Nouveaux discours
  • LXXXII + 308 pages
  • Livre broché
  • 12.5 x 19.2 cm
  • Chinois, Français
  • Bibliothèque chinoise
  • N° dans la collection : 11
  • Parution :
  • CLIL : 3436
  • EAN13 : 9782251100128
  • Code distributeur : 44960
  • Export ONIX 3.0

Nouveaux discours

Avec la contribution de : Stéphane FEUILLAS, Béatrice L'HARIDON

Présentation

Lorsque Lu Jia (v. 250-v. 170) compose les Nouveaux discours, la Chine vient d'être à nouveau unifiée sous l'autorité de Liu Bang. Celui-ci fonde la dynastie des Han (206 av. J.-C.-220 apr. J.-C.) sur une terre exsangue, épuisée par le projet politique démesuré du Premier Empereur et par la décennie de guerres sanglantes qui suivit la chute de sa dynastie, les Qin, incapable de survivre à la mort de son créateur. À plus large échelle, ce texte s'inscrit dans l’héritage des Royaumes combattants (453-221 av. J.C.), période de conflits politiques incessants et de riches débats intellectuels, au cours de laquelle nombre de conseillers itinérants se sont laissés tenter par des stratégies politiques dénuées de toute considération morale. Lu Jia leur ressemble fort, mais quittant le domaine de la stratégie, il développe ses Nouveaux discours comme un art de gouverner dans et par l'unité, s'adressant à la fois au prince et à ses sujets et fondé sur une vision du monde naturel et humain. Les douze chapitres de ce traité sont traversés de références intellectuelles riches et diverses articulant les figures idéales de Confucius et des sages de l'Antiquité avec les réalisations et les échecs historiques des périodes récentes.

Longtemps considéré comme un texte mineur, les Nouveaux discours donnent en réalité à lire un manuel de politique destiné à asseoir le nouveau pouvoir des Han à un moment où le succès de la dynastie n’est en aucune façon durablement assuré. Dans ce texte, qui se veut donc une reformulation complète du confucianisme ancien, réactivant les valeurs morales dégagées par le Maître trois siècles plus tôt et les adaptant aux circonstances de son temps, la tradition chinoise voit la première formulation nette du rôle et de l’influence des lettrés dans l’organisation et la stabilisation du pouvoir impérial. Il constitue donc une étape importante dans l’histoire complexe des relations entre confucianisme et régime impérial.

Lu Jia, originaire de l'ancien royaume de Chu, est volontiers présenté comme le premier lettré confucéen de la dynastie des Han. Il apparaît avant tout comme un grand rhéteur et un habile diplomate. Dès le début des soulèvements contre l’empire des Qin, il se rallie à l’un des chefs de l’insurrection, Liu Bang, et contribua ainsi, non par les armes mais par ses idées et sa langue affûtée, à sa victoire finale et à la fondation des Han. Faisant fond sur sa propre expérience et sur sa science classique en partie héritée de Xunzi, il compose un ouvrage historique majeur, les Annales des Chu et des Han, aujourd'hui perdu, mais qui eut une influence profonde sur les Mémoires historiques de Sima Qian. Les Nouveaux discours, seul texte de Lu Jia transmis par la tradition, illustre les talents de rhéteur, de diplomate et d’historien d’un lettré aux multiples facettes.

Stéphane Feuillas, ancien élève de l'École Normale Supérieure de la rue d'Ulm, est maître de conférences en langue et civilisation de la Chine classique à l’Université Paris Diderot. Spécialiste de la pensée et de la littérature de la dynastie des Song, il a traduit un volume d'œuvres de Su Shi intitulé Un Ermite reclus dans l'alcool et autres rhapsodies, et les Commémorations du même auteur, paru dans la collection « Bibliothèque chinoise » des Belles Lettres.

