José-Maria de Heredia
Né à Cuba le 22 novembre 1842, Heredia embarque pour la France dès sa neuvième année. Il s’y installe définitivement en 1861 et participe à la vie littéraire de son temps. Il entre à l’École des Chartes en 1862 où il acquiert une solide formation historique et développe son goût de l’érudition. Entre-temps Leconte de Lisle lui est devenu une figure tutélaire, dont il avait acquis les œuvres lorsqu’il était encore à Cuba. Il publie ses premiers poèmes en 1863 puis rejoint le mouvement du Parnasse dès la naissance de celui-ci. Il y rencontre Verlaine, à qui le lie une belle amitié, que n’entamera point la rupture de Verlaine et des Parnassiens. Il fréquente également Charles Cros et Flaubert. Ennemi du tapage et de santé fragile, Heredia est un homme réservé : il se garde pour le travail, qu’il pratique de manière aussi méthodique qu’acharnée. Il publie peu, confidentiellement, et seulement dans quelques revues. Il fait paraître Les Trophées à la fin de l’année 1893, à cinquante ans passés, et juste après avoir obtenu la nationalité française. Ouvrage d’un auteur aussi célèbre qu’inconnu, aussi pudique que légendaire, Les Trophées sont un triomphe, et l’auteur est élu à l’Académie française quelques semaines après la parution. La veuve de Leconte de Lisle fit don de l’habit d’académicien de son époux afin que le nouvel élu pût s’en vêtir. Nommé à la Bibliothèque de l’Arsenal, il meurt en 1905.

