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F.A.Q.

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la CUF sans jamais oser le demander

Nos réponses à vos questionnements les plus fréquents

 

 

Que veux dire CUF ?

L'acronyme désigne la Collection des Universités de France.

 

Pourquoi dit-on « la Budé » ?

« La Budé » n'existe pas, si ce n'est dans l'esprit des lecteurs. En effet, si « la Budé » fait  référence à l'Association Guillaume Budé sous le haut patronage de laquelle sont publiés les volumes, le nom exact de la collection est « Collection des Universités de France » (abrégé en CUF). On entend aussi « un Budé » pour désigner un volume de la collection. En résumé, une CUF complète est l'ensemble des Budés parus à ce jour.

 

Quel est le premier volume publié ?

Pour le grec, il s'agit du premier tome des Œuvres complètes de Platon, à savoir Hippias mineur (1920), et, pour le latin du De natura de Lucrèce en deux tomes (1920 et 1921).

 

Pourquoi Aristote n’est-il pas complet ?

Pour cet auteur dont la tradition ne s’est jamais perdue et a voyagé dans plusieurs aires culturelles, les sources en général et les manuscrits en particulier sont tellement pléthoriques que le travail d’édition de texte est colossal. Aristote est, en quelque sorte,  victime de son succès. N’oublions pas non plus que ses œuvres comptent 31 volumes dans la CUF, ce qui le place en deuxième position après Plutarque (36 volumes) pour le nombre de livres parus.

 

Combien y a-t-il de livres dans la collection ?

À ce jour il y a 405 volumes pour les auteurs de langue latine et 500 pour les auteurs de langue grecque. (Février 2014)

 

Pour avoir la bibliothèque antique idéale, combien de Budés manquent-ils ? Combien y en aura-t-il au total ?

Le projet initial estimait à 1300 le nombre de volumes à éditer. La Collection des Universités de France a encore de beaux, et laborieux, jours devant elle : non seulement il reste plusieurs centaines de volumes à éditer, mais les découvertes paléographiques en particulier et historiques en général invitent à améliorer voire refondre certaines éditions. Sans compter les traductions qui ont mal vieilli et qui doivent être renouvelées.

 

Pourquoi sont-ils si chers ?

Le prix est calculé au plus juste pour assurer une fabrication soignée et une diffusion la plus étendue possible. Le moyen le plus efficace d’en faire baisser le prix serait que le nombre de lecteurs augmente.

 

Pourquoi y a-t-il plusieurs noms ?

Parce qu’il y a souvent besoin de plusieurs éditeurs scientifiques. En effet il s’agit d’introduire, d’établir, de traduire et de commenter un texte : chacune de ces compétences peut être confiée à une personne différente.

 

Les personnes qui traduisent le latin et le grec parlent-elles couramment ces langues ?

Les langues  anciennes ne sont plus parlées, raison pour laquelle elles sont parfois appelées des langues mortes. Le grec moderne est presqu’aussi différent du grec ancien que l’italien du latin : songeons que plus de 25 siècles nous séparent des débuts de l’Antiquité ! Ce serait un jeu de périphrases sans fin que d’essayer de nommer certaines de nos réalités contemporaines. Les éditeurs scientifiques de la CUF savent lire et écrire le latin et le grec, ce qui est déjà énorme. Toutefois il n’est pas dit que certains érudits ne s’amusent pas à les parler.

 

À quoi ça sert une édition bilingue ?

À pouvoir apprécier la beauté d’un texte dans la langue d’origine sans être soi-même bilingue ! Le lecteur peut ainsi vérifier qu’il a bien compris en parcourant la traduction en page de gauche. Telle était en tout cas la volonté des fondateurs.

 

Pourquoi ce n’est pas en juxtalinéaire ?

