Pétrone

L’homme demeure un inconnu, bien qu’on l’identifie au Pétrone dont parle Tacite. Par les Annales (16, 18-19), on connaît en effet un Pétrone, sybarite insouciant et raffiné, qui sut entrer dans les bonnes grâces de Néron et s’imposa comme l’« arbitre des élégances ». Victime de médisances qui réussirent à le perdre dans l’esprit de l’empereur, il dut lui aussi se suicider, non sans composer un libelle contre les débauches du prince, qu’il s’empressa de faire porter au prince. Alors que Fulgence signale deux romans à jamais perdus, l’Eustion et l’Albutia, Pétrone reste pour les modernes l’auteur d’un « roman réaliste » aussi finement observé que désinvolte et mordant, au style d’une « verdeur étrange » – le Satyricon ou Satiricon, car il s’agit d’histoire satiriques autant que d’histoires de satyres – dont ne nous sont parvenus que d’assez larges extraits.