Lee Kuan Yew, Singapour et le renouveau de la Chine
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Lee Kuan Yew, Singapour et le renouveau de la Chine

Présentation

Deng Xiaoping a répété que la Chine devait apprendre de Singapour. Nous l'avons fait, nous le faisons aujourd’hui et nous le ferons demain. »
Par cette déclaration, l’actuel président de la Chine Xi Jinping montre que connaître Singapour, c’est comprendre l’empire du Milieu. L’efficacité exceptionnelle de cette île-État, pays sous-développé il y a 40 ans, désormais placé au premier rang dans tous les domaines – niveau de vie, plein-emploi,
performance du système éducatif, etc. – est principalement l’œuvre du pèrefondateur de la nation singapourienne : Lee Kuan Yew.
À la fois homme d’action et penseur, Lee Kuan Yew a bâti ce succès en mettant en œuvre des principes simples :
• la méritocratie, avec le recrutement des meilleurs ;
• la discipline sociale et une lutte impitoyable contre la corruption ;
• une laïcité souple, avec une gestion spécifique de la communauté musulmane pour éviter les influences extérieures du fondamentalisme.
Lee Kuan Yew est à l’origine de la modernisation du modèle millénaire chinois : il a été le premier à considérer le confucianisme comme un atout plutôt que comme un frein au développement. Et la méritocratie au service de l’excellence étatique s’inscrit dans la tradition mandarinale de l’Empire
du Milieu.
Ce livre est à la fois une biographie et un essai. De chaque étape de la vie du dirigeant se dégage un thème dominant : ses origines chinoises et la dynamique de l’immigré, son entrée en politique et son combat pour un « socialisme qui marche », l’intégration à la Malaisie et la lutte contre le communautarisme, le développement économique et l’impératif de la discipline, la défense de sa culture d’origine et la refondation du confucianisme.

Biographies Contributeurs

Murat LAMA

Diplômé de Sciences Po Paris, Murat Lama a longtemps exercé des postes à responsabilité dans une grande banque d'investissement. Il est intervenu professionnellement en Asie et notamment à Singapour à plusieurs reprises, en particulier dans le cadre de ses fonctions de Directeur d'un programme mondial d’efficacité opérationnelle. Il a managé des équipes internationales et s’est spécialisé dans le domaine de l’efficacité des organisations, notamment pour comprendre le poids de la culture des sociétés sur leur développement. Ses multiples expériences lui permettent de mener des missions de conseil dans des environnements multiculturels.

Table des matières

Préface de Xavier Fontanet 

Introduction : Lee Kuan Yew, Deng Xiaoping et le pragmatisme 
Lee Kuan Yew, une biographie thématique 

1923-1930 : Les origines chinoises et la dynamique de l'immigré 
Singapour, terre d’immigration chinoise née de la rivalité anglo-hollandaise 
L’héliotropisme de la diaspora chinoise 
Lee Kuan Yew, un Chinois anglophone de la diaspora chinoise 
L’immigré valorisé pour son « véritable esprit de compétition »  
La diaspora à l’origine du développement économique de la Chine 

1931-1950 : Les années de formation et la méritocratie 
I. Une double éducation : l’école et l’occupation japonaise 
Un enfant de la méritocratie du système éducatif britannique 
« La plus grande victoire du Japon, la pire défaite de l’Angleterre » 
Le massacre de Singapour et la lutte pour la survie 
Cambridge et le choc culturel de l’Angleterre 
II. La méritocratie au service de l’excellence étatique 
Singapour possède l’un des meilleurs systèmes éducatifs du monde 
La tradition millénaire de la méritocratie chinoise 
La méritocratie au service de l’excellence étatique : un « paradigme antilibéral » 
La méritocratie au coeur de la Chine moderne initiée par Deng Xiaoping

1951-1960 : Le combat anticolonialiste et anticommuniste, et l’invention d’un « socialisme qui marche » 
I. Le combat anticolonialiste et anticommuniste 
Un anticolonialiste respectueux de la légalité 
Le jeune avocat à la découverte du monde des Chinois « chinois » 
Contre les communistes du parti, l’adoption du mode d’élection de l’Église catholique 
Un farouche anticommuniste utilisant le savoir-faire des communistes 
II. L’invention d’un « socialisme qui marche » 
« Une société juste, pas une société d’assistés » : une éthique confucéenne 
L’accession à la propriété, un bon exemple de méthode gouvernementale 
Le système de santé de Singapour, le plus efficace du monde 
D’une pratique syndicale marxiste à une cogestion tripartite 
La justice sociale contribue à la performance de l’économie 