Pour permettre une traduction plus exacte et plus élégante tout en restant précise et proche du texte d’origine, nous avons choisi comme unité la page : la traduction située en page de gauche correspond au texte d’origine imprimé à droite. La ligne n’aurait d’ailleurs pas grand sens comme unité de mesure d’un texte qui est, rappelons-le, la synthèse de plusieurs manuscrits et parfois de rouleaux. Certaines de nos traductions toutefois sont juxtalinéaires, pour la poésie notamment.

 

J’ai des vieux Budés cartonnés, combien valent-ils ?

Si les reliés de la CUF commencent à acquérir de la valeur sur le marché du livre ancien, celle-ci est toujours inférieure à la valeur intellectuelle : gardez-les encore un peu, et lisez-les !

 

Pourquoi la chouette et la louve ?

La chouette d’Athéna, déesse de la sagesse, orne les volumes grecs ; la louve qui a nourri les jumeaux fondateurs de Rome, Romulus et Remus, les volumes latins : quels plus beaux symboles ? Pour la petite histoire ces deux logos ont leur modèle : la chouette est la reproduction d’un vase à parfum du Louvre et la louve a été dessinée à partir de la lupa nutrix du Capitole. Si les nourrissons ne figurent pas sur notre logo, c’est parce que ceux que l’on voit aujourd’hui accrochés aux mamelles de la louve ne datent pas de l’Antiquité mais ont été rajoutés plus tard, à la Renaissance.

 

Combien de temps faut-il pour faire un Budé ? Pourquoi certaines séries mettent-elles quinze ans à se compléter ?

Rome ne s’est pas faite en un jour et les volumes de la CUF non plus ! La traduction peut être faite rapidement, en revanche le travail d’édition de texte peut nécessiter beaucoup de temps. Avec plus de 900 volumes depuis sa fondation, la CUF offre déjà un bel ensemble : rares sont les collections dotées d’une telle longévité et d’une telle prolixité !

 

Pourquoi le grec/latin est-il à droite, et pas à gauche ?

Parce que la page de droite, la « belle page » est celle de prédilection. C’est donc vers le texte d’origine que l’œil se porte en premier, ce qui en dit long sur le principe d’édition à l’esprit des fondateurs : la traduction n’est là que pour seconder, venir à l’aide du lecteur qui approche le texte d’abord en latin/grec.

 

À quoi correspondent les notes sibyllines sous le grec/latin ?

Il s’agit de l’apparat critique dans lequel le lecteur trouve les informations concernant l’édition du texte, comme les versions plausibles mais non retenues pour un segment de phrase ou un mot. Ces notes sont en effet sibyllines, car, comme  pour les prophéties de la Sibylle, la vérité est souvent plus claire et plus triviale que ce que l’on pouvait croire, ou espérer.

 

Que veut dire « établir un texte » ?

Établir un texte est le travail consistant à faire la synthèse de tous les manuscrits, documents et témoignages, à les classer et à les comparer pour définir la « meilleure » version d’un texte.

 

Les éditeurs travaillent-ils sur les manuscrits originaux ?

Non, le manuscrit peut être ancien, mais il ne s’agit pas du texte écrit de la main de l’auteur.

 

Qu’est-ce qu’un stemma ?

Le stemma codicum est l’arbre généalogique d’un texte, qui classe par ordre chronologique les différentes versions.

 

Comment, entre deux manuscrits, réussit-on à déterminer celui qui a été rédigé avant l’autre ?

La méthode employée consiste à déterminer les erreurs communes aux différentes versions afin de remonter à la phase la plus ancienne de l’état du texte.

 

Quels sont les textes anciens qui ont disparu ?

Ils sont malheureusement trop nombreux pour en faire une liste exhaustive. Citons par exemple le Catalogue des Femmes d’Hésiode (VIIIe siècle avant J.-C.) qui racontait les amours des déesses et des mortels ou bien encore L’Histoire romaine  de Tite Live (Ier siècle) dont 35 livres sont parvenus jusqu’à nous, alors que l’auteur en avait prévu 150 et écrit 142.

 

Quels sont les textes anciens dont il nous reste le plus de copies ?

