Au bout du monde (759)
Au bout du monde (759)

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  • XXVI + 566 pages
  • Index, Bibliographie
  • Livre broché
  • 12.6 x 19.2 cm
  • Français, Chinois
  • Bibliothèque chinoise
  • N° dans la collection : 32
  • Parution :
  • CLIL : 3633
  • EAN13 : 9782251450810
  • Code distributeur : 66067
  • Export ONIX 3.0

Au bout du monde (759)

Œuvre poétique III

Texte établi et traduit par : Nicolas Chapuis, Introduction de : Nicolas Chapuis

Présentation

Dans ce troisième volume de l’œuvre poétique de Du Fu (712-770) figurent 95 poèmes composés entre le printemps et l’hiver 759, une année charnière dans la vie du poète qui le vit renoncer à sa carrière gouvernementale et prendre la route de l’exil vers la province occidentale du Gansu.

Tout au long de cette pérégrination, marquée par des conditions de vie extrêmement précaires et des sentiments lancinants d’errance, Du Fu chante l’abandon, l’indignation, la souffrance, l’ironie, la tristesse et parfois la consolation. Déterminé à préserver son intégrité morale face aux turpitudes des temps, il recherche aux confins de l’Empire un sanctuaire où se mettre à l’abri et, du moins l’espère-t-il avant de réaliser l’inanité de son entreprise, une situation lui permettant de faire vivre sa famille.

Mais, dans ce « bout du monde » qu’il découvre à Qinzhou, la dernière métropole chinoise à l’ouest au croisement des espaces ouighours et tibétains, non seulement nul ne vient à son aide, mais de plus le poète est le témoin de l’incapacité du pouvoir impérial à contenir la pression croissante des « barbares » sur cette frontière dont la défense a été affaiblie par la guerre civile.

Ses poèmes manifestent une dimension personnelle jamais atteinte jusqu’ici : le lettré confucéen, qui avait tant espéré éclairer le règne de son souverain, trouve dans les ressorts les plus intimes de ses émotions l’expression du désenchantement et de la solitude. Abandonné de tous, conduisant femme et enfants affamés sur des corniches vertigineuses au fin fond du pays, à la recherche d’un logis qui se dérobe à chaque étape, Du Fu ne survit au bord des précipices que par la magie de ses chants : « la littérature honnit un destin accompli, les démons se régalent des gens qui s’égarent… jette-donc un poème ! »

Presse

Entretien avec Nicolas Chapuis : Chaque poème est non seulement traduit mais accompagné de plusieurs pages de commentaires et de références. Un véritable travail de bénédictin. « Il ne faut pas aller trop vite. Certains poèmes sont si importants que j’y consacre plusieurs mois. J’ai mis plus d’un an pour traduire les soixante-quatre vers de “Tristes Automnes” », explique Nicolas Chapuis avant de livrer cette confession : « Si j’arrive au bout, je n’aurai pas vécu pour rien : cela restera. »
Le Monde - 04/06/2021

Biographies Contributeurs

Du Fu

En Chine, de tous les poètes classiques, Du Fu 杜甫 (712-770) se distingue comme le plus grand, le « saint de la poésie » (shisheng 詩聖) selon l’expression consacrée, celui qui, seul, est parvenu à être à la fois un poète épique, lyrique et engagé. Treize siècles ont passé depuis la naissance de Du Fu : sa voix demeure aujourd’hui d’une clarté et d’une puissance qui ne laissent pas d’étonner.

Nicolas Chapuis

Nicolas Chapuis, né en 1957, a suivi des études de langue et civilisation chinoises aux Langues'O et à l'Université Paris VII. Diplomate de carrière, il a séjourné plus de quinze ans en Chine, où il a été notamment conseiller culturel auprès de l’ambassade de France. Outre ses traductions de littérature contemporaine (Ba Jin, Yang Jiang), son intérêt pour la poésie classique chinoise a donné lieu à une traduction des Cinq Essais de Poétique de Qian Zhongshu (1987) et à un essai intitulé Tristes Automnes – poétique de l’identité dans la Chine ancienne (2001).

Table des matières

Introduction
Sources primaires
Références des traductions

Poèmes
203. L’officier de Xin’an
204. L’officier de Shihao
205. L’officier de Tongguan
206. L’adieu de la jeune mariée
207. L’adieu du vieil homme
208. L’adieu du sans famille
209. À l’ascète Wei le-huitième
210. Soupirs d’un jour d’été
211. Soupirs d’une nuit d’été
212. Au lendemain du Début de l’Automne
213. Pour chasser la peine – trois poèmes
214. Une beauté
215. J’ai rêvé de Li Bai – deux poèmes
216. En pensant à Zheng Qian le dix-huitième, percepteur à Taizhou
217. Celui à qui je songe
218. Pour chasser la peine – cinq poèmes
219. Pour chasser la peine – deux poèmes
220. Pour chasser la peine – cinq poèmes
221. Mélanges de Qinzhou – vingt poèmes
222. Songeant à mes frères une nuit de lune
223. Au bout du monde, je pense à Li Bai
224. Une maison sur le Mont de l’ouest au Val Rouge
225. Passant la nuit chez le Vénérable Zan
226. Cherchant un endroit où m’installer à Xizhi, je passe la nuit au domicile du Vénérable Zan – deux poèmes
227. Adressé au Supérieur Zan
228. La source du Monastère de la Grande Paix
229. La Tour de l’Est
230. Éclaircie
231. Ce que je vois
232. Le monastère dans la montagne
233. Impromptu
234. Pour chasser mes soucis
235. La Voie Lactée
236. Lever de lune
237. Battre le linge
238. Une hirondelle s’en retourne
239. Le grillon
240. Lucioles
241. Roseaux et joncs
242. Bambous amers
243. Je dépalisse un treillage
244. Potager à l’abandon
245. Brasiers du soir
246. Flûte d’automne
247. Bourse vide
248. Cheval malade
249. Épée du Tibet
250. Cruche en bronze
251. Crépuscule
252. Scène de campagne
253. En saluant votre départ au loin
254. En saluant le départ d’un conscrit
255. À l’attention de mon neveu Zuo
256. Trois poèmes adressés à Zuo après son retour en montagne
257. M’étant enquis d’un petit macaque, on promet de me l’envoyer
258. En hommage à l’ascète Ruan Fang
259. En ce jour d’automne, l’ascète Ruan m’apporte trente bottes d’ail
260. À Qinzhou je vois un décret annonçant la nomination de Xue Ju le-troisième en qualité de secrétaire du Prince Héritier et de Bi Yao le-quatrième en qualité d’inspecteur ; du fait de mes relations avec eux, et malgré la distance, je suis heureux de leur affectation, et je rends compte de ma simple existence ; au total trente couplets sur une même rime
261. Trente couplets sur une même rime adressés à Gao Shi le-trente-cinquième, commissaire à Pengzhou, et à Cen Shen le-vingt-septième, secrétaire à Guozhou
262. Cinquante couplets sur une même rime adressés aux deux vénérables Jia Zhi le-sixième, vice-préfet à Yuezhou, et Yan Wu le-huitième, commissaire à Bazhou
263. Trente couplets sur une même rime adressés au montagnard Zhang Biao le-douzième
264. Vingt couplets sur une même rime adressés à Li Bai le-douzième
265. Adieu au Supérieur Zan

Annexes
Calendrier
Bibliographie
Tables des poèmes
Index des noms propres

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