Le Roman de la bibliothèque

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  • 336 pages
  • Bibliographie, Index
  • Livre broché
  • 16 x 23 cm
  • Les Belles Lettres / essais
  • N° dans la collection : 9
  • Parution :
  • Première publication : 2014
  • CLIL : 3643
  • EAN13 : 9782251445038
  • Code distributeur : 48808
  • Export ONIX 3.0
English version

Le Roman de la bibliothèque

Présentation

Depuis longtemps, la critique s'intéresse aux lieux les plus fréquentés par les personnages de roman : salons, salles à manger, boudoirs, alcôves. Elle a oublié les bibliothèques que de riches particuliers ont la chance de posséder. C’est là pourtant que, du XVIIIe au XXe siècle, les romanciers nous conduisent très souvent.
Mais ce n’est pas seulement pour nous convaincre du bienfait des retraites studieuses. Les « librairies », comme disait encore Montaigne, sont aussi des lieux de beauté, décorés avec goût par les esthètes (Oscar Wilde, Henry James). Elles sont aussi des aimants du désir, car chacun sait bien qu’elles contiennent des secrets, des livres interdits, convoités par les enfants. Plus surprenant, de Stendhal à Musil ou à Nabokov, elles offrent un refuge aux amants qui vivent entre leurs murs des expériences singulières. Elles abritent toutes sortes d’initiations (Cendrars, Green, Sartre, Murakami). Apparemment éloignées de l’histoire, elles entendent près de leurs murs le grondement de ses vagues, comme le disent en des termes variés Pirandello, Drieu La Rochelle, ou encore Heimito von Doderer. Autre enjeu : celui de l’ordre, vocation philosophique de toute bibliothèque qui se respecte. Chez Stifter, les tribulations de l’individu s’arrêtent à ses portes. Mais le désordre a souvent le dernier mot, même chez Anatole France. Pourquoi ne pas l’accepter, et chercher un art de vivre au milieu des livres et des choses, ce qu’ont tenté, d’une façon burlesque, Bouvard et Pécuchet, mais aussi, sur un mode poétique, Nodier ou Nerval ?
Autant de thèmes dont se nourrit la rêverie savante que l’auteur, lui-même amateur de belles reliures, nous livre au cours de six chapitres étincelants.


Daniel Ménager est professeur émérite à l’Université de Paris Ouest-Nanterre-La Défense. Ses principaux travaux portent sur Ronsard, qu’il a édité dans la « Bibliothèque de La Pléiade », avec Jean Céard et Michel Simonin (deux volumes, 1993 et 1994). Il a en outre publié : La Renaissance et le rire (1995), Diplomatie et théologie à la Renaissance (2001), La Renaissance et la nuit (2005), La Renaissance et le détachement (2011), et, aux Belles Lettres, L’Incognito, d’Homère à Cervantès (2009).

Presse

Le beau Roman de la bibliothèque, de Daniel Ménager, évoque avec autant de savoir que de verve le génie multiforme de ce lieu livresque, sa diversité d'apparence, sa pluralité de fonctions, sa place dans l'imaginaire.
Le Monde des Livres - 10/10/2014

... le livre d'une éblouissante érudition et d'une rafraîchissante liberté...
Le Figaro Littéraire - 25/09/2014

... essai très original...
Les Inrockuptibles - 29/10/2014

Un beau voyage au coeur de l'imaginaire.
Télérama - 22/11/2014

En fin de compte, on l'aura bien compris, ce qui était au départ une exploration du thème de la bibliothèque se mue en éloge des romans...
La Libre Belgique - 21/12/2014

La culture encyclopédique et la sensibilité de Daniel Ménager font merveille, tant son écriture est fluide, tant son érudition est amicale.
Le matricule des anges - 01/02/2015

