Lucrèce
  • 280 pages
  • Livre broché
  • 16 x 22.5 cm
  • Encre Marine
  • Parution :
  • CLIL : 3126
  • EAN13 : 9782909422381
  • Code distributeur : 33733
  • Export ONIX 3.0

Lucrèce

La lecture des choses

Présentation

Comme Épicure a parcouru l'immensité de l'univers pour revenir à la détermination des choses singulières, Lucrèce refait cette Odyssée dans son poème. La vision des choses comme éléments est l'aboutissement de la longue histoire des philosophies de l'atome; elle est aussi la reprise à nouveaux frais des grandes cosmogonies puisque Lucrèce, après avoir dévoilé l'obscure combinatoire du minuscule la fait reparaître au grand jour dans une Histoire du Monde.

Presse

 Claude Gaudin propose une nouvelle lecture du De la nature de Lucrèce, lecture d'une lecture, puisque, comme le suggère son titre, le poète romain nous est présenté comme un lecteur ou un traducteur de la nature. La nature de Lucrèce, selon C. Gaudin, appelle en effet une exégèse et non un simple discours de description scientifique, car elle cache ses propres principes, « dérobe aux yeux le profond mécanisme de ses productions ». Plus encore, parce qu'ils ne recèlent en eux-mêmes aucun code, aucun sens préétabli qu'il suffirait de révéler, les atomes qui en constituent le fond caché obligent Lucrèce à provoquer une « genèse du sens ». Des choses à l'homme et de l'homme aux choses, la relation est donc de rupture et c'est cette rupture. « distance infranchissable », que la poésie lucrétienne doit, non pas tenter de gommer, mais traduire. C. Gaudin nous met en garde à plusieurs reprises contre les simplifications qui affadissent parfois notre image de la philosophie épicurienne. Le privilège épistémologique de la sensation, en particulier, ne doit pas nous faire oublier tout ce que le bonheur épicurien doit à l'exercice conjoint de la raison. Les sens et la sensation eux-mêmes sont « les donateurs primordiaux du Sens », mais cette donation ne comble pas la latence des choses insensibles que la sensation ne peut qu'envelopper. Lucrèce nous apparaît ainsi au travers de la force même de ses paradoxes, et c'est ce qui fait tout l'intérêt des pages limpides du livre de C. Gaudin. 

 Cet ouvrage ne peut laisser indifférents les lecteurs assidus du texte de Lucrèce. C'est à partir d'une fine écriture, d'une stylistique ajustée à la reprise d'un poème, que Claude Gaudin tente la traversée de cet univers d'atomes et de vide tel qu'il était conçu par les esprits antiques. Encore fallait-il un fil conducteur précis pour que la lecture du De natura rerum ne se borne pas à paraphraser l'original. Pour celui qui connaît le propos de Lucrèce, il était clair que l'analogie entre les atomes et les lettres de l'alphabet pouvait servir à reconstruire la scène philosophique imaginée par Lucrèce (la double scène, celle du monde et celle de la signification). De là le sous-titre proposé: La lecture des choses. De points de doctrine en analyse de l'écriture, de catégories philosophiques en métaphores poétiques (et d'ailleurs, sur ce point, on sait que Lucrèce traduit-trahit Épicure), l'auteur réveille les tensions de l'original et oblige le lecteur à reprendre sans cesse le parcours matérialiste du philosophe romain. Cet ouvrage ne se contente pas de requérir un lecteur informé ; il s'apparente plus à une méditation qu'à une analyse universitaire. 
- 01/12/1999

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