La Mort d'Agrippine
  • 240 pages
  • Livre relié
  • 17 x 24 cm
  • La Bibliothèque hédoniste
  • Parution :
  • CLIL : 3126
  • EAN13 : 9782909422916
  • Code distributeur : 33777
  • Export ONIX 3.0

La Mort d'Agrippine

Précédé de : L'athée, la politique et la mort

Introduction de : Jean-Charles DARMON

Présentation

Unique tragédie de Savinien de Cyrano de Bergerac qui relaie les pensées libertaires de l'écrivain et dénonce la noirceur et les manipulations d'un monde politique qui instrumentalise la religion. La pièce ayant fait scandale par son athéisme et son épicurisme, est précédée d'un essai sur la pensée politique de l'auteur et sa place au sein des libertins érudits de la première moitié du XVIIe siècle en France.

Presse

Une « bibliothèque hédoniste » peut paraître étonnante, voire redondante, alors que notre époque semble placer le plaisir au centre des préoccupations du quotidien des hommes. Quoi de plus « naturel », en effet, que la recherche du plaisir et du bonheur dont on sait que les humains sont naturellement en quête selon les propos d'Aristote. La tradition aura su donner des exemples de vies heureuses — et c’est heureux ! Les exemples ne sont toutefois pas des modèles aisés à suivre. Le bonheur récuse les guides et le plaisir est polymorphe par essence. Max Scheler, définissant l’homme moderne comme « quelqu’un de très triste au milieu de choses très agréables », mettait le doigt sur les contradictions dont nous souffrons. La philosophie, dans ses marges — illustrées ici par les noms d’Érasme, Valla, La Mothe le Vayer, Cyrano de Bergerac, Bentham – aura fourni ses talents au service d’une pensée libre des asservissements qu’idéologues et « maîtres à penser » auront dispensé et dispensent à loisir et à tort. S’il était un nom sous lequel rassembler de si divers auteurs, ce serait celui d’Épicure. Un Épicure réacclimaté en terre chrétienne — à tel point que l’on a pu parler d’un « épicurisme chrétien », Témoignages du « libertinage érudit » selon René Pintard, plus mentionnés que lus faute d’éditions accessibles. Pas de littérature mineure, mais des ignorances majeures, des refus complices, des surdités convenues, des paresses acceptées. Il y a encore beaucoup à lire, à découvrir, à penser à nouveaux frais. Sans fanatisme, ni goût obscurantiste pour les « marges » ! Le plaisir de découvrir et de lire ces textes ne devrait pas décevoir tous ceux pour qui la culture est autre que ressassement des auteurs scolairement et universitairement estampillés. Il faut lire ces livres, rares à plus d’un titre : par la rareté des textes qu’ils donnent à lire (première traduction, magnifique, par Laure Chauvel du De voluptate de Lorenzo Valla après cinq siècles d’occultation, par exemple), mais aussi par la qualité unique de l’édition : préfaces sobres et élégantes du directeur de la collection, Michel Onfray, ou érudites, par exemple de Jean-Charles Darmon sur La mort d’Agrippine, qualité matérielle, enfin, de ces ouvrages qui honorent l’édition, dite « petite » et dont devraient rougir d’envie et de honte toutes les autoproclamées « grandes maisons ».
- 01/09/2006

À la fin des Fourberies de Scapin, le valet sautillant se fait amener sur scène, la tête entourée de bandages, et s'annonce à l’agonie, après qu’une poutre lui est tombée sur le crâne. En fait, il se porte à merveille et cette ultime fourberie n’est qu’un moyen de s’attirer le pardon de ses maîtres. Mais Molière avait peut-être présent à l’esprit l’accident survenu à Savinien de Cyrano, dit Cyrano de Bergerac, et qui fut la cause directe de sa mort. On a suggéré que le lourd morceau de bois qui lui a fracassé la tête pourrait bien ne point être tombé tout seul… On a accusé les jésuites (mais de quoi ne les accuse-t-on pas ?). Il faut dire que Cyrano venait de publier une tragédie, La Mort d’Agrippine, dont la représentation avait fait scandale. Ceux qui ne purent la voir voulurent la lire, et Tallemant des Réaux rapporte la satisfaction du libraire, qui écoula rapidement le tirage, grâce à ce succès de scandale. Comme ses confrères le faisaient souvent, Cyrano avait pris le sujet de sa pièce à l’Antiquité latine, à Tacite principalement. Un des personnages clef de la pièce, Séjanus, était souvent cité par les moralistes et les théoriciens politiques de la Renaissance, comme figure du favori intrigant et du courtisan sans scrupule. Dans la tragédie de Cyrano, il tient des propos fort désobligeants à l’égard des dieux et de la religion. Ces vers seront repris par les tenants du libertinage érudit et de l’athéisme, lesquels, au XVIIe siècle, avançaient masqués. Sont-ce des propos que le dramaturge eût pris à son compte ? Peu de genres littéraires se prêtent aussi mal à la confidence personnelle, à l’effusion intime, que le théâtre, et il est toujours délicat d’affirmer que l’auteur parle par la bouche de ce personnage-ci plutôt que par celle de ce personnage-là. Peinture d’un monde clos, étouffant, qui n’est pas sans évoquer les plus noires tragédies élisabéthaines, la pièce de Cyrano, présentée par un des meilleurs spécialistes de l’écrivain, Jean-Charles Darmon, est imprimée avec une grande élégance et sur un beau papier. L’orthographe a été modernisée (principe discutable entre tous), mais la ponctuation d’origine maintenue, dans l’ensemble. Elle est suivie de la réimpression de deux lettres, que Cyrano consacra aux procès en sorcellerie et à la Fronde, ainsi que d’un extrait des États et Empires du Soleil.
- 01/12/2005

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