Tome VII 3e partie : L'officine du médecin

Tome VII 3e partie : L'officine du médecin

Texte établi, traduit et commenté par Jacques Jouanna avec la collaboration de Anargyros Anastassiou et Antonio Ricciardetto.

Présentation

À l’intérieur de la Collection hippocratique, le traité intitulé Officine du médecin a pour objet d’exposer ce qui se passe à l’intérieur du cabinet du médecin qui doit opérer un patient dans le cas de blessures, particulièrement de fractures ou de luxations. Pour désigner le cabinet du médecin, on a conservé le mot traditionnel d’« officine », car le cabinet du médecin dans l’Antiquité grecque ne correspond pas exactement à ce que nous entendons actuellement ainsi. La communauté des médecins dans la Grèce antique n’était pas constituée de généralistes et de spécialistes, comme c’était déjà le cas en Égypte ancienne, mais tout médecin devait faire des opérations et avait donc dans son officine les instruments nécessaires pour les réaliser. Cela ne signifie pas que les ouvrages de médecine ne pouvaient pas être spécialisés. Car dans la Collection hippocratique, il y a deux groupes d’ouvrages spécialisés, l’un en gynécologie, l’autre en chirurgie. Le traité de l’Officine du médecin appartient au groupe des cinq grands traités chirurgicaux anciens, les quatre autres étant Fractures, Articulations, Mochlique et Blessures de tête. Ce qui distingue ce traité des autres, c’est qu’il ne décrit pas les différentes blessures, fractures et articulations suivant les différentes parties du corps, mais présente, sous forme soit de mémento soit d’introduction générale, les différents éléments humains ou matériels qui entrent en jeu dans toute opération d’un blessé avant d’en venir dans une seconde partie à une réflexion générale sur ce qui était considéré comme essentiel dans la thérapeutique, à savoir les bandages.

Extrait

Biographies Contributeurs

Jacques Jouanna

Professeur de littérature et civilisation grecques à la Sorbonne, Paris IV et directeur de l'Unité de recherche sur la médecine grecque au CNRS (1990-2000), président de l'école doctorale Mondes anciens et médiévaux ; Membre de l'Institut, Académie des inscriptions et belles lettres (1997) ; Directeur de la Collection des Universités de France (CUF) série grecque. 

Antonio Ricciardetto

Chargé de recherche au CNRS (UMR5189 HiSoMA, Lyon). Docteur en Langues et Lettres de l'Université de Liège. 

Hippocrate

Hippocrate est le plus illustre médecin de la Grèce antique. Né en 460 à Cos dans une branche de la famille aristocratique des Asclépiades qui prétendait descendre d'Asclépios, il apprit la médecine dès l'enfance auprès de son grand-père, déjà nommé Hippocrate, et de son père. Il fut célèbre dès son vivant, comme l'indiquent les mentions de son jeune contemporain Platon dans le Protagoras ou dans le Phèdre. Il enseigna la médecine à ses deux fils, et ouvrit son enseignement à des disciples extérieurs à la famille, moyennant salaire. Il refusa d'aller au service du Grand Roi, mais il quitta son île natale pour la Grèce continentale où il passa une partie de sa carrière, notamment en Thessalie à Larissa où il mourut à un âge avancé. L'œuvre conservée sous son nom, comprenant une soixantaine de traités, désignée actuellement sous le nom de Collection hippocratique ou Corpus hippocratique, constitue les premiers écrits médicaux conservés de la médecine occidentale. Rédigés en dialecte ionien, comme l'Histoire d'Hérodote, ils sont les remarquables témoins d'une médecine rationnelle dont un noyau important date de la seconde moitié du Ve siècle ou de la première moitié du IVe siècle avant J.-C.

Table des matières

Notice
A. Présentation du traité et de son auteur
I. Un petit ouvrage qui eut un grand succès
II. Un ouvrage dont l’organisation latente mérite la plus grande attention .
III. Originalité et emprunts dans l’Officine du médecin
IV. L’auteur de l’Officine du médecin
B. Histoire du texte
I. La tradition directe
II. Un paradoxe : la source première de la tradition directe imprimée de l’Officine du médecin est la tradition indirecte
III. La tradition indirecte grecque
1. Les gloses d’Érotien
2. Les oeuvres de Galien
3. Oribase
4. Les gloses d’Hésychius
IV. La tradition arabei
V. La tradition imprimée
1. Les éditions du XVIe au XIXe siècle
2. L’édition de Littré et celles de ses successeurs (Ermerins et Petrequin)
3. Les éditions du XXe siècle
4. Principes de la présente édition

Stemma des témoignages anciens
Conspectvs siglorvm

I. Testimonia manu scripta et editiones priores
II. Editiones vel studia
Texte critique et traduction
Commentaire critique
Index verborvm

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