1961-1965 : L’échec de l’intégration avec la Malaisie : communautarisme malaisien et laïcité singapourienne 
I. Le rattachement de Singapour à la Malaisie puis son expulsion. 
Le « Monopoly » postcolonial britannique 
Le parti des Malais « de souche » contre le parti multiracial de Lee Kuan Yew
Pourquoi Lee Kuan Yew voulait-il intégrer une Malaisie communautariste ? 
Les émeutes raciales et religieuses de juillet 1964 
L’exclusion de Singapour ou plutôt de Lee Kuan Yew le 9 août 1965 
II. Depuis 1965, deux pays et deux modèles opposés 
La Malaisie communautariste du « Lee Kuan Yew » musulman : Mahathir 
Singapour depuis 1965 : un modèle de laïcité souple 
À Singapour, une politique musulmane de protection contre l’islam wahhabite  
Pourquoi les inégalités entre les races selon Lee Kuan Yew et Mahathir ? 
La valorisation par Lee Kuan Yew du modèle juif  
« Je ne suis pas aussi intelligent qu’un Israélien » 
Un conseil de Lee Kuan Yew à la Chine multiraciale 

1965-1977 : Un nouveau modèle de développement et l’impératif de la discipline 
Singapour : un pays « en voie de développement » 
L’essai infructueux de la voie latino-américaine de développement 
Pour se développer, faire le contraire de tous les autres pays du tiers-monde  
« La corruption est le principal obstacle au développement » 
Un État fort, stratège et maître de sa souveraineté nationale
L’invention d’un nouvel avantage économique : l’excellence compétitive 
La réussite économique appelle le succès politique 
L’impératif de la société disciplinaire 
La discipline, condition du développement économique : l’exemple de l’Europe  
La discipline au service d’une écologie pionnière 
Pour la discipline sociale, une justice très sévère et efficace  
Pourquoi la Chine a adopté le modèle de développement singapourien et non japonais ? 

1978-1990 : Le combat pour sa culture d’origine et la refondation du confucianisme 
Ne pas perdre son être dans l’avoir 
Une inquiétude devant l’évolution des moeurs de l’Occident 
Les valeurs morales essentielles à l’efficacité d’une société 
Le confucianisme tenu pour responsable du retard du monde chinois 
La révolution copernicienne de Lee Kuan Yew  
L’échec du kémalisme ou « Pas d’été pour le printemps arabe » 
Le rôle du confucianisme dans l’histoire de la Chine 
Le néoconfucianisme singapourien 
Le combat contre la « Coca-colonisation » 
La lutte contre l’ingérence des Églises chrétiennes dans la sphère politique 
La quête du sens dans le religieux en Asie de l’Est 
Qu’est-ce que l’identité nationale ? 

1991-2015 : De l’école de Singapour au « consensus de Pékin » : la démocratie à parti dominant
De l’école de Singapour au « consensus de Pékin » 
Savoir préparer et réussir sa succession  
« L’hypothèse Lee » : le dialogue avec Amartya Sen, Kim Dae Jung et Fareed Zakaria
Lee Kuan Yew seul contre « le triomphe de l’idée occidentale »  
Lee Kuan Yew et l’auteur du Choc des civilisations 
Les tensions entre Singapour et le président américain Bill Clinton 
De la liberté de la presse anglo-saxonne de… censurer 
Pourquoi Lee Kuan Yew n’est pas convaincu par la démocratie libérale ?  
De Gaulle inspirateur de Lee Kuan Yew : contre le « régime des partis » 
Dubaï, le « Singapour arabe » : la femme est l’avenir du monde arabe 
La démocratie vue de Chine, à travers le prisme de Victor Hugo 
Le « consensus de Pékin » : la démocratie disciplinée à parti unique  
La formation du président chinois Xi Jinping par « l’aîné qui a notre respect » 
Le sage confucéen parfois plus écouté à l’étranger qu’à Singapour 

Conclusion : les lumières franco-chinoises de Voltaire 
« L’argument par la Chine »
Les lumières franco-chinoises de Voltaire 
La tradition commune en France et en Chine d’un État centralisé et producteur 

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