Vie de Charlemagne
  • CXIV + 232 pages
  • Index
  • Livre broché
  • 12.5 x 19.2 cm
  • Français, Latin
  • Classiques de l'histoire au Moyen Âge
  • N° dans la collection : 53
  • Parution :
  • Première publication : 2014
  • CLIL : 3386
  • EAN13 : 9782251343044
  • Code distributeur : 47774
  • Export ONIX 3.0

Vie de Charlemagne

Texte établi et traduit par : Michel SOT, Christiane VEYRARD-COSME

"Cette nouvelle traduction, dans une langue très claire, permettra toutefois à chacun de se faire sa propre opinion à l'aide des connaissance les plus récentes."

(L'Histoire)

"Il y a là une mine d'informations précieuses, fort instructives et que devraient lire tous les Européens que nous sommes."

(Études)

Présentation

La Vie de Charlemagne, écrite au IXe siècle par Eginhard (770-840), familier du grand empereur et de son fils Louis le Pieux, est le texte le plus célèbre du Moyen Age latin. Au moment où l'on célèbre le douzième centenaire de la mort du premier souverain européen (814), ce texte fondateur doit être remis à la disposition des lecteurs.

La précédente édition et traduction, donnée par Louis Halphen en 1923, inaugura la collection "Les Classiques de l'histoire de France au Moyen Age" devenue "Les Classiques de l'histoire du Moyen Age" dans laquelle ce volume prend place, un siècle après. Il a été préparé sur la base du texte latin établi par Halphen par une équipe de jeunes chercheurs sous la direction de Michel Sot (historien) et Christiane Veyrard-Cosme (latiniste). Ensemble, ils proposent une traduction française entièrement nouvelle, précédée d'une introduction et accompagnée de notes substantielles reposant sur les derniers acquis de la recherche. Cet ouvrage propose une double approche de formule inédite, associant démarche historique et analyse littéraire.

Riche d'anecdotes piquantes, de descriptions ethnographiques, de notations épiques, ce texte est la source essentielle pour l'histoire de Charlemagne et l'interprétation de son règne. On y voit la dépréciation des Mérovingiens en rois fainéants, et la construction de l'image du grand conquérant, rénovateur de l'Eglise, de l'école et de la culture, couronné empereur par le pape en 800. Mais ce récit est aussi l'œuvre d'un auteur : Eginhard écrit après les faits et son ouvrage est tissé des préoccupations politiques des successeurs de Charlemagne. C'est aussi l'œuvre d'un savant, acteur de la Renaissance carolingienne, pétri de culture classique mise au service de la politique et de l'art littéraire.

Les éditeurs scientifiques

Michel Sot, Professeur émérite d'histoire du Moyen Age à l'université Paris-Sorbonne, spécialiste de l'historiographie du haut Moyen Age, a notamment dirigé dans la même collection l'édition et traduction des Gestes des évêques d'Auxerre.

Christiane Veyrard-Cosme, Professeur en langue et littérature latines à l'Université Sorbonne-Nouvelle, directrice du Centre d'Etudes sur l'Antiquité Rémanente (EA 173), spécialiste de littérature médiolatine hagiographique et épistolaire. Elle a récemment publié Tacitus Nuntius. Recherches sur l'écriture des Lettres d'Alcuin (730 ? - 804) dans la collection Moyen Age et Temps Modernes des Etudes augustiniennes.

Médias

Charlemagne et la Renaissance carolingienne
France Inter

Presse

Ce texte majeur de l'historiographie médiévale, qui fut aussi un véritable best-seller, fait l'objet d'une nouvelle traduction...
Le Monde des Livres - 24/01/2014

Une vision nouvelle s'en dégage, celle d'un témoignage portant non seulement sur le règne de Charlemagne mais aussi et tout autant sur celui de son fils Louis le Pieux...
Le Figaro Histoire - 01/02/2014

... un texte qui en dit long sur l'esprit de ce haut Moyen Âge encore si méconnu.
Le Figaro Littéraire - 10/04/2014

Biographies Contributeurs

ÉGINHARD

Eginhard fut d'abord élève dans la prestigieuse abbaye de Fulda, avant d'être envoyé à la cour de Charlemagne, où il suivit l'enseignement d'Alcuin. Remarqué pour ses qualités d'administrateur et de lettré, l'empereur le nomma Directeur des bâtiments royaux, et le chargea de plusieurs missions diplomatiques. A la mort de Charlemagne, Eginhard servit sous l'administration de Louis, et fut chargé de l'éducation du futur empereur Lothaire.

