Essai sur le système philosophique des stoïciens
  • 390 pages
  • Livre relié
  • 17 x 23 cm
  • Encre Marine
  • Parution :
  • CLIL : 3126
  • EAN13 : 9782909422589
  • Code distributeur : 33749
  • Export ONIX 3.0

Essai sur le système philosophique des stoïciens

Préface de : Jean-Baptiste GOURINAT

Présentation

On trouvera présentées dans ce livre les trois parties de la philosophie stoïcienne: logique, éthique et physique, de ses débuts au IIIe siècle avant Jésus-Christ jusqu'à Marc Aurèle, mort en 180 de notre ère. La présentation d'Ogereau est à la fois claire et très précise, accessible au lecteur d’aujourd’hui.
La réédition de ce livre classique est accompagnée de la traduction des textes grecs et latins cités, d’une préface inédite, ainsi que d’une étude (due à G. Romeyer-Dherbey) sur la conception stoïcienne de la nature.

Presse

Les Éditions Encre Marine ont entrepris, grâce au travail de Jean-Baptiste Gourinat, la réédition de certains grands textes critiques en philosophie antique, issus de la tradition universitaire française de la fin du XIXe siècle. Le livre de F. Ogereau est de ceux-là, et vient démentir en grande partie l'idée selon laquelle les productions de cette époque de la recherche seraient irrémédiablement dépassées. Une préface de Gilbert Romeyer Dherbey se charge d'ailleurs de réintroduire dans un paysage contemporain les thèmes évoqués par l'auteur.Le livre de F. Ogereau depuis 1885 n'a rien perdu de son aspect magistral ; le lecteur reste séduit par l'érudition et le sens de la synthèse qui se manifestent à chaque page ; On voit rarement, dans le domaine parfois ardu qu'est la philosophie antique, l'esprit de géométrie à ce point lié à l'esprit de finesse.La stratégie générale de l'ouvrage se fonde sur une hypothèse de lecture audacieuse, qui veut que le stoïcisme, qui propose un modèle du sage à ses adeptes, se comprenne lui-même historiquement comme une tentative de traduction philosophique des grandes figures qui ont marqué sa fondation ; le lecteur est ainsi transporté de l'unicité lumineuse d'archétypes comme Zénon, Cléanthe et Chrysippe, à leur développement discursif. Cette méthode d'exposition s'élabore selon une vision tout à fait particulière de l'histoire de la philosophie antique, présentée à la page 45 :« Une doctrine nouvelle ne se développe pas sur le tronc des anciennes comme par une sorte de parasitisme spontané ; elle sort de l'intelligence du fondateur, elle a sa cause immédiate dans l'état intellectuel de ce même fondateur, au moment où ses convictions se fixent. »L'ouvrage suit à partir de là un plan rigoureux, développant les méandres du système stoïcien selon une forme elle-même systématique. « Nous voulons exposer dans leur succession logique, dans leur enchaînement progressif, toute la suite des principes, des raisonnements et des conclusions qui constituent le système philosophique des stoïciens ; l'ordre de l'exposition doit donc reproduire l'ordre des choses elles-mêmes, et, ce qui est premier en soi doit être étudié tout d'abord » (p. 76). À cet égard, les transitions entre chaque chapitre sont remarquables de souplesse et de précision. Nous passons ainsi d'une appréhension générale des fondements de la doctrine, à partir d'une étude de la dichotomie principielle entre science des choses divines et science des choses humaines, à un exposé précis de la physique, physique générale puis physique particulière, telle qu'elle s'applique dans cet animal médiant qu'est l'homme, « terme moyen où se rencontrent et s'unissent le ciel et la terre » (p. 123). L'homme, être de logos, nous conduit ensuite naturellement sur les terres de la dialectique ; puis, à partir d'une nouvelle dichotomie qui distingue deux usages possibles de la raison, l'usage logique et l'usage moral, l'exposition de la doctrine s'achève sur un tableau complet de l'éthique stoïcienne. L'ouvrage se clôt sur une récapitulation historique concernant les derniers avatars du stoïcisme. L'ensemble est abondamment jalonné de citations, témoignages d'une méthode de lecture invitant à une vision directe des textes, sans l'appareil des références secondaires ou critiques. Signalons à ce propos le travail remarquable de traduction et, dans de rares cas, de correction des citations effectué par Jean-Baptiste Gourinat. Finalement, c'est un itinéraire très complet au sein du stoïcisme qu'Ogereau nous propose de parcourir ; itinéraire qui se montre à la fois soucieux des détails les plus singuliers comme des grandes thèses qui structurent la totalité du système – Ogereau s'attarde beaucoup en particulier sur l'idée stoïcienne d'une matière définie par ses qualités, idée dont il fait ressortir à la fois la cohérence