La Liberté au risque de la santé publique
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La Liberté au risque de la santé publique

Présentation

Manger cinq fruits et légumes par jour, surveiller son poids, ne pas fumer, faire de l'exercice physique, ne pas abuser de l’alcool, contrôler sa sexualité pour éviter le Sida et autres maladies sexuellement transmissibles, prendre garde aux addictions, lutter contre le cancer, le diabète, les accidents de la route : telles sont quelques-unes des injonctions qui envahissent au quotidien nos vies privées.

La définition des conduites à risques est aujourd’hui configurée par les experts de la santé publique à partir d’une rhétorique du contrôle et du gouvernement des corps.

Le citoyen, le patient, voit son espace de vie, même le plus intime, largement codifié ou normé par ces diverses incantations de la politique de prévention au moment même où la loi (texte du 4 mars 2002 sur la « démocratie sanitaire ») veut faire du citoyen un acteur autonome, responsable, capable de bien gérer son « capital santé » (homo medicus), le tout dans le contexte culturel d’une modernité où s’ancrent la recherche de la santé parfaite et la culture du corps.

L’ambition de cet essai est de proposer une réflexion sur le débat qui se développe à cet égard en santé publique à la lumière des sciences sociales.

Nicolas Tanti-Hardouin, Professeur d’Économie de la santé, enseigne les sciences sociales de la santé et la santé publique au Laboratoire de Santé Publique de la Faculté de Médecine de Marseille (Aix-Marseille Université).

Biographies Contributeurs

Nicolas TANTI-HARDOUIN

Nicolas Tanti-Hardouin, Professeur d'Economie de la santé, enseigne les sciences sociales de la santé et la santé publique au Laboratoire de Santé Publique de la Faculté de Médecine de Marseille (Aix-Marseille Université).

Table des matières

Introduction          

Chapitre I : Du gouvernement des corps à la surmédicalisation de la vie sociale    
A  - Du bio-pouvoir au gouvernement des corps revisité 
B – La médicalisation de l'existence   
C  - La surmédicalisation de la vie sociale

Chapitre II : La santé publique comme nouvelle moralité  
A – Un regard critique à reconsidérer 
B – Un premier amendement : une version anthropologique de la santé publique comme valeur culturelle 
C – La table de la loi 
D – Que penser du risque ?

Chapitre III : De l'insoutenable légèreté des approches de la Santé Publique 
A - L'approche économique de la santé publique : l'ignorance des coûts des crises sanitaires    
B – La face cachée de la santé publique : l'enracinement social des comportements sanitaires  
1) L'enracinement de la mortalité routière   
2) Le tabagisme se concentre de plus en plus dans les milieux défavorisés    
3) Positions sociales, corps, style de vie, alimentation et obésité     


Conclusion : Repenser la prévention en santé publique en dépassant le modèle de l'agent rationnel 

Bibliographie

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