Michel SOT

Michel Sot, Professeur émérite d'histoire du Moyen Age à l'université Paris-Sorbonne, spécialiste de l'historiographie du haut Moyen Age, a notamment dirigé dans la même collection l'édition et traduction des Gestes des évêques d'Auxerre.

Christiane VEYRARD-COSME

Christiane Veyrard-Cosme, Professeur en langue et littérature latines à l'Université Sorbonne-Nouvelle, directrice du Centre d'Etudes sur l'Antiquité Rémanente (EA 173), spécialiste de littérature médiolatine hagiographique et épistolaire. Elle a récemment publié Tacitus Nuntius. Recherches sur l'écriture des Lettres d'Alcuin (730 ? - 804) dans la collection Moyen Age et Temps Modernes des Etudes augustiniennes.

Extraits

1. Au sujet des Mérovingiens qui longtemps exercèrent le pouvoir suprême sur les Francs avec le titre creux de « rois ».
« La famille des Mérovingiens, dans laquelle les Francs avaient l'habitude de désigner leurs rois, passe pour avoir duré jusqu'au roi Childéric qui fut, sur l’ordre du pontife romain Étienne, déposé, tondu et jeté dans un monastère. Bien que l’on puisse considérer qu’elle a connu sa fin avec ce roi, cela faisait déjà longtemps qu’elle ne possédait plus aucune vigueur et qu’elle n’avait rien d’illustre à faire valoir en dehors de ce mot de « roi », vide de sens. Les ressources et la puissance du royaume étaient en effet entre les mains des préfets du palais que l’on appelait maires du palais, dont relevait le pouvoir suprême. Et il ne restait rien au roi, si ce n’est se contenter du seul nom de roi, siéger sur son trône, les cheveux flottants et la barbe longue, faire mine de gouverner, écouter les ambassadeurs venus de tous les pays et, à leur départ, leur donner, comme de son propre chef, les réponses qu’on lui avait fait apprendre et même imposées. Il ne possédait alors, en dehors de ce nom de « roi » dépourvu d’utilité et des subsides précaires que lui accordait à sa discrétion le préfet de la cour, rien d’autre en propre qu’un seul et unique domaine, et encore de faible revenu, dans lequel il avait sa demeure et d’où venaient les serviteurs, en tout petit nombre, qui le servaient pour l’ordinaire et lui témoignaient obéissance. Où qu’il dût se rendre, il allait en chariot que tirait un attelage de boeufs menés à la manière des paysans par un bouvier. C’est ainsi qu’il se rendait au palais ou à l’assemblée publique de son peuple qui se réunissait chaque année pour les besoins du royaume, et c’est ainsi qu’il regagnait sa demeure. Mais l’administration du royaume et tout ce qui devait être fait et décidé, à l’intérieur comme à l’extérieur, relevaient du préfet de la cour. »

« [19.] Il décida de donner à ses enfants, tant à ses fils qu'à ses filles, une éducation à même de les instruire d’abord dans les arts libéraux, qu’il cultivait lui-même. Ensuite, ses fils, dès que leur âge le leur permit, il les fit s’entraîner, selon l’usage des Francs, à l’équitation, au maniement des armes et à la chasse. Quant aux filles, il ordonna qu’elles s’habituent aux ouvrages de laine, qu’elles s’emploient à la quenouille et au fuseau, afin qu’elles ne s’alanguissent pas dans l’oisiveté et qu’elles s’instruisent dans tout ce qu’il y a d’honnête. »

