Busshō
  • 544 pages
  • Livre broché
  • 14.5 x 22 cm
  • Anglais, Français, Japonais
  • Encre Marine
  • Parution :
  • CLIL : 3126
  • EAN13 : 9782909422633
  • Code distributeur : 33753
  • Export ONIX 3.0
English version

Busshō

La nature donc Bouddha

Traduit par : Eido Shimano ROSHI, Charles VACHER

Présentation

Ce texte est la transcription par Ejo d'un discours que Dogen prononça dans le temple de Koshohorin-ji à Fukakusa, près de Kyoto, en 1241. Le maître zen y rejette le dogme de la nature du Bouddha, nature qui permettrait à ceux qui en sont pourvus d'atteindre l'éveil. Son vacuisme intégral s'inscrit dans la droite ligne de Nagarjuna, fondateur du bouddhisme du Milieu, et de son successeur Aryadeva.

Presse

 Après les deux premiers traités de Shôbôgenzô de Dôgen intitulés Yui butsu yo butsu (seul bouddha connaît bouddha) et shôji (vie-mort), parus en 1999, et qui ont été présentés dans le D.I.M. (Bulletin de la Commission francophone, n 0 21 - décembre 1999, p. 16), les deux traducteurs nous offrent aujourd'hui en traduction Busshô (La nature donc bouddha), qui est la transcription par Ejô d'un discours que Dôgen prononça en 1241 dans le temple de Kôshôhôrin ji, à Fakakusa, près de Kyoto. Dans ce discours, souvent cité parmi les textes-clé du Shôbôgenzô, Dôgen commente de manière surprenante la célèbre phrase du Bouddha, qui dit que « tous les êtres vivants sans exception ont la nature de bouddha », ce qui signifie que « tous les êtres vivants, quels qu'ils soient, possèdent une nature qui leur permet d'atteindre l'éveil ».L'originalité foncière de Dôgen est de rejeter cette interprétation et d'opérer un renversement radical. « Il est absurde, dit-il, de se demander si les êtres vivants individuellement, ont, ou n'ont pas une nature de bouddha les prédisposant à l'éveil. Car, nous dit-il, la nature-bouddha n'est autre que le il y a auquel rien n'échappe, le il y a total. (...) «Le il y a de Dôgen n'est pas l'être de la philosophie occidentale, mais la nature, l'événement-monde, ce qui est toujours déjà arrivé. Étant total, rien de ce qu'il y a lui échappe. Tout ce qu'il y a se produisant en dépendance, selon la souveraine loi de causalité, rien n'a de nature propre, ni de nature autre. Tout est vacuité ».Une fois de plus, nous félicitons les deux auteurs pour le soin qu'ils ont, apporté à la traduction de cet enseignement magistral et passionnant et aux notes doctrinales précieuses qui facilitent l'accès à cette quête radicale de la vacuité. 

Troisième volet du Shôbôgenzô Busshô du maître zen Dôgen Zenji, inventeur au Japon de la branche Sôtô, La Nature donc bouddha, vient éclairer et compléter les deux premières traductions de l'œuvre essentielle de ce maître, parues en 1997 et 1999. L'entreprise est difficile, puisque quatre années ont été utiles aux auteurs pour traduire à nouveau (en français et en anglais) un seul extrait de cette collection d'essais de discipline monastique et philosophique que constitua Dôgen de 1231 à 1253. Du point de vue de la forme, le support de transmission de ce « nouveau Dôgen » se rapproche du papier-bible, le volume est plus épais, le corpus de notes plus important, la présentation différente. Mais le plaisir de se replonger dans les principes et les préceptes, dans les concepts et les commentaires, est resté intact. Aborder La Nature donc bouddha est sans doute malaisé mais, passé quelques pages, le lecteur retrouve facilement ses marques grâce au talent des deux auteurs constamment en symbiose avec le sujet. Lequel est-il ? Globalement, être sur la voie, ce qui, ici, s'appelle « il y a total ». « Le Il y a de Dôgen n'est pas l'être de la philosophie occidentale. Il est ce qui est toujours déjà », ce qui n'est déjà plus en étant déjà autre chose qui est et n'est pas à la fois. Surtout ne pas chercher la voie, il n'y a rien à vouloir. « Dôgen est un vacuiste intégral. » C'est par le vide qu'on est sur la voie. Mais de celle-ci, il n'y a ni début ni fin, ni évaluation, ni recherche, il y a impermanence dans le total. Et quelle que soit la chose à vivre, c'est le rien qui domine, le rien dépendant de rien, « voir les choses telles qu'elles apparaissent vides de tout ». C'est un cheminement immobile que développe le zen Sôtô notamment par la technique du zazen et qui, du point de vue de la réflexion philosophique, est riche d'enseignements. 
- 01/03/2003