avec l'ensemble, puisqu'elle permet de sauvegarder le matérialisme stoïcien sans en exclure une dynamique interne fondée sur une différenciation des intensités, et la profonde originalité.Nous émettrons tout de même quelques réserves quant à certaines analyses qui nous semblent plus datées que d'autres, et qui nous incitent à une certaine vigilance dans la réception des interprétations d'Ogereau. Jean-Baptiste Gourinat lui-même souligne certaines faiblesses dans l'exposé concernant la dialectique. Selon lui, c'est le seul cas où Ogereau fasse preuve de préjugés qui ont nui à la qualité de son analyse » (p. 22). Nous relèverons pour notre part une tendance générale à considérer le stoïcisme comme un platonisme incomplet. Ce trait est particulièrement sensible dans les passages qui font état du matérialisme des stoïciens. On lit ainsi, à propos de la doctrine du mélange total :« Cette théorie, dont la grandeur dissimule un peu l'étrangeté, est la complète négation de l'impénétrabilité de la matière. Kant parle de métaphysiciens qui subtilisent la matière jusqu'à en avoir le vertige et finissent par s'imaginer qu'ils ont trouvé une substance spirituelle et pourtant étendue. Tels semblent être les Stoïciens. D'une part, ils paraissent sentir vivement la nécessité d'un principe autre que la pure matière ; ils ont entrevu que ce n'est point tout à fait sans raison que Platon et Aristote ont introduit pour expliquer l'être et l'unité, celui-ci la forme et l'acte, celui-là les idées [...]. Mais d'autre part, ils semblent ne pouvoir comprendre que ce qui n'est ni étendu ni figuré puisse être en quelque manière, que ce qui ne peut être donné ni dans une intuition sensible, ni même représenté dans l'imagination, puisse avoir une action efficace [...] » (p. 90). Une telle lecture était sans doute inévitable au moment où Ogereau s'y livrait. Elle doit être rectifiée à présent que les progrès de la recherche ont permis une meilleure appréhension de la pluralité de la scène philosophique en Grèce antique.Mais cette critique ne doit pas masquer la rigueur et la puissance d'analyse qui se dégagent de cette somme, la première de cette ampleur élaborée sur ce sujet en langue française. Nous ne pouvons donc qu'accompagner les vœux qui terminent la préface de Jean-Baptiste Gourinat, et espérer avec lui qu'« avec cette réédition ce livre redeviendra ce qu'il n'aurait jamais dû cesser d'être : un classique ».Julie GIOVACCHINI Études philosophiques (juillet-septembre 2003).L'ouvrage de F. Ogereau sur la philosophie stoïcienne, écrit au début du XXe siècle, est considéré comme un grand classique, contenant la somme des connaissances que l’on pouvait avoir sur le système philosophique, qui, comme en témoigne ce numéro de PSN ou les nombreuses publications récentes consacrées à ce sujet, conserve une influence marquée encore aujourd’hui.Il faut féliciter les éditions Encre marine d’avoir réédité ce texte introuvable, d’autant plus qu’elles l’ont fait avec une grande élégance et un soin tout particulier. Les citations grecques et latines ont été maintenues dans leur version d’origine et traduites. Grâce aux notes de bas de page, la consultation de l’ouvrage est tout à fait aisée. C’est un document tout à fait passionnant, qui conserve toute sa pertinence un siècle après sa rédaction.PSN, volume I, numéro 3, mai-juin 2003.F. OGEREAU, Essai sur le système philosophique des stoïciens, précédé d'une étude de Gilbert Romeyer Dherbey, préface et traduction des notes par Jean-Baptiste Gourinat, La Versanne, Encre Marine, 2002 (Félix Alcan, 1885), 380 p.Parmi les historiens français du stoïcisme antérieurs à Bréhier, on connaît généralement aujourd'hui Ravaisson, Brochard et Rodier, mais on ignorait Ogereau jusqu'à cette réédition récente de son ouvrage sur le stoïcisme. Or l'intérêt de cette étude est loin de se limiter à l'historiographie de l'histoire française de la philosophie antique. OGEREAU présente de manière éclairante et intéressante l'ensemble du système stoïcien, de sa naissance à ses derniers représentants. On pourrait examiner comment les choix que fait OGEREAU parmi les témoignages, sa négligence à l'égard de certains (comme ceux de Philon ou Galien) affectent son interprétation. OGEREAU ne dispose pas, en effet, des Stoicorum Veterum Fragmenta d'Arnim (publiés en 1903), qui ont tellement facilité l'étude du stoïcisme hellénistique. Mais cela rend d'autant plus impressionnante la reconstruction d'OGEREAU, qui, dans l'ensemble, puise toujours aux meilleurs sources (ses nombreuses citations en grec et latin sont traduites en notes par J.