifiques. Qu'il est doux d'imaginer, au cœur du chaos et de l'inconnu, des modèles si gracieux qu'ils en oublient la pesanteur. Pour tous les apprentis physiciens que nous sommes, il est toutefois permis de se laisser aller à l'émerveillement, premier pas du philosophe, sans causer de dommages. La carte de Caspar Henderson disperse les querelles entre positivistes et sceptiques. Les frontières du monde réel naviguent joyeusement entre le cœur, le cerveau, l'infiniment petit et l'infiniment grand. Et si nous revenions à l'enfance, quand, troublé par des apparitions aux autres invisibles, nous bâtissions sur notre ignorance le règne quotidien de la curiosité. Si nous en restions pour cette fois à un Si, avec le poème de Rudyard Kipling 

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Ressources utiles #16 : Pour une santé magique

Ressources utiles #16 : Pour une santé magique

Mercredi 29 avril

Chères lectrices, chers lecteurs,

Vous pénétrez dans des arcanes fascinants, où les bains de lune et les onguents mentholés côtoient d'étranges secours animaliers. La médecine et la magie y rivalisent par leur savantes décoctions. Bien que le charlatanisme compte parmi les fléaux de son temps, Pline l'Ancien avoue se ranger à l'avis des mages pour soigner certaines fièvres contre lesquelles tous les remèdes  se révèlent impuissants. Il vous conseille, par exemple, de porter en amulette la poussière dans laquelle un épervier s’est roulé. Et si cela ne suffit pas à faire baisser votre température, il vous reste les pinces sacrées de scarabées ou la cendre des yeux de hiboux. Rappelez-vous que le plus important - c'est ici que la magie opère - reste de stimuler vos sympathies. Pour guérir, il importe de maîtriser « la paix et la guerre naturelles, les haines et les amitiés de choses sourdes et insensibles, faites toutes pour l’homme ».  Si vous êtes d'humeur plus astrale, Jacques Lefèvre d'Étaples se fera un plaisir de vous initier à l'influence des planètes. Aux vertus bienfaisantes de Jupiter et de Vénus s’opposent ainsi les ravages provoqués par Saturne, Mars ou la Lune. Nul doute qu'après ces lectures vous choisirez avec prudence les sachets de votre future tisane et n'épicerez pas d'une main trop légère vos plats. Pour vous guider dans vos rituels quotidiens, nous vous dévoilons les propriétés ancestrales de quelques plantes amies, à cueillir au printemps : l'asphodèle, l'ail et le basilic. Tous ces remèdes sont à agrémenter, d'après le directeur de notre Bibliothèque secrète Jean-Marc Mandosio, par quelques incantations de rock. 

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Ressources utiles #17 : Nos contes à rêver debout

Ressources utiles #17 : Nos contes à rêver debout

Vendredi 1er mai

Chères lectrices, chers lecteurs,

Il était une fois Shakespeare descendu des planches et installé dans le confort du chez-soi, le confort d'outre-Manche. Fin joueur, il s'est dédoublé en un frère et une sœur : Mary et Charles Lamb.  Il était une fois un comte russe, plus proche de ses paysans que de la Cour. Tolstoï enseigne aux enfants comme un roi dans ses labours, la chemise et l'esprit sans atours. Il était une fois un frémissement sur l'onde, une ride au classicisme. La risée des fameux Contes d'Ise fait rimer sans soucis les chrysanthèmes et les sushis. Il était une fois les Contes du Nord, à la chaleur d'âtre et à la faim de lumière. Il était une fois Andersen, qui se raconte lui, sans sirènes ni symphonies. Il était une fois Beethoven, qui a 250 ans de vie. 

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Ressources utiles #18 : Rhétorique à domicile