 Dogen (1200-1253) est de tous les auteurs de la tradition du bouddhisme zen japonais l'un des plus exceptionnels. Longtemps méconnu, il est aujourd'hui l'objet d'attentions savantes, dont ce magnifique travail témoigne. Le texte ici présenté (avec la version japonaise reproduite d'après la transcription manuscrite du texte original par Ejô, un disciple de Dôgen) est un discours que le moine prononça en 1241 à Fukakusa près de Kyôto. Le nom du traité, Busshô, signifie à la fois nature et « nature-Bouddha » ; il signifie aussi la vacuité, véritable fond des choses. En subtil métaphysicien, Dôgen débusque toute interprétation substantialisante de ce qui est, livrant ainsi un traité qu'en termes impropres on pourrait qualifier d'ontologie négative ou neutre. Propos radicalement anti-idolâtriques, ironiques, paradoxaux : le « il y a total » « n'a ni coeur, ni périphérie, ni essence, ni forme, ni quoi que ce soit ». Le lecteur familier des plus subtiles spéculations (a)théologiques et (méta)ontologiques de la tradition occidentale pourra être tenté de faire des rapprochements fructueux avec les penseurs de pointe qui l'ont illustrée. œuvre difficile, certes, dont la lecture, guidée par de nombreuses notes, savantes et accessibles, exige du lecteur une grande ouverture d'esprit à une tradition autre et cependant proche. On ne peut qu'admirer le courage et les compétences d'un éditeur (voici le troisième volume de traductions d'extraits du Shôbbgenzô de Dôgen qu'il publie) pour le raffinement, le soin et les exigences, tant matériels qu'intellectuels, dont, une fois de plus, il fait preuve. 
- 01/09/2002

 UN MOINE EN COLERETout le sens de la sagesse zen, le moine assis qui vous engueule en braillant « Nii ! Nii !» quand vous ne comprenez pas une formule aussi simple que « Rien, ni nature, ni Bouddha, est-ce l'au-delà de la bouddhéité ? », est dans cette version trilingue (français, anglais, japonais en fac-similé) du Busshô du moine Dôgen.Au XIII° siècle, Dôgen, énervé, entreprend de rédiger le Shôbôgenzô, somme théologique qu'il lira dans un temple, en 1241, devant ses disciples. Le Busshô (la nature, donc Bouddha, en français) est un des chapitres de cette œuvre colossale.À travers l'étude d'une série de notions toutes plus obscures les unes que les autres, Dôgen, adepte de la « sagesse irascible » qui est son but dernier, s'attaque à détruire toutes les illusions bâties par ses prédécesseurs concernant la nature de Bouddha : ce n'est pas un avenir, puisqu'il est un « toujours-déjà-là » ; ce n'est pas un intérieur, non plus qu'un extérieur ; puisque c'est une totalité, c'est le « il y a total ». À lire cet emmêlement de polémiques et d'images décalées (ainsi le « sac de peau » pour désigner le corps du moine), on ne peut s'empêcher de penser à Lautréamont, lorsqu'il se réjouissait d'avoir crétinisé son lecteur : tant la prose de Dôgen, en adoptant un fonctionnement proche du kôan, cette petite forme de paradoxe oriental, semble chercher à entortiller son lecteur, pour faire que son esprit, momentanément engourdi, et comme par un réflexe de défense, se dégage soudain de sa torpeur et accède à l'illumination brutale. Et peut-être Dôgen aurait-il adopté pour lui-même l'étiquette que Lautréamont s'était auto-collée au lycée, quand il s'était proclamé « philosophe incompréhensibiliste ».De ce livre étrange, ressort surtout le fascinant étonnement bouddhique, stupéfaction éclairée qui fit proclamer à un maître ancien, dont Dôgen cite les paroles : « Je suis un citoyen deQuoi. Je m'appelle Quoi. » En refermant le volume, on peut parier que le lecteur s'appellera Quoi lui aussi, à moins que Qu'est-ce qui m'est arrivé ? paraisse finalement un prénom plus convenable.
- 01/09/2002