-B. Gourinat).Son premier chapitre est consacré à la naissance du stoïcisme à l'époque et dans la vie de Zénon de Cittium. OGEREAU aperçoit chez lui le « principe constitutif » du stoïcisme, d'origine cynique : la « tension [est] le fond essentiel de tout être » (p. 51). Il y ajoute un axiome, une « loi de développement » de ce principe, selon laquelle « entre ce qui subit et ce qui impose une modification, entre le passif et l'actif, il ne saurait y avoir ni complète similitude ni absolue différence » (p. 52). Or cette règle est tirée d'Aristote (De gen. et corr. I, 7, 324a) ! OGEREAU réduirait-il le stoïcisme à un décalque ou un prolongement de l'aristotélisme ? Certaines de ses expressions le laissent entendre, mais il prend en réalité toujours soin de mettre en lumière la spécificité du stoïcisme et la manière dont celui-ci n'emprunte des thèses à Platon ou à Aristote qu'en se les appropriant de manière originale (voir par exemple p. 80, 83, 119, 180, 202).Dans ses deux premiers chapitres, OGEREAU présente ainsi l'ontologie et la cosmologie stoïciennes comme des mises en œuvre de « l'axiome » fondamental du Portique. OGEREAU aborde ensuite la conception de l'homme (de sa naissance à sa mort), puis la logique stoïcienne, c'est-à-dire le critère de la vérité et la dialectique (chapitres V & VI). Le premier propose des développements intéressants sur la sensation comme activité (p. 163) ou sur l'examen fondant l'assentiment, (p. 171), alors que le second offre les seuls exemples d'injustice commise par OGEREAU à l'égard des stoïciens : leur analyse du langage et du raisonnement demeure en effet selon lui « imparfaite » (p. 198, 225), et il approuvera Panétius et le stoïcisme impérial de l'avoir négligée (p. 361). C'est évidemment sur ce point que la lecture d'OGEREAU diffère le plus de celles qui se sont développées depuis un demi-siècle, avec la redécouverte de l'originalité de la logique stoïcienne.Dans le chapitre VII consacré au « souverain bien », on est aussi surpris par le peu d'attention d'OGEREAU pour la notion d'oikeiosis, sur l'importance de laquelle on insiste tant aujourd'hui, parfois d'ailleurs avec excès. En revanche, OGEREAU montre bien (contrairement à ce que fera Rodier par exemple) l'équivalence des différentes formules stoïciennes de la fin (p. 242, 246, 260) et les rapports précis qui existent entre actions droites et actions convenables (p. 265 sq.), les secondes ne constituant pas un type d'actions réservé aux non-sages. Les deux chapitres suivants, sur « le sage-la cité » et « théodicée et religion », présentent des doctrines importantes du Portique, dont OGEREAU s'emploie à rendre compte malgré leur caractère paradoxal. Enfin, dans un dernier chapitre sur « la conservation de la doctrine primitive chez les derniers stoïciens », OGEREAU prétend montrer que Panétius, Posidonius puis Sénèque, Épictète et Marc Aurèle sont restés fidèles à la doctrine stoïcienne et ne l'ont modifiée que sur des points mineurs. OGEREAU affirmait d'ailleurs déjà en commençant que la doctrine stoïcienne a grandi sans jamais changer ses principes ni sa forme (p. 66, 73). Ce jugement a été depuis nuancé par un examen des témoignages plus attentif à leur diversité, aux débats des stoïciens avec leurs rivaux et aux contributions spécifiques de chaque scholarque à la construction du système. Toutefois, personne n'admet plus les divisions tranchées de l'histoire du Portique qu’OGEREAU contestait déjà. Il le faisait parce qu'il percevait la cohérence profonde et spécifique d'un système où la pensée ne s'accomplit jamais par une purification mais dans l'étreinte de la matière du monde : « La vigilante Providence de Dieu et la diligente économie du sage, en s'étendant, l'une à l'administration des plus infimes détails, l'autre à la direction minutieuse de tous les actes de la vie, loin de se perdre, se réalisent et se conservent, comme la qualité s'actualise en pénétrant dans toutes les parties de la substance, comme l'âme exerce son activité en se répandant dans tout le corps » (p. 304).Thomas BÉNATOUÏLPhilosophie antique, numéro 3, 2003, Enjeux de la dialectique, Presses universitaires du Septentrion,De Zénon à Marc Aurèle, la pensée stoïcienne est une longue création continuée qui s'étend sur près de six siècles, dont l'influence n'a jamais cessé de s'exercer sur les écrivains et philosophes de l'Occident Dans cette présentation qui n'a pas pris une ride depuis cent vingt ans, et que nous retrouvons avec bonheur aux éditions Encre marine, F.Ogereau nous montre comment tous ceux qui se sont réclamés de cette forme de pensée l'ont chaque fois revécue et reformulée de manière originale, tout en s'insérant dans une lignée de doctrine bien définie et cohérente.
- 01/12/2002

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