« (chap.18: Les épouses et concubines de Charlemagne) Ensuite, après avoir, à l'incitation de sa mère, pris pour épouse la fille de Didier, roi des Lombards, il la répudia on ne sait pour quel motif, au bout d'un an, et s’unit par mariage à Hildegarde, issue du peuple des Souabes et femme de très haute noblesse. Il eut d’elle trois fils, Charles, Pépin et Louis, et autant de filles, Rotrude, Berthe et Gisèle ; il eut encore trois autres filles, Théodrade, Hiltrude et Rothaïde, deux de Fastrade, son épouse qui appartenait au peuple des Francs orientaux c’est-à-dire des Germains, et l’autre, la troisième, d’une concubine dont le nom m’échappe pour l’instant. Après le décès de Fastrade, il prit pour épouse Liutgarde, une Alamanne, dont il n’eut pas d’enfant. Après la mort de cette dernière, il eut quatre concubines : Madalgarde, qui lui donna une fille nommée Rothilde ; Gerswinthe, issue du peuple saxon, de qui lui naquit une autre fille, Adalthrude ; Régine, qui mit au monde Drogon et Hugues ; et Adalinde, dont lui vint Thierry. Sa mère Bertrade vécut auprès de lui une vieillesse entourée d’honneur. Il lui témoignait en effet un si grand respect que jamais ne s’éleva entre eux la moindre discorde, sauf une fois, lors du divorce de Charles d’avec la fille du roi Didier qu’il avait épousée à l’incitation de sa mère. »

Table des matières

Avant-propos

Introduction

                1. Éginhard en son temps : une révision historiographique

                               1.1. « Louis the Pious reconsidered »

                               1.2. Les œuvres d'Éginhard, historien et hagiographe

                2. La date de la Vie de Charlemagne par Éginhard

                               2.1. Pour une datation haute : 817-821

                               2.2. Pour une datation basse : 828-833

                               2.3. Des datations médianes : au milieu des années 820

                3. Modèles et sources de la Vita Karoli

                               3.1. L'importance de Suétone

                               3.2. … et celle de Cicéron

                               3.3. Les Annales royales et le Livre des évêques de Metz

                4. Annales, histoire et hagiographie

                               4.1. Histoire et annales dans l'Antiquité

                               4.2. Histoire et hagiographie chez Éginhard

                5. Lecture analytique littéraire de la Vita Karoli

                               5.1. Structure d'ouverture : légitimer un nouveau pouvoir dans la tradition ethnographique antique (chap. 1 à 4)

                               5.2. Les res gestae du roi : illustrations des vertus royales à dessein épidictique ou éthico-politique ? Les actions/hauts faits à l'extérieur (chap. 5-15) et à l'intérieur (chap. 16-17)

                               5.3. « Les mœurs de Charles et autres domaines » (chap. 18-29)

                6. Vita et memoria (chap. 30-33)

                               6.1. Écriture et finalité mémorielle

                               6.2. Les Tusculanes de Cicéron et la tonalité monumentale

                               6.3. Le rôle des patres

                7. Critique, préfaces et dédicace

                               7.1. Le premier critique littéraire de la Vita Karoli : Loup de Ferrières

                               7.2. La préface d’Éginhard, un exercice de style cicéronien

                               7.3. Le prologue de Walafrid Strabon et l’enjeu épidictique

                               7.4. La dédicace en vers du bibliothécaire Gerward

                8. Éditions et manuscrits de la Vita Karoli

                               8.1. Éditions, classement des manuscrits, variantes textuelles

                               8.2. Pour une nouvelle édition

                9. Principes de la présente édition et traduction

                               9.1. Le texte de la Vita

                               9.2. Le paratexte : préfaces et dédicace

                               9.3. Les divisions en parties et chapitres

                               9.4. La traduction

Éditions, traductions et bibliographie

Généalogie

Texte latin

                • Vita Karoli imperatoris

                • Einhardi praefatio

                • Versus Gerwardi

                • Walahfridi prologus

Traduction française

                • Vie de l’empereur Charles

                • Préface d’Éginhard

                • Vers de Gerward

                • Préface de Walahfrid Strabon

Index des noms propres  

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