La Parole et le marbre
La Parole et le marbre

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  • 268 pages
  • Index, Bibliographie
  • Livre broché
  • 16.3 x 23.1 cm
  • Les Belles Lettres / essais
  • N° dans la collection : 34
  • Parution :
  • CLIL : 4031
  • EAN13 : 9782251451275
  • Code distributeur : 66495
  • Export ONIX 3.0

La Parole et le marbre

Aux origines de la poétique grecque

Présentation

Un professeur de l’École Pratique des Hautes Études, ayant accès aux rayons de la Bibliothèque de la Sorbonne, garde ce souvenir datant des années 1980 : « L’un des murs de l’étage des thèses était couvert d’un rayonnage rempli de livres reliés en bleu azur. C’étaient les thèses de l’Université de Lund. Cette surface d’un bleu azur parfait était troublée, toutefois, par un volume devenu noir et littéralement hirsute à force d’avoir été manipulé : c’était un volume que je connaissais bien, La parole et le marbre. »
Rédigée en français, la thèse de doctorat que Jesper Svenbro a soutenue en avril 1976 à l’Université de Lund (Suède) a connu une diffusion certaine grâce aux pratiques d’échange entre universités. Épuisée depuis longtemps, elle renaît maintenant de ses cendres.
De quoi s’agit-il ? Svenbro se propose d’y dresser la généalogie du poète ou, plus précisément, de répondre à la question de savoir pourquoi les Grecs ont choisi le terme poiētēs pour désigner l’auteur de chants ou de « poèmes », étant donné que ce terme signifie normalement « producteur, artisan ». Comme si les poètes grecs anticipaient la formule de Walter Benjamin, « der Autor als Produzent ».
Pour mener son entreprise à bien, Svenbro procède à une enquête sur la façon dont les Grecs se sont représentés l’origine du chant ou du poème, d’abord chez Homère, où l’aède ne se considère pas comme l’auteur de son chant, qui lui vient d’une divinité. Pour le poète choral — qu’il s’appelle Simonide ou Pindare —, composant ses odes sur commande et exigeant une rémunération en récompense, il devient en revanche urgent de se poser comme leur auteur au sens juridique du terme afin de pouvoir figurer comme partie du contrat établi entre commanditaire et poète.
C’est dans cette perspective que Svenbro nous invite à comprendre les métaphores artisanales de la poésie chorale comme les traces d’une situation où le poète devient l’artisan de ses compositions et, en tant que tel, digne d’une rémunération. La poésie, langage désormais savamment travaillé, n’est pas une effusion spontanée mais un objet fabriqué, une architecture, un monument — à l’instar du Trésor des Athéniens à Delphes.

Biographies Contributeurs

Jesper Svenbro

Jesper Svenbro, membre de l’Académie suédoise, poète, historien et philologue, est notamment l’auteur de Phrasikleia : anthropologie de la lecture en Grèce ancienne (1988) et Le Métier de Zeus. Mythe du tissage et du tissu dans le monde gréco-romain (en collaboration avec John Scheid) en 1994.

Table des matières

Préface
Préface à la nouvelle édition
Introduction

I. LA PAROLE DE LA MUSE
I. 1. Homère ou la Muse prolifique
I.2. Hésiode : la vérité comme relation sociale

II. LA MISE « ES MÉSON » D’HOMÈRE
II.1. Xénophane : la critique des mythes
II.2. Théagène : poétique de la Théomachie

III. LES ARTISANS DE LA PAROLE
III.1. La Poétique de Simonide
III.2. Pindare et le « faire » poétique

Appendices
Épilogue
Bibliographie
Index

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