Jean de Salisbury et la renaissance médiévale du scepticisme
  • 338 pages
  • Bibliographie, Index
  • Livre broché
  • 15 x 21.5 cm
  • Histoire
  • N° dans la collection : 122
  • Parution :
  • CLIL : 3377
  • EAN13 : 9782251381220
  • Code distributeur : 46553
  • Export ONIX 3.0

Jean de Salisbury et la renaissance médiévale du scepticisme

Présentation

Le Moyen Âge est souvent perçu comme une époque dogmatique, soumise à l'autorité, étranger par nature à toute forme de doute, et par là de scepticisme. Le présent ouvrage cherche à repenser la question de la tradition sceptique, bien documentée à la fois pour l’antiquité et l’âge classique, mais beaucoup moins pour le Moyen Âge. Il y a eu, pourtant, tout au long du Moyen Âge une réflexion sur le problème sceptique entendu comme défi lancé à la capacité qu’a l’homme de connaître avec certitude la réalité. En s’attachant plus spécifiquement à la figure de Jean de Salisbury(1120-1180) acteur important de ce qui fut parfois qualifié de Renaissance du XIIe siècle, et qui s’est explicitement présenté comme un partisan des Académiciens, le présent ouvrage, à travers une étude de cas, cherche à comprendre ce que signifie être sceptique au Moyen Âge. Il s’agit de faire ressortir comment l’héritage patristique (Lactance, S. Augustin) couplé à un ensemble de traditions philosophiques antiques permet de mettre en place une philosophie originale, fondée sur la nécessaire modestie de toute démarche scientifique. Cette démarche cherche à identifier précisément la place qui revient à la foi et à la raison dans la recherche de la vérité, et s’accompagne d’une certaine pratique stylistique qui met le lecteur en position de chercher par lui-même, sans a priori théorique. Enfin, elle est solidaire d’une éthique non normative et fondée sur la multiplication des points de vue. Jean de Salisbury apparaît ainsi comme le chaînon manquant qui permet de mieux appréhender une tradition humaniste et sceptique qui va de Cicéron à Pétrarque et Montaigne.

Jean de Salisbury (1115-1180) : Haut fonctionnaire ecclésiastique à la curie pontificale puis secrétaire de l’archevêque de Cantorbéry, Théobald, Jean de Salisbury devient l’ami de Thomas Becket. Après s’être un temps réfugié à Reims, il termine sa carrière comme évêque de Chartres de 1176 à sa mort. Il est l’un des hommes les plus cultivés de son temps, il lance de nombreux thèmes politiques appelés à se développer largement aux siècles suivants, notamment le thème du tyrannicide et l’analyse critique du phénomène de la Cour et de la futilité des courtisans. On lui doit la célèbre formule : « Un roi illettré n’est qu’un âne couronné. »

Christophe Grellard est maître de conférences en histoire de la philosophie médiévale à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, et membre junior de l’Institut universitaire de France.

Biographies Contributeurs

Christophe GRELLARD

  Christophe Grellard est maître de conférences en histoire de la philosophie médiévale à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, et membre junior de l’Institut universitaire de France.

Table des matières

Introduction 


Chapitre premier : Le contexte historique et sociologique 

L'œuvre de Jean de Salisbury 
Les sources du scepticisme de Jean de Salisbury 
Préalables méthodologiques : comment établir les sources utilisées ? 
Les sources latines 


Chapitre deux : Les principes du scepticisme 


Scepticisme et prudence épistémique 
La place du scepticisme dans l'histoire de la philosophie 
Les différentes formes de l'attitude sceptique 
L'épistémologie faillibiliste de Jean de Salisbury 
Genèse et nature de la connaissance 
Probabilité et degrés d'assentiment : les formes de justification 
Pratiquer le scepticisme : l'exemple du problème des universaux 
L’idée comme archétype : le platonisme chrétien de Jean de Salisbury 
Les idées abstraites : l’aristotélisme de Jean de Salisbury 
Vers une conception sceptique des idées 
Le scepticisme chrétien de Jean de Salisbury 
Le modèle de la science divine 
Du vrai à l’utile 
Le scepticisme entre critique et apologétique 


Chapitre 3 : L’humanisme comme éducation au scepticisme


Eduquer au scepticisme : du bon usage des classiques 
Modèle et contre-modèle éducatifs 

Ecriture sceptique et théorie de l’exemplum 
La nature de l’exemplum 
La construction de l’auctoritas : nature et fonction de la res gesta 
Du vraisemblable à l’utile : la fonction pratique de l’exemple 


Chapitre 4 : Conditions et finalités d’une éthique sceptique


La grâce et la vertu : les fondements philosophiques et théologiques de l’éthique 
Doxographie et dissension 
Une éthique des vertus 
Les limites de la vertu : la grâce 
Une éthique de la distance : la tranquillité de l’âme 
L’injonction à se connaître : la connaissance de soi contre l’amour de soi 
La métaphore théâtrale et l’aliénation du moi 
De soi aux autres et retour : les conditions sociales de la tranquillité de l’âme 
Une éthique de l’exemple : action et délibération 
Les conditions de l’action (1) : la foi 
Les conditions de l’action (2) : le consilium 
Une éthique contextuelle 


Conclusion 


Bibliographie 
Sources 
Sources antiques 
Sources médiévales 
Littérature secondaire 
Index des noms 
Auteurs anciens et médiévaux 
Auteurs modernes et contemporains 

 

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