Océaniques
  • 152 pages
  • Livre broché
  • 32 x 22.5 cm
  • Encre Marine
  • Parution :
  • CLIL : 3435
  • EAN13 : 9782909422510
  • Code distributeur : 33744
  • Export ONIX 3.0

Océaniques

Présentation

Après sa monumentale Ode à l'Océan, François Solesmes nous donne avec Océaniques, vingt-quatre variations autour d'un thème à la fécondité inépuisable.
Que l’auteur évoque, sur le mode poétique, la rumeur ou l’odeur de mer, la vague ou la tempête, l’horizon ou la plage ; qu’il hasarde, face à l’étendue, des mots tels que source, sommeil, foule ou forêt – sans omettre les sirènes ; qu’il nous rende sensible au déroulement singulier, majestueux, d’un jour marin, toujours l’Océan est au cœur de sa contemplation, de sa méditation.
Une fois encore, l’ouvrage qu’il nous donne pourrait porter ce sous-titre : "Une longue réflexion amoureuse."
 

Presse

 L'appel du large C'est démesure contre démesure ; à armes inégales, évidemment. Car le poète, on s'en doute bien, s'épuisera plus vite que l'océan. En attendant son épuisement, cependant, le poète active sans répit ses grandes orgues. À la masse de l'eau, il oppose la masse de ses mots. C'est par la vastitude de son poème, d'abord, qu'il entend exprimer l'immensité marine. Éloquent, profus, baroque, François SOLESMES – à défaut de « contenir » l'océan – tourne autour de lui, pour le cerner, le sonder, le saper. C'est front de mer contre front d'homme : un harcèlement passionnel de tous les instants.Après son Ode à l'océan (que nous avions chaleureusement saluée, ici même, il y a deux ans), François SOLESMES poursuit son cycle À la mer (quatre tomes sont pour l'instant prévus…), avec un second opus – série de vingt-quatre variations thématiques construites autour de mots-clefs (« l’étendue », « l'horizon », « le vent », « la vague », etc.) dont l'océan demeure, bien entendu, le dénominateur commun. Agrandissant le lyrisme, se tenant au plus près de « l’essaim du présent », ces Océaniques (éditées par Encre Marine, maison rhônalpine décidément remarquable) activent l'ample respiration du verset mettent en branle le lent déroulé des métaphores et puisent non sans délectation dans les lexiques rares - avec des termes choisis (« Coaltar », « créosote », « chryséléphantin », etc.) qui rutilent comme de la joaillerie : François SOLESMES s'évertue, au moyen de la phrase la plus élaborée, à dire et à décrire l'élément le plus primitif, dans son immensurable diversité.Reste que ce flamboyant éloge de l'océan – rumeur « ensemencée de fièvre », souple champ « d'épaules et de croupes routant et croulant d'aise, de sangles qui se creusent, de cois de cygne soudés qui se ploient sous la charge d'aigrettes » – se lira également comme un brillant apologue prônant le repeuplement de la langue. François SOLESMES n'ambitionne rien moins que de réveiller le pouvoir démiurgique des mots, aujourd'hui à demi assoupi. À la poésie, il rend justice et il rend grâce.
- 01/07/2001

 Après la monumentale Ode à l'Océan, François Solesmes nous offre le prolongement de ces somptueuses Océaniques dont les versets se déroulent sans fin sur les plaines mouvementées de la mer. En vérité, il n'y a dans ces pages qu'un seul poème aussi indéchirable que le tissu même de la Création. Le passage des vagues efface et recommence avec ivresse l'orgie perpétuelle de l'Origine. Toutes les couleurs du ciel confondues ne font plus qu'une seule lumière sur les eaux grises que l'âme absorbe au sein du vent avec un contentement sévère. "Qu'il consente à l'ascèse, qu'il s'accorde à l'unique : la profusion se lèvera de l'étendue." Les échos de la grande voix de St John Perse sont multipliés ici avec une telle exultation, qu'on a presque le sentiment d'une parole sans mémoire, issue du sein même des épaisseurs marines. Et en même temps, si riche, si complexe, allusive, successive, débordante de signes, qu'il nous semble que des siècles furent nécessaires pour l'enfanter. "Est-ce le plain de l'eau ? l'étale du reflux ? Toujours la mer est comble quand sa lèvre cisèle, quand sa lèvre sertit." On ouvre au hasard, on est roulé par les vagues, on suffoque, on crache comme un triton, on boit la tasse, pleine d'une ambroisie amère, on se fond dans la liqueur immense où il est impossible de se noyer quand elle traverse notre âme poissonneuse. "Toutes les eaux du monde font halte en cette cuve comble, avec leur convoi de reflets, leur escorte d'espace ; et cela fait une rumeur de flots amalgamés que l'on malaxe, une rumeur de l'abondance en acte où mille voix distinctes parlent encore des origines." Ah ! certes on pourrait marcher, courir sur cette houle étincelante, frapper l'écume du talon, si on laisse un certain souffle nous remplir, nous emporter au-delà de nous-même. En vérité une telle expérience de la Genèse laisse pressentir un autre espace, un autre temps. St John Perse précisément (qui s'appelait encore St-Léger Léger !) a raconté, que cheminant, tout jeune homme, avec Claudel, par un tunnel sous l'Elbe, en 1911, et l'interrogeant sur la mer alors que tous deux s'étaient arrêtés un instant, le Poète des Grandes Odes grommela soudain, comme pour lui-même : "La mer… la mer, c'est la vie future." Ainsi la poésie à l'ombre des plus grands se propage, et partage généreusement ses secrets.
- 01/10/2001

 L'écume des mots« Le contemplateur a bien conscience qu’il ne pourra jamais épuiser un spectacle de quelque ampleur, tant le réel a de dessous. »Cette phrase ouvre Océaniques, poèmes pour et sur l’océan, un « Océan que le regard seul de Dieu peut embrasser » tant ses formes, son immensité, ses métamorphoses et son infinie patience écument les mots, les rendent inutiles ou dérisoires. Pourtant, il faut tenter la chose, avec humilité et lyrisme, prendre à bras le corps les plus anciens mythes de l’humanité, les corriger… La rumeur, l’odeur de mer, l’espace, la respiration, la cime, la plage, les sirènes, le naufrage… Tout ce qui fait qu’un jour, il faudra bien renoncer à évoquer la fin des mers. Faute de paroles appropriées.À cet égard, la poésie de François Solesmes est exemplaire de la difficulté de transcrire les émotions afin de les inscrire : il y parvient magnifiquement et dès lors qu’on a compris que « le pire est sûr » et qu’il n’y a « que Dieu pour faire grâce à l’Océan », on peut se laisser entraîner, griser par le pouls du monde, s’abandonner aux rites intimes des flux secrets, s’adonner à la méditation, cette obscure conscience de l’univers. Et avouer qu’il s’agit bel et bien d’une longue réflexion amoureuse. 
- 07/06/2001

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