Ressources utiles #18 : Rhétorique à domicile

Lundi 4 mai

Chères lectrices, chers lecteurs,

L’orateur s’avance, dans un brouhaha impatient. Il couvre son auditoire d’un regard déjà expressif et fait entendre à tous, ici rassemblés pour lui, une parole nette et pleine de charme. L’enchantement opère. Il opère les âmes, leur tire des larmes et des rires, provoque l’effroi et la compassion, sème l’indignation et le respect. Imaginons à présent cette scène dans un autre décor. Entre nos quatre murs, dressons une tribune. Grâce à la parole de Jacqueline de Romilly, prêtons voix à Gorgias et au logos aussi puissant que les drogues hippocratiques. Si fermement condamné par Platon, le sophiste approfondit la rhétorique comme une technique et prône l'introduction du style poétique dans la prose. À sa suite, et celle d'Isocrate, exerçons-nous à une gymnastique intellectuelle, dont Pierre Chiron révèle toutes les heureuses subtilités. Son manuel de rhétorique propose 14 exercices aux citoyens d'aujourd'hui. Quand la nuit tombe et que nos efforts ont gracieusement courbaturé nos esprits, discutons enfin. À l’ombre d’une petite place corse, en compagnie de Jacques Trémolet de Villers et Cicéron, une table nous attend. 

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Ressources utiles #19 : Souci de soi, soin de l'autre

Ressources utiles #19 : Souci de soi, soin de l'autre

Mercredi 6 mai

Chères lectrices, chers lecteurs,

À la fin des messages que nous nous envoyons ces derniers temps, se glisse souvent une recommandation : « Prends soin de toi. » Parfois y embrasse-t-on la mention des proches, des êtres aimés. Prenons donc à bras le corps ce qui se figure dans le soin. Pour commencer, déchiffrons, à la suite de Platon et de ses disciples tardifs, le souci et la connaissance de soi-même. Dans une lettre adressée à sa femme Marcella, le philosophe Porphyre ne s'arrête pas aux conseils d'usage ; le soin du ménage lui importe peu. La seule demeure qu'il lui demande d'entretenir avec rigueur et application est intérieure. Les nécessités de l'âme, bien plus exigeantes que celles du corps, doivent attirer toute son attention et, surtout, se suffire. De ce temple du sage, Agostino Nifo vante la solitude renaissante. Il se soucie de l'aménager pour chaque homme, y compris ceux qui ne se sentiraient pas d'humeur aussi divine que Platon, ou pour qui la vie retirée à la campagne ne conviendrait pas. Le penseur solitaire peut aussi être un bon citoyen : quand on a appris à s'aimer comme un ami, il y a fort à parier que l'on sait aimer les autres. Du soin à l'amour, dans le sens de philia, le médecin et professeur Gérard Reach tisse une nouvelle relation entre le médecin et le patient, ou plutôt l'agent. L'accueil d'un malade engage une hospitalité, qui fait de l'étranger l'ami à venir. L'hôpital naît ainsi dans l'Antiquité tardive d'un entrelacement de valeurs spirituelles qui font rimer soin et charité, comme le retrace l'historien Vivian Nutton. C'est qu'il abrite, dans la Cité, une parole autour de la dignité, de l'altérité et de la responsabilité, que le philosophe Emmanuel Hirsch fait fidèlement résonner. 

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Ressources utiles #20 : Démasquer le rire

Ressources utiles #20 : Démasquer le rire

Vendredi 8 mai

Chères lectrices, chers lecteurs,

Alors que nos livres s'affairent pour être expédiés dès ce lundi 11 mai chez vous, cette lettre vient clore la série des « ressources utiles  », que nous avons pris un grand plaisir à partager avec vous. Sans gloser sur l'étendue du mot utile, qui nous emmènerait bien plus loin que notre chez-nous, un fonds accueillant mais non-exhaustif, nous espérons que ces lectures vous ont plu et donné à penser. Et vous avouons avoir pris goût à nos rendez-vous hebdomadaires. Ces brefs aperçus nous ont permis de revisiter notre intérieur,  de ventiler nos ouvrages sans prêter attention à leur âge. Il y a encore matière à de nombreuses explorations, que nous aimerions poursuivre avec vous. Une fois par semaine, jusqu'à la fin de l'été, nous entamerons notre catalogue par des morceaux thématiques, non nécessairement actuels ou nouveaux, au sens de fraîchement parus. Mais avant d'en dévoiler plus qu'il n'en faudrait, place au rire, chez PlauteLucienShakespeare et toute une compagnie bien vivante, bien tumultueuse aussi. Peut-on encore Rire avec les Anciens ? Certainement, avec l'aide de traductrices talentueuses : Florence Dupont, pour Plaute, Anne-Marie Ozanam pour Lucien et Cécile Ladjali pour Shakespeare. Audacieuses tout en restant fidèles, leurs traductions nous rendent le sel du rire, jamais très loin des larmes. Et mettent bas les masques. 

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