Béatrice L’Haridon est maître de conférences en langue et civilisation de la Chine classique à l’Université Paris Diderot. Ses travaux portent sur la pensée et l'historiographie de la dynastie des Han. Elle a traduit dans la collection « Bibliothèque chinoise » des Belles Lettres les Maîtres mots Yang Xiong.

Biographies Contributeurs

LU JIA

Lu Jia serait né entre 255 et 240 av. J.-C. dans l'ancien royaume de Chu. Dès le début des soulèvements contre l'empire des Qin, il se rallie à l’un des chefs de l’insurrection, Liu Bang, pour lequel il joue le rôle de diplomate et de conseiller. Il fait ainsi partie de ces hommes qui contribuèrent, non par les armes mais par leurs idées et leur langue affûtée, à la victoire finale des Han.  Immédiatement après la fondation de l’empire, il enjoint assez rudement ce prince peu soucieux de la civilisation et des lettres à se transformer en véritable souverain, en élaborant un modèle politique fortement inspiré du confucianisme, mais adapté aux structures nouvelles de l’empire. Lu Jia se présente ainsi comme un diplomate habile dans le droit fil de la tradition des conseillers itinérants, sa force de persuasion combinant habilement l'attaque frontale, l'appel à l'intelligence politique et une flatterie mesurée, devenu conseiller appelant à l’unité et à la stabilité de l’empire. Après la mort de Liu Bang, premier empereur de la dynastie des Han sous le nom de Gaozu, Lu Jia s'éloigne de la Cour. Sous le règne de l'impératrice Lü, le pouvoir des Han est déstabilisé par la montée en puissance du clan Lü. Lu Jia aurait alors contribué dans l’ombre à défaire les ambitions de ce clan et à assurer la continuité de la dynastie, avant de se retirer définitivement des affaires.

Stéphane FEUILLAS

Stéphane Feuillas, ancien élève de l'École Normale Supérieure de la rue d’Ulm est actuellement maître de conférences à L’université Paris7-Denis Diderot où il enseigne la langue et la civilisation de la Chine classique. Spécialisé dans le renouveau littéraire et théorique de la Dynastie des Song. Il a dirigé plusieurs volumes sur les questions du jugement ou du sujet dans la Chine ancienne. Il est aussi le traducteur de Su Shi dans un volume intitulé Un Ermite reclus dans l’alcool et autres rhapsodies (Editions Caractères, Paris 2003).

Béatrice L'HARIDON

Béatrice L’Haridon est maître de conférences à l’Université Paris Diderot-Paris VII et membre junior de l’Institut Universitaire de France. Elle a traduit pour la Bibliothèque chinoise les Maîtres mots de Yang Xiong et, en collaboration avec Stéphane Feuillas, les Nouveaux discours de Lu Jia.

Table des matières


Introduction
Histoire du texte et éditions
Bibliographie
Carte: L'empire des Han en 195 av. J.-C.
Chronologie

Chapitre I. Des fondements de la voie
Chapitre II. De la transmission des politiques
Chapitre III. Des soutiens du gouvernement
Chapitre IV. Du non-agir
Chapitre V. Arguments pour dissiper la confusion
Chapitre VI. De l'attention à l'infime
Chapitre VII. Du matériau et de son usage
Chapitre VIII. De la vertu souveraine et de son accomplissement
Chapitre IX. S'en tenir à un seul dessein
Chapitre X. Aux racines de l'activité
Chapitre XI. De la claire intelligence des avertissements
Chapitre XII. Méditer sur ses tâches

Annexe. Biographie de Lu Jia dans le Shiji

Index des noms propres
Index des notions
Index des Œuvres

Découvrez aussi

Dispute sur le sel et le fer
Commémorations
Une Controverse lettrée
Notes sur de nouveaux divertissements comiques
Mémoire sur les pays bouddhiques
Histoire et civilisation Textes et études Philosophie et sciences humaines Arts Théâtre Religions / Théologie Mythologie Essais, journaux et correspondances Littératures modernes et contemporaines Poésie Sciences Économie / Société Papeterie, objets dérivés