Aristote arrive en tête, en ajoutant le nombre de texte à celui des manuscrits. Pour ne citer qu’un seul exemple le traité De l’âme se trouve dans une centaine de manuscrits : Animula vagula blandula ?

 

Quels sont les textes anciens qui ne sont plus connus que par une seule copie ?

Ils sont quelques-uns, par exemple La Méthode d’Archimède. Ce ne sont pas les plus difficiles à éditer !

 

Est-il possible d’avoir une idée du contenu des textes qui ont disparu ?

Oui, c’est possible par le biais des abrégés, qui sont des résumés des œuvres et constituent un genre à part entière dans l’Antiquité, comme L’Abrégé de l’Histoire romaine de Florus (c.70 - ; 117) qui, sous Trajan, résume l’œuvre de Tite-Live. Il y a aussi les Bibliothèques, des œuvres dans lesquelles l’auteur résume le contenu de tous les livres qu’il a lus. La plus connue est la Bibliothèque de Photius, un érudit byzantin qui, au IXe siècle, a « fiché » près de trois cents livres pour son frère. À cela s’ajoutent les divers fragments et témoignages qui se retrouvent sous forme de citations dans d’autres textes.

 

Comment est-il possible de savoir qu’un texte a disparu ?

On le sait par les témoignages, les fragments et les divers abrégés et bibliothèques dont nous disposons. Heureusement, certains ressurgissent de façon inopinée, à l’instar de Ne pas se chagriner de Galien, dont le manuscrit a été découvert et publié en 2010.

 

A-t-on les manuscrits originaux d’Homère ? Sinon, comment peut-on être sûr que c’est ce qu’il a vraiment écrit ? Ils devaient être en mauvais état ?

Pour Homère, nous ne sommes sûrs que d’une chose : c’est qu’il n’a pas écrit le texte que nous lisons de lui aujourd’hui. Issu de la tradition orale transmise par les aèdes qui chantaient et interprétaient l’Iliade et l’Odyssée (VIIIe siècle av. J.-C.) lors des banquets, le texte a été fixé beaucoup plus tard au VIe siècle avant J.-C. sous Pisistrate. Certains pensent que Homère n’était pas une personne mais désigne le nom d’une école d’aèdes : les poèmes seraient le fruit d’un travail collectif. En tout cas nous n’avons pas de manuscrits « autographes » d’un auteur antique.

 

Que nous reste-t-il, en proportion, de la littérature grecque/latine ?

Nous ne le saurons jamais, gageons toutefois qu’il en reste le meilleur.

 

Quelles ont été les causes majeures de la disparition des textes ?

Le temps.

 

Quels ont été les facteurs et les acteurs qui ont permis que certains nous soient transmis ?

Ils sont multiples, allant des copistes médiévaux aux cendres du Vésuve ou aux sables d’Égypte qui ont permis de conserver les papyrus.

 

Découvre-t-on encore des manuscrits de l'Antiquité inédits, et où ?

On découvre régulièrement des papyrus en Égypte, ainsi que plus rarement des palimpsestes.

 

Pourquoi les Budés ne sont-ils plus cartonnés ?

Parce qu’ils ne l’étaient pas à l’origine ! En fait ils n’ont été reliés que pendant une courte période. Notons qu’en 1976 lorsque les premiers « Budés » massicotés et cartonnés paraissent, des lecteurs se plaignent de la disparition des couvertures souples et de ne plus pouvoir couper les pages eux-mêmes.

 

Pourquoi n’y a-t-il plus de grand papier ?

Les volumes de la CUF sont imprimés sur un papier spécifique, le vélin crème de Guyenne, de 80 grammes, qui, selon les lecteurs et les bibliophiles est une très belle qualité de papier.

 

Pour quelles raisons les « tomes » d’une œuvre ne sont-ils pas publiés dans l’ordre (tome 1, puis tome 2, puis tome 3) ?

Quand une édition est mise en chantier les tomes sont répartis entre contributeurs. Il peut arriver que les éditeurs du tome IV aient fini avant ceux du tome II.