... essai sensible et érudit...
Nonfiction.fr - 02/01/2015

La bibliothèque, lieu idéal en littérature?
Nonfiction.fr

Biographies Contributeurs

Daniel MÉNAGER

Daniel Ménager est professeur émérite à l'Université de Paris Ouest-Nanterre-La Défense. Ses principaux travaux portent sur Ronsard, qu'il a édité dans la « Bibliothèque de La Pléiade », avec Jean Céard et Michel Simonin (deux volumes, 1993 et 1994). Il a en outre publié : La Renaissance et le rire (1995), Diplomatie et théologie à la Renaissance (2001), La Renaissance et la nuit (2005), L’Incognito, d’Homère à Cervantes, (Les Belles Lettres, 2009), et La Renaissance et le détachement (2011).

Table des matières

Introduction.

Chapitre I : Le génie du lieu.
Calme, éloignement, réclusion ; le plaisir des recoins ; lumière et pénombre ; bibliothèques nocturnes (Green, Powys). Ascètes et esthètes (Poe, Mallarmé, Wilde, Henry James). La revanche des femmes. Bibliothèques picturales ; les intimités de Vuillard.

Chapitre II : Plaisirs et dangers de l'ordre.
Méthodes et bizarreries. La bibliothèque des Lumières ; les beaux rituels de Stifter (L'Arrière-saison). Livres et folie chez Canetti (Autodafé). Sous le regard des grands hommes. L'autorité du lieu et son effondrement (Thacqueray, Biély, Drieu la Rochelle, Julien Green). Les affres du catalogue ; bibliothèques restreintes. Secrets (Musil, Bataille, Fromentin) et visions (Powys, Swift). Vieira da Silva.

Chapitre III : Les fruits défendus.
Nabokov et l'expérience de la liberté ; piété filiale (Mehring). Le règne de l'interdiction ; désobéissances et initiations (Cendrars, Mauriac). Les enfances de Sartre et de Gide, les règlements de compte de Stendhal (Henry Brulard) ; Les Mystères d'Udolphe et le culte du père. Green et les interdits. Les jeunes gens d’Ada. La bibliothèque vue de la rue (Russell Banks, J.C.Oates, B. Schlink, I. Babel).

Chapitre IV : L’invention du désordre.
Désastres (Huysmans, Carlo Levi, Pirandello). Le désordre jubilatoire (Céline, Rabelais). Livres et objets dans Bouvard et Pécuchet. L’ironie de Perec ; les fantaisies de Jean-Paul (Titan), Carlyle (Sartor resartus), et Italo Calvino (Le Baron perché). Les bibliothèques modestes et le plaisir du fouillis : Manzoni, Nerval, Gautier, Nodier.

Chapitre V : Amour et bibliothèque.
Julien Sorel et Mathilde de La Mole ; les soupirants de la baronne (Keyserling, Versant sud) ; l’ironie de Nabokov et de D. Lodge. Les précipices de la bibliothèque (Musil, L’Homme sans qualités). Rêves érotiques (Nodier, Anatole France). Les livres et le portrait de l’élue (Balzac, Albert Savarus). « Mon enfant, ma sœur » : figures féminines chez Rilke (Les Cahiers de Malte) ; la bibliothèque merveilleuse d’Hoffmann (Le Vase d’or).

Chapitre VI : Ferveur et désenchantement.
-Les Démons de Heimito von Doderer. Lumières et fantasmes ; la bibliothèque du prince Croix ; il faut sauver Pic de La Mirandole.
-Le Nom de la rose. « La plus grande bibliothèque de la chrétienté » ; les livres que l’on cache ; le texte et les marges ; labyrinthe et ordre du monde. « Tolle, lege ».
-Kafka sur le rivage de Murakami. Comment un jeune garçon fugueur découvre une « bibliothèque commémorative » ; ordre et mystère ; identités incertaines ; variations sur le mythe d’Œdipe. Mémoire et oubli : tenter de vivre.

Conclusion.

Bibliographie

Index nominum
 

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