Tome IV : Les Sicyoniens

Tome IV : Les Sicyoniens

Texte établi et traduit par : Alain Blanchard

Présentation

L'œuvre de Ménandre, bien que célébrée dans l'Antiquité, ne nous a pas été transmise par la tradition médiévale. La comédie intitulée Les Sicyoniens en particulier a été redécouverte à l'époque moderne à partir de maigres fragments conservés dans l'Anthologie de Stobée et dans les notes de scholiastes. D'autres fragments ont été retrouvés par Pierre Jouguet lors de fouilles effectuées dans un cimetière antique en Égypte. Enfin, en 1962, un plastron provenant du même cimetière et démonté par Nicole Parichon et Alain Blanchard révéla cinq autres fragments de la pièce. Ce sont ces différents extraits qui sont présentés dans l'édition établie par Alain Blanchard et présentée dans la Collection des Universités de France. L'œuvre, écrite à la fin du IVe siècle avant J.-C appartient au courant que l'on nomme habituellement « comédie nouvelle ». Ménandre y a dépeint l'amour entre un mercenaire nommé Stratophanès et la jeune Philouménè, enlevée dans son enfance par des pirates. Les deux personnages découvrent au cours de la pièce leur origine athénienne, tandis que le parasite Théron parvient à séduire la courtisane Malthakè. Bien que le contexte politique dans lequel la pièce a été écrite soit incertain, on y retrouve néanmoins une critique vive de l'oligarchie représentée à travers le personnage de Smicrinès, père de Stratophanès dont le portrait peut être rapproché de celui fait des oligarques par Platon dans la République ou par Théophraste dans ses Caractères.

L'édition des Belles Lettres propose au lecteur les fragments des Sicyoniens de Ménandre réunis et traduits par Alain Blanchard. Le texte est précédé d'une riche introduction précisant l'histoire de la redécouverte de ces fragments. Dans cette introduction, Alain Blanchard a tenté de redonner une cohérence à ces fragments en reconstituant la trame d'une action qui comprend de nombreuses lacunes. Le lecteur trouvera aussi dans cette notice une discussion sur la signification politique de la pièce et sur le problème posé par sa datation.

Biographies Contributeurs

Ménandre

Ménandre, le « prince de la comédie nouvelle », né à Athènes au milieu du IVe siècle av. J.-C., était issu d’une famille très aisée. Formé à la poésie par son oncle Alexis, il étudia aussi la philosophie avec Théophraste et se lia d’amitié avec Démétrios de Phalère. En 323, encore éphèbe, il fit ses débuts sur la scène comique avec Orgé. Certains spécialistes pensent qu’il ne s’agit pas de sa première pièce, mais de la première qui lui valut une victoire dans un concours. Couronné seulement huit fois, tandis que son principal rival, Philémon, remportait tous les succès, Ménandre ne fut vraiment reconnu, comme Euripide, qu’après sa mort. Dans sa courte carrière, il aurait composé une centaine de pièces, dont quatre vingt- dix-sept titres sont attestés.  Considéré comme un maître dans l’art de l’intrigue comique, où amour, problèmes privés et domestiques sont mêlés, Ménandre a su dépeindre ses contemporains.

Alain Blanchard

Professeur émérite à l'Université Paris-Sorbonne.

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