 

Pourquoi n’y a-t-il pas un index à la fin de chaque volume ?

C’est un choix intellectuel qui appartient à l’éditeur scientifique qui juge de la nécessité d’un index, en accord avec le directeur de collection.

 

Pourquoi les présocratiques ne sont-ils toujours pas publiés dans la CUF ?

Parce qu’il faut de joyeuses perspectives pour les lecteurs de demain et beaucoup de patience aux érudits et éditeurs d’aujourd’hui.

 

Pourquoi la police est-elle aussi petite (elle fait mal aux yeux passé un certain âge) ?

Pour se souvenir que myope vient du grec « μύω », « plisser les yeux ». Plus sérieusement, l’arbitrage de l’éditeur entre densité d’informations et lisibilité est toujours fait en faveur de cette dernière.

 

Ne peut-on pas supprimer le code barre hideux au dos de ces beaux volumes ?

Le code barre est nécessaire à la commercialisation du livre et l’éditeur hélas n’y peut rien.

 

Selon quels critères vos collaborateurs sont-ils choisis ?

L’excellence, et la patience.

 

Pourquoi, pour aller plus vite, ne pas reprendre des éditions d’Oxford / Cambridge / Harvard dont il suffirait de traduire l’apparat critique ?

Parce que les principes d’édition de texte dans la CUF sont différents, notamment quant au choix d’un apparat critique positif, qui donne toutes les leçons de tous les manuscrits, ou négatif c’est-à-dire ne proposant que les variantes. Un ouvrage de la CUF est le fruit d’un travail unique au monde et indispensable. Festina lente pourrait être une devise de la collection.

 

Pourquoi certains anciens volumes ont-ils été remplacés définitivement (L’Énéide par exemple) par de nouvelles traductions, tandis que dans d’autres cas deux éditions de la même œuvre cohabitent (Pline le jeune, Plotin) ?

Quand deux éditions d’une même œuvre coexistent, c’est qu’elles offrent des vertus différentes, généralement expliquées dans l’introduction.

 

Comment savez-vous que c'est le « bon, le vrai » manuscrit ?

Il n’existe pas, l’éditeur scientifique a pour mission de proposer le meilleur, c’est-à-dire « le moins faux ».

 

Comment retrouvez-vous les manuscrits ?

C’est le travail du chercheur que de retrouver toutes les pièces du dossier relatives à un manuscrit : une véritable enquête !

 

Le manuscrit dont il est question dans le Nom de la Rose (le livre II de la Poétique d’Aristote sur l’humour et le rire) existe-t-il ?

Un point débattu entre philologues est de savoir si la partie de la Poétique consacrée à la comédie, et que certains commentaires d'Aristote semblent attester, a jamais été rédigée. Le ressort de l'intrigue du roman Le Nom de la rose d'Umberto Eco (1980), porté à l'écran par Jean-Jacques Annaud en 1986, n’est donc ni vrai ni faux, mais hypothétique.

 

Concernant les très anciennes traductions, font-elles l'objet d'une relecture pour les améliorer ?

Oui, les éditions, traductions incluses, sont régulièrement corrigées, révisées, voire refondues.

 

Sur quels critères l’éditeur décide que telle traduction doit être révisée ? Si le traducteur est toujours vivant, fera-t-on appel à lui pour ce faire ou à quelqu'un d'autre ? Et si on fait appel à quelqu'un d'autre, le traducteur peut-il s'y opposer ?

Tout est fait en accord avec le traducteur et ses ayants-droit. Toutefois, l’initiative de retraduire un texte, voire de refaire l’édition revient souvent à l’éditeur, en concertation avec le directeur de collection.

 

Le réseau de la CUF est-il en expansion ?

Oui, nous faisons de plus en plus appel à des collaborateurs de tous pays, car les éditeurs de texte sont rares.

 

La CUF rapporte-elle beaucoup d’argent ?

Elle rapporte beaucoup plus.

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Voir également "l'histoire populaire d'une collection mythique".

 

 

 



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