Le Sentiment de la langue
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Le Sentiment de la langue

Voyage à travers le pays latin

Présentation

Placé sous l’invocation de Pétrarque, enivré par la force et la douceur de la prose de Cicéron, ce livre explore dans sa majeure partie la manière dont les meilleurs poètes et écrivains du début de l’âge moderne savourèrent, analysèrent et exploitèrent les multiples ressources d’une langue latine réappropriée avec ferveur. Tandis qu’un Théodore de Bèze, sur les traces de Merlin Cocaïe, fustige la barbarolexie, qu’un Scaliger dévoile dans le matériel de la langue de prodigieux enfantements, un musicien comme Pontano dévoile les secrets de l’hexamètre virgilien, et poussant à ses limites les virtualités de l’hendécasyllabe de Catulle, en fait le support d’un vers dansant, un Gaspar Barth goûtant, après Politien, la prodigieuse leçon de liberté de Plaute, s’en autorise pour former à plaisir d’étourdissantes kyrielles de vocables, en prose un Muret, un Juste-Lipse, réhabilitent le style de Tacite à la lumière du grec Thucydide…
Cette dette acquittée envers ces médiateurs privilégiés que sont pour nous les Humanistes, reste, explorée dans plusieurs chapitres satellites, notre propre perception d’une langue saisie aussi et goûtée dans ses efflorescences médiévales, langue que son génie naturel différencie de la grecque, que ses codes poétiques éloignent de la nôtre, ce qui ne condamne en rien le φιλοτήσιον ἔργον dans lequel Valery Larbaud sublime l’inépuisable travail de traduction.

Biographies Contributeurs

Pierre Laurens

Pierre Laurens, membre de l'Institut, professeur émérite à la Sorbonne où il a occupé la chaire de Littérature latine de la Renaissance, est l'auteur de nombreux ouvrages, dont : Anthologie grecque, Livre IX, deuxième partie, et X (1974 et 2011) ; Musæ reduces (1975) ; Baltasar Gracián, La Pointe ou l’Art du génie, trad. (1983) ; le Commentaire sur le Banquet de Platon de Marsile Ficin, éd. et trad. (2002) ; l’Africa de Pétrarque, éd. Et trad. (2006) ; Anthologie de la poésie lyrique latine de la Renaissance (2004) ; La dernière Muse latine, Douze lectures poétiques, de Claudien à la génération baroque (2008) ; L’âge de l’inscription (2010) ; L’Abeille dans l’ambre (1989, édition revue et augmentée 2012).

Table des matières

Préface : Puissance de la douceur

PREMIÈRE PARTIE. Différences
I. Poétique de la langue et performance descriptive (Anthologie grecque, livre VI, et Martial, Cadeaux et Étrennes)
II. Épigramme grecque, épigramme latine : un héritage conflictuel ?
III. Properce et nous
IV. Élégie, élégiaque

DEUXIÈME PARTIE. Mètres
V. Puissances du vers héroïque
VI. Histoire de l’hendécasyllabe

TROISIÈME PARTIE. Styles
VII. Cicéron, maître de la breuitas
VIII. Martial et Sénèque : affinités entre deux Latins d’Espagne
IX. Sur les pas de Sénèque : le De remediis de Pétrarque et sa mise en images
X. Tacite au miroir du Dialogue des orateurs de Juste Lipse
XI. Le débat sur le style de l’inscription à l’âge classique

QUATRIÈME PARTIE. Les jeux de la langue
XII. Néo-latin
XIII. La leçon de Plaute
XIV. Les Logogriphes de Jules-César Scaliger
XV. Le poème feu d’artifice, effort extrême d’une poétique de la variation

CINQUIÈME PARTIE. Médiévales
XVI. Péguy a-t-il lu Bonaventure ?
XVII. Réflexion sur le macaronique : malaise du traducteur
XVIII. De Lorenzo Valla à Charles Dufresne Du Cange : l’autre voie

SIXIÈME PARTIE. Traduire
XIX. Traduire Martial
XX. Dignité de la traduction

Épilogue
Le parallèle. Réflexions sur la place et l’utilité de la controverse savante dans la réception des auteurs de l’Antiquité
Index nominum

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