 Seul des trois ouvrages en page simple et papier glacé, de fort belle présentation, avec calligraphies précédant, cette fois-ci, les remarquables traductions anglaises et françaises sur deux colonnes par deux spécialistes Eidô Shimano (à ne pas confondre avec le dérailleur de vélo, je vous prie !!) Rôshi et Charles Vacher. D'abord il faut signaler mon étonnement à la lecture de la légende sous la reproduction de Dôgen, l'instituant fondateur de l'école Obaku (Houang-Po, maître de Lin-Tsi/Rinzaï) au Japon, alors que le Soto le revendique à grands cris, trois écoles pour le même personnage…, cherchez l'erreur, tout cela n'est vraiment pas zen ou alors je n'ai rien compris !! Reprenons ce livre, je vous prie. ; après un introduction sur le texte-clé lui-même (3è ou 41è du Shôbôgenzô - " le Trésor de la Vision du vrai Dharma ", les appellations sont variées dans le même sens, j'en ai compté au moins 4 différentes !), on entre de plein pied dans une vacuité tout nagarjunesque où " Etudier la voie du Bouddha, c'est étudier le Moi. Etudier le Moi, c'est s'oublier. S'oublier, c'est être réalisé par tous les dharmas" dans une vacuité du non-moi. On passe ainsi de l'universal-isme religieux originel en totalité absolue. dans l'évènement-monde, à ne pas confondre avec la nature propre. Il faut arriver à libérer le corps, ce sac de peau, du corps lui-même dans la vacuité intégrale de l'imper-manence en ne perdant pas notre temps à aimer le vie. La nature de Bouddha est préexistante dans le Total et l'immobilité assise car il n'y a rien à atteindre hormis le vide éclatant de lumière, même dans la voie des oiseaux et en dépit du mû du chien. J'ai beaucoup apprécié les 187 notes donnant de précieuses indications complémentaires. Tout comme le Uji, le Yui butsu yo butsu et le Shôji, ouvrages des mêmes éditions à connotation philosophiquement métaphysique mais aussi à considérations fort prati-ques, fondamentaux pour la compréhension du Zen, tel qu'il nous est parvenu celui-ci mérite zainement, vu l'excellente traduction, les Indispensables-Zen ; devrait figurer dans tout dôjô, même rinzaï !! A lire pendant les teishô (et non le thé chaud !!) -

Découvrez aussi

Chaque instant est un instant de plénitude
In-mo / ça / it
Yui butsu Yo butsu - Shōji / Seul bouddha connaît bouddha - Vie-mort
Le travail vivant de la poésie
L'Immémorial
Histoire et civilisation Textes et études Philosophie et sciences humaines Arts Théâtre Religions / Théologie Mythologie Essais, journaux et correspondances Littératures modernes et contemporaines Poésie Sciences Économie / Société Papeterie, objets dérivés